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La chute

Avant d'affronter le Bayer Leverkusen, le VfB Stuttgart se trouve à une inhabituelle avant-dernière place de Bundesliga. Il ne reste qu'une dizaine de journées aux Souabes pour se sauver, auquel cas, c'est la 2ème division qui les attend...

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23 février 2010, VfB Stuttgart / FC Barcelone, huitièmes de finale aller de la Ligue des Champions. Les Allemands tiennent en échec l'une des meilleures équipes au monde à ce moment-là. 1-1, score final, mais à dire vrai, Cacau et consorts auraient peut-être mérité mieux lors de ce premier match, tant ils ont eu d'occasions franches. Au final, ce que l'on retiendra, c'est que Stuttgart s'est fait exploser 4-0 par la machine barcelonaise au retour. Point.


Un an plus tard, la situation est catastrophique pour le VfB: le club est certes qualifié en Europa League, mais pour ce qui est du championnat, on repassera. Avec 19 unités collectées en 22 journées, le club du Bade-Württemberg pointe à l'avant-dernière place, avec seulement trois points d'avance sur la lanterne rouge qu'est le Borussia Mönchengladbach. Si Stuttgart (mais aussi Gladbach) venait à descendre en fin de saison, la Bundesliga perdrait un peu de son attractivité, car il s'agit de « Traditionsklub » , tout comme Saint-Etienne ou Nantes en France. Avant d'imaginer le pire pour les Souabes, il faut d'abord essayer de comprendre le pourquoi du comment. Comment, en effet, le champion 2007 (et vice-champion 2003), huitième de finaliste de la Champions' l'an dernier, peut-il aujourd'hui se retrouver dans les profondeurs du classement?


On pourrait évoquer les raisons classiques: les blessures, le recrutement, la malchance etc. C'est en partie vrai: certains joueurs importants comme Cacau ou Matthieu Delpierre ont raté quelques semaines, et d'autres, comme Arthur Boka, Timo Gebhart ou encore Christian Gentner ne savent pas encore quand ils pourront reprendre la compétition. Mais en regardant de plus près, on se rend compte que le mal est plus profond. Pour commencer, l'effectif manque un peu d'expérience. Des joueurs comme Jens Lehmann, Sami Khedira ou encore (dans une moindre mesure) Aliaksandr Hleb ont quitté le club l'été dernier; ils ont été remplacés par le nombre, mais pas par la qualité. Ce qui fait que dans une situation critique, les joueurs ne savent pas forcément réagir: « Cette situation de lutte contre la relégation est absolument nouvelle pour les joueurs, habitués à jouer le haut de tableau. Aucun d'entre eux ne sait ce que signifie se battre pour ne pas descendre, alors, forcément, cela se ressent sur le terrain » , selon T. Naeher, du Stuttgarter Zeitung. Une situation quelque peu comparable à celle du Werder, en somme; une équipe comme Sankt-Pauli sait déjà qu'elle va souffrir pour se maintenir, alors elle est déjà en condition avant même le début de la saison. Il semble donc logique qu'un cador comme Brême ou Stuttgart, qui bataille habituellement pour accrocher la Ligue des Champions, ne sache pas comment aborder ses matchs quand il est en position de difficulté.


Toujours selon Naeher, cette situation est d'autant plus difficile qu'on ne voit pas vraiment comment le VfB pourrait s'en sortir, en l'absence de véritable leader: «  Avant, à Stuttgart, les capitaines comme Thomas Hitzlsperger ou Jens Lehmann bougeaient vraiment les joueurs. Aujourd'hui, le capitaine, c'est Matthieu Delpierre; ce que les critiques et certains fans lui reprochent, c'est de ne pas avoir l'étoffe d'un capitaine, à cause de son caractère introverti » . Alors forcément, sans quelqu'un qui motive les troupes, chacun reste un peu dans son coin, et pense d'abord à ses performances individuelles avant de penser à l'équipe. Tout le contraire de l'état d'esprit de Stuttgart l'année du dernier sacre, en 2007; cette année-là, mi-février, les Souabes comptaient cinq points de retard sur le leader Schalke et étaient à portée de fusil du Bayern Munich. Ils ont doublé Schalke sur le fil et ont remporté le titre lors de la dernière journée.


Qui dit mauvais résultats dit faute de l'entraîneur, qui dit faute de l'entraîneur dit changement d'entraîneur. Bruno Labbadia a certes remplacé Christian Gross, mais à Stuttgart, on ne danse toujours pas. Mais il y a du mieux: « Au niveau de la préparation, Gross avait fait n'importe quoi. Cet été, il a organisé trois stages... C'est trop! D'autant plus qu'il y a des joueurs qui ont participé à la Coupe du Monde, qui n'ont pas eu de répit. Quant à la préparation en elle-même, ce n'était pas ça. Les joueurs ont débuté en Bundesliga alors qu'ils n'étaient pas prêts physiquement. Avec Labbadia, ça va beaucoup mieux, déjà. C'est beaucoup plus intensif » , dixit Naeher. Sur le plan comptable, Labbadia a pour l'instant pris sept points en six journées de championnat. Ce n'est peut-être pas beaucoup, mais l'équipe joue de mieux en mieux, en témoigne la première mi-temps jouée à Lisbonne contre le Benfica, peut-être la meilleure sous l'ère Labbadia. Dimanche, le VfB se rendra à Leverkusen défier le Bayer. L'an dernier encore, cet affrontement aurait pu être décisif pour un sésame en Champions'. Cette année, les points mis en jeu ont une toute autre valeur pour Stuttgart. Car même si les Souabes venaient à s'imposer, ils ne quitteront pas la zone de relégation. Pour combien de temps encore ?


Bayer Leverkusen / VfB Stuttgart: dimanche, 15h30


Ali Farhat

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