La crise, c'est surfait

Avant un périlleux déplacement à Valenciennes, l'OM avait organisé un point presse pour rassurer ceux qui ne voyaient que des nuages dans le ciel olympien. Peine perdue.

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« Avant que ça commence, je veux préciser que je ne répondrai pas au question sur le mercato. On a un match très important samedi. J'ai besoin d'aligner l'équipe la plus compétitive sur ce match, que tout le monde soit concentré sur cet objectif. Alors pour les questions subsidiaires, voyez avec mes dirigeants » . En un préambule, Didier Deschamps pose les bases. Aujourd'hui, il ne va pas falloir le chercher. L'entraîneur n'est pas des plus sereins pour le match à venir. Et pour cause, la moitié de son équipe ne sera pas là. Diawara «  a une blessure musculaire embêtante » , M'Bia, même s'il n'est pas allé en sélection, ressent toujours le coup qu'il s'est pris au dernier match. Il y a aussi Brandao, suspendu, et les 8 internationaux qui vont revenir des quatre coins de l'Europe. « C'est pas l'idéal mais l'essentiel, c'est d'y aller dans un bon état d'esprit. Ce n'est pas un déplacement facile, j'ai encore en mémoire ce qui s'est passé l'an dernier » ajoute l'entraîneur. En septembre 2009, les Olympiens s'étaient inclinés 3-2 à Nungesser, un but de Morientes et de Rool titulaire pour la dernière fois.

L'OM n'a pas entamé sa deuxième journée de championnat. Pourtant, le mot « crise » est déjà sur les lèvres de l'assistance. Au bout de dix minutes, le journaliste d'Europe 1 croit d'ailleurs bon de demander si « la victoire samedi s'avère déjà impérative » . Le tact à l'état pur. A ce petit jeu, Deschamps sait mieux que personne comment éloigner la poudre du feu, comment dépassionner les débats. Alors, il ferme le robinet. Quand on lui demande s'il compte sur Niang et Ben Arfa pour ce match, il répond du tac à tac : « A quel moment je n'ai pas compté sur eux ? » . Merci Messieurs, à bientôt. Stéphane M'Bia était supposé lui succéder au point presse. Ce sera finalement Taye Taïwo, le futur capitaine. Entre deux barres de rires, il aura eu ces mots pour le brassard : «  Etre capitaine, ça sert à rien, ce qui compte, c'est que l'équipe fasse son boulot » . Cool. Par contre, n'allez pas croire la présence du latéral gauche enchante les radios. Le phrasé du nigérian est inexploitable. On pourrait le retranscrire mais c'est quelque chose qui se vit. Vidéo donc :










L'entraînement des olympiens, qui doit s'effectuer dans la foulée, est annoncé avec une demi-heure de retard. Le responsable des relations presse est donc invité à payer son café. Le temps qu'il parte chercher de la monnaie, deux hommes traversent le parvis d'un pas pressé. C'est Hatem Ben Arfa et son avocat. Les journalistes présents tentent de recueillir une réaction, mais il leur est difficile de suivre la cadence. Sympa, l'international va leur donner de la matière. Il repasse cinq minutes plus tard en voiture, prenant soin de lâcher : « Je ne reviendrai plus ici » . La victime collatérale du départ de Mamadou Niang, qui restait évasif sur son avenir jusqu'à présent, prouve qu'il voulait lui aussi quitter le club à tout prix et qu'il vit mal le revirement de ses dirigeants. Un agent de la sécurité lance alors aux plumitifs : « Avec tout ça, vous allez avoir de quoi annoncer une crise » . Visiblement, il connaît bien les bestiaux.

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