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La Chine ferme les vannes

Depuis fin mai, tout club de Chinese Super League qui veut casser sa tirelire sur une star étrangère doit provisionner une somme équivalente pour un fonds de développement du football chinois. Autant dire que Pékin a tapé du poing sur la table et sifflé la fin de l'orgie de transferts. Triste pour les vendeurs européens, positifs pour les joueurs chinois ?

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Fin mai 2017, fin de journée, la Chinese Football Association annonce une nouvelle règle avec prise d'effet immédiat : désormais, chaque indemnité de transfert payée à un club étranger par un club chinois des deux premières divisions est soumis à une majoration. Si la somme est en dessous de six millions d'euros, elle doit donner lieu à un investissement de valeur égale dans le centre de formation par le club acquéreur. Au-delà des six millions, un montant similaire à l'indemnité consentie doit être versé par le club chinois. Où ? Dans un fonds d'État pour le développement du football chinois (Chinese Football Development Fund). Officiellement, un provisionnement pour développer le football local. Officieusement, un trou noir vu qu'aucune transparence sur l'utilisation de ces sommes n'est à prévoir. Pour simplifier : si, aujourd'hui, Tianjian Quanjian veut s'offrir Pierre-Emerick Aubameyang à 70 millions d'euros, il lui en coûtera le double. De là à y voir les raisons du transfert avorté d'Anthony Modeste et un calme plat total sur le mercato de mi-saison chinois, il n'y a qu'un pas. Quelques mois plus tôt, déjà, les autorités du football chinois avaient réduit - au grand dam d'André Villas-Boas - le nombre de joueurs étrangers autorisés sur les terrains de quatre à trois, quand bien même les écuries de CSL avaient bouclé leurs marchés. Un resserrage qui fait dire à beaucoup, comme le docteur Jon Sullivan, directeur du China Policy Institute de l'université de Nottingham, que « les gros transferts très chers vers la Chine, c'est terminé pour le moment » . Coup d'arrêt ? Plutôt un recadrage.

Sur ordre du président chinois ?


Pour les observateurs avisés du football chinois comme Mark Dreyer, « la CFA n'a été qu'un messager sur cette affaire, les ordres émanent a priori du Conseil d'État chinois » . L'ancien correspondant de Sky Sports et aujourd'hui éditeur du China Sports Insider, basé en Chine depuis dix ans, n'imagine « aucune ligue s'imposer des règles aussi drastiques aussi tardivement dans une saison  » . Peut-être l'ordre est-il venu de la vice-Premier ministre chinoise, Liu Yandong, selon Jon Sullivan. Vue en juin aux côtés de Gianni Infantino, le président de la FIFA, « elle supervise les travaux des différentes institutions et ministères concernés par l'essor du football en Chine. Membre du Polit Buro chinois, elle fait le lien entre le président Xi Jinping et la Fédération. » Et si le numéro un chinois, grand fan de football, a décidé de resserrer la vis, cela signifie que les récentes évolutions de la Chinese Super League n'ont pas correspondu à ses attentes. « Les autorités chinoises veulent développer le football depuis les années 1950. Et l'objectif a toujours été d'avoir une équipe nationale forte pour faire la fierté du pays » , soutient l'universitaire britannique. C'est seulement autour de cette « ambition ultime » , comme la qualifie Mark Dreyer, que « d'autres ambitions secondaires se sont greffées, analyse Sullivan. Ils veulent être influents dans les instances dirigeantes, ils veulent acquérir des actifs stratégiques à l'étranger, et avoir une Chinese Super League forte comme symbole des produits de divertissement modernes à l'intention des classes moyennes modernes. » Dans cette optique, Pékin a fait appel aux investisseurs privés, et a, sans forcément l'anticiper, ouvert la boîte de Pandore.

Prévention contre les fuites de capitaux ?


« Les investisseurs privés ont parfois leurs propres ambitions. Dans le cas des transferts et salaires, ils sont allés trop loin. Ces sommes versées à des stars étrangères deviennent sources de critiques de la part des fans de football quand ces joueurs ne s'impliquent pas assez ou ne sont pas performants. » Aujourd'hui, les autorités chinoises cherchent donc à rétablir l'équilibre entre leurs objectifs prioritaires et les efforts consentis. « C'est un fait que trop peu de jeunes joueurs chinois obtenaient du temps de jeu conséquent en équipe première » , rappelle Dreyer, pour qui la nouvelle règle « est donc clairement faite pour favoriser les U23. Cela devrait donc améliorer le niveau du football chinois et de son équipe nationale. » Un retour au cahier des charges originel, ainsi qu'un moyen d'éviter les dommages collatéraux. Dr Sullivan : « Ces lourdes dépenses dans le football ne donnent pas une image positive, or, dans un contexte social tendu, les manifestations des plus défavorisés tournent facilement en contestation contre le gouvernement, et Pékin y est sensible. Calmer ce marché des transferts est donc une affaire d'image, en même temps qu'une mesure prudente de prévention contre le blanchiment d'argent ou l'évasion de capitaux que ces dépenses peuvent favoriser.  » Un fléau contre lequel Pékin lutte dans tous les secteurs d'activités, « il n'y a donc rien de surprenant à ce que les régulateurs voient d'un mauvais œil le sport devenir vecteur de fuites de capitaux » , souligne Dreyer.

L'essor du football chinois ?


Pour le moment, la mesure adoptée fin mai doit rester en vigueur jusqu'à la fin de saison, avant d'être, peut-être, prolongée ou assouplie. Si elle venait à devenir la norme, son impact sur la Chinese Super League serait considérable selon le Dr Sullivan : « Les clubs déjà bien structurés, comme Shanghai SIPG ou Guangzhou Evergrande, seront favorisés, tandis qu'un nouvel ambitieux comme Tianjin Quanjian ne pourrait pas rattraper le retard. Ce qui n'est pas une bonne chose pour le championnat à long terme.  » Même si l'universitaire ne voit pas Pékin restreindre indéfiniment ses clubs. En attendant, les agents de joueurs et clubs européens ne pourront plus compter sur des offres faramineuses et inespérées, quand les footballeurs chinois peuvent avoir là une opportunité à saisir : en parallèle de la majoration des indemnités de transferts depuis l'étranger, les clubs du championnat chinois seront contraints d'aligner à chaque match autant de U23 chinois que de joueurs étrangers. Autant dire qu'ils vont gagner du temps de jeu, mais aussi en valeur marchande. Suffisant pour faire de la Chine une puissance mondiale d'ici 2050 ?



Propos recueillis par Nicolas Jucha - Le Dr Jonathan Sullivan est directeur du China Policy Institute à l'université de Nottingham. Twitter : @jonlsullivan

- Mark Dreyer a été correspondant en Asie pour Sky Sports, il édite aujourd'hui le China Sports Insider. Twitter : @DreyerChina
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