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  2. // Werder Brême/Tottenham Hotspur

La cinquième roue du carrosse

Malgré des effectifs reluisants et un style de jeu offensif, le Werder et Tottenham n'ont jamais réussi à s'incruster dans le gratin, au pays. Une offense que les deux clubs aimeraient vite réparer...

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Sans faire parler, Tottenham présente de sacrés arguments avant de retrouver la C1. Oui, les Spurs sont des spécialistes de coupe. Seule équipe amateur à avoir remporté la FA Cup (1901), Tottenham a toujours nourri un certain amour pour les matches à élimination directe. Ce n'est pas pour rien qu'il s'agit de la première équipe du XXè siècle à remporter le doublé coupe-championnat. Pourtant, depuis le sacre de 1961, année des premiers braillements de Boy George, Tottenham court après un sacre national.

Pis, Tottenham galope après tout ce qui bouge : reconnaissance, titre et réputation. Autant dire que le temps semble long du côté de White Hart Lane. Mais chez les Spurs, on a toujours préféré le beau jeu au résultat. Suffit de se remémorer les paroles de Danny Blanchflower (feu milieu du club des années 50/60) pour s'en apercevoir : « Ce qui compte dans le football, c'est la gloire. Il faut savoir faire les choses avec élégance, avec panache, se lancer à l'attaque, ne pas attendre que les adversaires meurent d'ennui » . Peu importe le résultat, du moment que le public est content. Une philosophie qui consiste en quelque sorte à scier la branche sur laquelle on a le fessier posé. Car depuis une quarantaine d'années, ce sont surtout les fans locaux qui s'emmerdent. Alors rien de tel qu'une Ligue des Champions pour refiler la banane à tout un stade. Une enceinte qui ne demande qu'à exploser. Coincé entre la suprématie de Chelsea et le beau jeu d'Arsenal. Difficile d'exister au cœur de la capitale. Même la faste politique de recrutement (Klinsmann, Ginola, Carr) ne parviendra pas à ramener le club au sommet. En éjectant Liverpool du dernier big four, les Spurs se sont donné le droit de rêver. D'autant que la poule n'est pas si compliquée a priori. Hormis l'ogre Inter, Twente et le Werder, l'adversaire du soir, semblent -sur le papier- en dessous des Anglais. Car il faut bien l'avouer, Papy Redknapp présente presque deux onze compétitifs. Quand on peut se permettre de laisser des Robbie Keane, Jermaine Jenas, David Bentley et Gio Dos Santos sur le banc de touche, c'est que la squad a de quoi voir venir. Qui dit voir venir, dit temps à perdre. Et justement, les Spurs n'en ont pas. Contre le Werder, il s'agira de prendre des points et vite. Avec les deux recrues revanchardes William Gallas et Rafael van der Vaart, les Spurs aimeraient ramener au moins un point du Weserstadion. Mais c'est sans compter sur l'envie des Teutons.

Brême, l'éloge du beau jeu inutile

Le Werder a ce quelque chose en plus. Cet élan de générosité offensive et défensive. Où le but est de marquer toujours plus que l'adversaire (logique arithmétique bien sentie) quitte à laisser Tim Wiese prendre une chiée de buts à chaque rencontre. Dirigé depuis plus de dix ans par Thomas Schaaf, le Werder a senti un frémissement positif au milieu des années 2000 (cinq fois de suite sur le podium entre 2004 et 2008). Quand Micoud et Klose faisaient chavirer tout un peuple alors champion d'Allemagne. C'était en 2004. Le jeu flamboyant et offensif se transmettait de manière presque génétique. Depuis, Brême s'est consumé et n'a pas réussi à endiguer l'hégémonie du Bayern. Comme quoi, le beau jeu n'est pas forcément la clé. Une clé Diego que n'a jamais rendue depuis son départ à la Juventus Turin. Pourtant le talent est là. Dans les pieds des Marin, Wesley et autre Hunt. Trop peu pour donner l'impulsion à l'effectif toujours marqué par le fer du jeu physique. Les Borowski, Frings et Jensen peuvent en témoigner. Mais la bande à Schaaf a de quoi péter n'importe quel coffre-fort. Peu importe le style, Pizarro, Almeida, Arnautovic sont là pour sortir le chalumeau. Souvent avec réussite d'ailleurs. D'autant que la défense a pris de l'expérience à l'inter-saison. Mickaël Silvestre (dix ans à Man Utd) ne sera pas de trop pour dépanner dans une charnière centrale rongée par les blessures (Naldo et Mertesacker). Quoi qu'il en soit, la défense ne présente pas non plus un gage de sureté, notamment sur les côtés où Boesnich et Fritz sont plus des clones de latéraux que des portes closes. La clé du match résidera dans la capacité défensive du Werder à contrecarrer les vagues anglaises. Surtout sur les côtés où Lennon et Bale viendront claquer les reins adverses, minute après minute. Le football étant souvent une affaire de statistiques, la dernière visite de Tottenham en Allemagne s'est conclue par une victoire 1-0 sur la pelouse du Bayer Leverkusen en phase de groupes de la Coupe UEFA 2006/07. Qui tremble à présent ?

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