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La clé Deschamps

Il a dit non. Il a dit oui. Il négocie. Bref, l'arrivée de Didier Deschamps à la tête des Bleus a suscité rumeurs et changements de cap. Au final, le capitaine de France 98 arrive sur le trône. En toute logique.

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« Noël Le Graët, président de la Fédération française de football, et Didier Deschamps se sont rencontrés ce samedi à Paris. Ils ont engagé une discussion concernant d'éventuelles modalités de collaboration pour le poste de sélectionneur de l'équipe de France. » Le communiqué, lapidaire, laconique, balancé sur le site de la Fédération française résume très bien la situation. Ce qui est un secret de polichinelle n'en est plus un. Didier Deschamps va devenir le nouveau sélectionneur des Bleus. Logique et mérité. Les atermoiements du début de semaine n'en étaient pas, en réalité. Deschamps n'a jamais hésité. Il voulait simplement préparer au mieux son arrivée, lui qui n'a été libéré officiellement de l'Olympique de Marseille que dimanche dernier. Se vider la tête d'une dernière saison marseillaise trop compliquée...

Finalement, Didier Deschamps à la tête des Bleus, c'est une évidence. Beaucoup plus que ne pouvait l'être celle de Laurent Blanc, faux bon entraîneur. Capitaine des champions du monde et d'Europe, la Dèche connaît la liquette tricolore par cœur (103 sélections). Dans les bons, comme dans les mauvais moments. Comme cette saloperie de soirée lugubre de novembre 1993. La gagne et le haut niveau, ça le connaît. Sur le banc, il est monté en puissance. De Monaco à Marseille en passant par la Juventus, DD s'est façonné. À son rythme.

Une finale de Ligue des champions par-ci, une année en deuxième division avec un club mythique par-là, des titres à tire-larigot avec un club très connu du sud de la France pour finir, bref, sur le CV, le passage de Deschamps du milieu de terrain au banc est un franc succès (huit trophées glanés, en tout). Reste que l'équipe de France n'est ni Monaco, ni Turin et encore moins Marseille. Pour le moment, la feuille de route est grossière : objectif Euro 2016. À la maison. Dès lors, le prochain Mondial brésilien doit servir de laboratoire. De boîte à idées. Pour l'instant, DD devrait débarquer avec sa famille. À savoir son adjoint olympien, Guy Stéphan, et une partie de son staff (on parle de Nicolas Dehon, l’entraîneur des gardiens, et Antonio Pintus, le préparateur physique). C'est dans cette optique que la FFF aurait d'abord voulu proposer à l'ex-entraîneur de l'OM un CDD de 2 ans, plus deux autres années optionnelles. La Dèche, lui, veut quatre piges. Direct. Pour travailler sur le long terme. Construire. Recontruire, en fait.

Avec qui ?

Parce qu'aujourd'hui, l'idée principale est là : redonner des couleurs à cette équipe de France. Redorer son image. Le contrat est à la fois sportif et moral. Et force est de constater que le bail de Laurent Blanc n'aura rien apporté sur ces deux thématiques. Ou si peu. Deschamps hérite d'une bête blessée, mal aimée, avec peu de certitudes. Il sait seulement qu'il a un gardien. Voire deux. Quelques postes où le talent est installé (Debuchy, Benzema, Cabaye, Ribéry) et puis c'est tout. Pour le reste, c'est à lui d'opérer. Que faire avec les petits merdeux de la génération 87 ? Les Nasri, Ménez et Ben Arfa que l'opinion publique et les médias semblent détester. Entre le gaucher de Newcastle et Deschamps, ce n'est pas l'amour fou depuis leur cohabitation marseillaise. Le plus gros chantier est peut-être là, en fait. Donner une autre image des Bleus. Reconquérir le cœur des gens.


Dans cette optique, Deschamps peut s'avérer un pari judicieux. Notamment dans le choix des hommes, car le mec n'est pas là pour faire dans le social. Il ne l'a jamais fait. C'est ce qui va le démarquer de son prédécesseur. Et tant mieux. Niveau jeu, il ne faudra pas s'attendre à une révolution tactique. Les Bleus seront physiques, disciplinés et costauds dans les impacts. Un peu à l'image de ce que DD a installé à Marseille à partir de 2010. Oui, esthétiquement, c'est dégueulasse. Mais ça gagne. Et c'est bien là, l'essentiel.

De toute façon, les premières échéances arrivent vite. Très vite. Dès la rentrée, les Bleus entament leur qualification pour la Coupe du monde 2014 où ils sont tombés dans le groupe I avec l'Espagne. Figurent aussi la Finlande, la Biélorussie et la Géorgie. Seul le premier des neuf groupes est qualifié directement et les huit meilleurs deuxièmes doivent passer par des barrages. Premier test, en somme. Quoi qu'il en soit, la venue de Deschamps à la tête des Bleus répond à une certaine logique. Celle de mettre le meilleur entraîneur français du moment au poste clé du football français. Un mariage de raison. Enfin. Et là-dessus, seul Francis Cabrel semble capable de mettre des mots sur ce raisonnement, puisque l'ancienne plus célèbre moustache de France fredonnait dans une ses chansons « On devrait correspondre puisque tu me corresponds. »

Par Mathieu Faure
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