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La Copa América des tribus

Depuis le 16 juillet se déroule la Copa América des sélections indigènes. Au Chili, huit nations s'affrontent, composées de joueurs amateurs issus des tribus les plus importantes de chaque pays.

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« Comme nous n'avons rien, nous ferons tout. » La phrase appartient à Estéban Pogany, ancien gardien de Boca Juniors, d'Independiente, du Racing ou encore de San Lorenzo. L'entraîneur et journaliste aux vingt-trois saisons en Primera División a été désigné par la Fédération argentine pour diriger la sélection qui tentera de ramener le trophée, là où Messi et Mascherano ont échoué. À Santiago, Arica et Temuco se déroule depuis le 16 juillet la Copa Indoamericana. L'Argentine présente une équipe indigène pour la première fois de son histoire. Issus des régions les plus importantes du pays (Río Negro, Chaco, Buenos Aires, Rosario et Salta), ces amateurs représentent les tribus de leurs ancêtres, tels que les wichí, qom, chané, iogi ou mapuche. Les règles sont simples : les participants doivent avoir plus de dix-huit ans et aucun match professionnel à leur actif. Le staff argentin prépare la compétition depuis avril, et a sélectionné plus de trente joueurs pour des tests avant l'ouverture. Réuni à Ezeiza – où Messi et compagnie préparent les rencontres de l'Albiceleste – le groupe a ensuite été réduit à dix-huit joueurs. Avant la compétition, Mauro Leguiza, milieu de terrain originaire de Rosario et descendant de la tribu toba qom racontait la préparation de la sélection, dans les colonnes de Olé : « On a beaucoup travaillé notre condition physique. Cela a été compliqué. On a joué des matchs de préparation contre des équipes de jeunes des grands clubs et il y avait une énorme différence. Mais maintenant, on est prêts pour 90 minutes. » Même son de cloche chez Estéban Pogany : « On a eu beaucoup de travail sur le plan tactique. Mais il y a des joueurs qui ont vraiment du talent, qui sont très puissants. Ils ne s'entraînent pas tous les jours, mais ils n'ont peur de rien. » Bien loin de la visibilité médiatique de la « vraie » Copa América, la sélection argentine porte le maillot céleste et blanc floqué de la wiphala, drapeau de sept couleurs et symbole de l'égalité et de l'unité des peuples indigènes. Mais Mauro Leguiza affirme que l'intégration a été difficile : « Il y a beaucoup de joueurs qui parlent des langues différentes. Au début, des petits groupes se formaient, mais on s'est ensuite rapprochés. C'est normal. » La sélection argentine a perdu ses deux premiers matchs, face à la Colombie et l'Équateur. Mais l'essentiel n'est pas là.

Figueroa et Valderrama


Cette Copa est née grâce à l'initiative de l'association Gol Iluminado, présidée par le joueur légendaire chilien Elías Figueroa. Au Chili, des championnats nationaux composés d'équipes indigènes ont été organisés ces dernières années. Le gouvernement de Michelle Bachelet a donc décidé de profiter de la Copa América pour mettre en place la dénommée Copa América de football des peuples indigènes. L'organisation logistique a été confiée à l'ONG de Figueroa. Cependant, les fédérations nationales n'ont pas toutes répondu à l'appel. Le Brésil a cordialement refusé l'invitation. La Copa a donc été limitée à huit participants, divisés en deux groupes : l'hôte chilien, le Paraguay, le Mexique et le Pérou s'affrontent dans le groupe A à Santiago, tandis que la Colombie, l'Argentine, la Bolivie et l'Équateur disputent leurs rencontres à Arica, ville portuaire au Nord du Chili. Certaines nations partaient favorites, au vu de leurs investissements plus importants dans ce tournoi. La Colombie a, par exemple, confié le poste d'entraîneur à Carlos Valderrama. « El Pibe » a formé une équipe après un tournoi organisé en avril, qui regroupait dix équipes indigènes. L'homme à la touffe légendaire a alors sélectionné les dix-huit meilleurs joueurs de cette compétition pour former la sélection cafetera. Et les résultats ne mentent pas : la Colombie, qui a battu l'Argentine et la Bolivie, est donc assurée de disputer les demi-finales. Autre exemple, le Paraguay, qui a préparé ce tournoi au même endroit que la sélection demi-finaliste de la Copa América 2015, est aussi qualifié pour ce stade de la compétition indigène.

Michelle Bachelet et une espadrille en or


Comme toutes les compétitions internationales, cette Copa América des tribus a son lot de contestataires. Le mouvement social Indianista Katarista s'est emporté contre « cette imposture » : « Ils prétendent organiser une Copa América pour les indigènes qu'ils vendent comme une méthode d'intégration. Mais la seule chose qu'ils font, c'est tenter de cacher comment ils les excluent tous les jours. » Et d'ajouter : « Tant qu'il y aura des différences entre eux et nous, des événements de ce genre resteront des trompe-l'œil qui servent pour la photo et pour la publicité. » Lors de la cérémonie d'ouverture, Michelle Bachelet était présente. Cette fois-ci, sans le maillot de la Roja ni les selfies dans les vestiaires avec les joueurs, la présidente chilienne a lancé ce tournoi au cri d' « afafán » , terme de guerrier utilisé par le peuple mapuche. L'hôte et champion de la dernière Copa América est représenté par une majorité de Mapuches, issus de l'équipe vainqueur du championnat national. Les Chiliens ont fait match nul face au Pérou et contre le Paraguay. La Roja indigène doit donc gagner son dernier match de poule pour rêver de suivre les pas de Medel, Vidal et Sánchez, et ainsi remporter le trophée Pawkar Raymi, une espadrille en or. Nelson Coliñir, président de la Fédération et association nationale des peuples indigènes qui a participé à la formation de la sélection chilienne, rêve en grand : « Pourquoi pas organiser une Coupe du monde indigène, ou une sorte de FIFA parallèle ? » Et de conclure : « Nos rêves sont comme les penaltys d'Higuaín, ils n'ont pas de toit. »

Par Ruben Curiel, à Buenos Aires
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