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La Chine détruit-elle le marché des transferts ?

Oscar à 70 millions d'euros, Carlos Tévez qui touche 40 millions annuels, Axel Witsel qui refuse la Juventus pour signer à Tianjin... Depuis un an, la Chine frappe fort sur le marché des transferts. Au point de faire péter durablement toutes les normes ?

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« Ce fut un choix très difficile. Car d’une part, j’avais une grande équipe et un top club du nom de la Juventus, et d’autre part, j’avais une offre que je ne pouvais pas refuser pour le futur de ma famille. » Ou comment Axel Witsel, présenté comme l'un des meilleurs milieux de terrain du Vieux Continent, a tourné le dos à la Vieille Dame pour aller palper des renminbi en Chine. Les Bianconeri ne lui proposaient « que » 6 millions annuels, contre 18 pour les Asiatiques, bien plus à l'écoute des besoins familiaux du Belge. Il y a encore un an, malgré la puissance financière croissante des clubs de Chinese Super League, un tel choix de carrière n'aurait pas été envisageable. En 2017, il n'est presque plus surprenant malgré les indignations qu'il suscite. Depuis l'ouverture du mercato, le Brésilien Oscar a ainsi rejoint André Villas-Boas au Shanghai SIPG pour 70 millions d'euros d'indemnités et un salaire évalué à 25 millions annuel. Pas aussi bien que Carlos Tévez, qui, dans la même écurie, va être le joueur le mieux payé de la planète avec 40 millions sur 12 mois. Février n'est pas encore là qu'on évoque pêle-mêle Diego Costa, Karim Benzema ou même Cristiano Ronaldo comme des cibles sérieuses... Il y a près de cinq ans déjà, le Guangzhou Evergrande avait défrayé la chronique en faisant de Dario Conca l'un des dix joueurs les mieux payés au monde. Sans être international argentin, seulement titulaire indiscutable à Fluminense et référence du foot sud-américain. Quelques années plus tard, le phénomène s'est généralisé au point que l'AS Monaco tremble devant l'hypothèse de devoir vendre Radamel Falcao en cours de saison, quand bien même ce serait probablement la seule opportunité d'amortir l'investissement initial à 60 millions d'euros de l'été 2013. Les riches propriétaires de clubs chinois veulent du lourd, sont prêts à payer pour, et leur appétit ne concerne pas que les gros noms comme Alexis Sánchez, lui aussi courtisé par l'Empire du milieu. Angers devrait ainsi perdre son attaquant sénégalais Famara Diedhiou avant la fin du mois. Une réelle perte sportive, mais une bonne affaire financière : c'est le club de division 2 Guizhou Hengfeng, qui a posé environ 7 millions d'euros sur le bureau des décideurs angevins pour un élément recruté à Clermont 1,2 million d'euros cet été. De quoi faire réfléchir. Et aussi donner l'impression qu'avec la Chine en toile de fond, la loi de l'offre et de la demande n'a plus aucun équilibre tangible.

« Ce sont des investissements à perte. » Dominique Six, agent sur le transfert de Gervinho à Hebei


« La présence de la Chine, c'est à la fois positif et négatif » , estime Damien Comolli. L'ancien directeur sportif de Liverpool y voit « une fantastique opportunité pour un club européen qui voudrait se séparer d'un joueur peu sollicité en Europe, et en tirer un bon prix » . Chelsea a ainsi rentré 100 millions d'euros sur Oscar et Ramires en moins de 12 mois, une belle somme pour deux joueurs qui n'entraient plus dans les plans des Blues. Mais il y a un revers de médaille, « si vous vous placez sur un joueur et qu'un club chinois est aussi dessus, forcément cela gonfle les prix » . Mandaté sur le transfert de Gervinho au Hebei China Fortune, Dominique Six voit dans l'Empire du milieu et sa démesure « l'occasion de faire un très bon deal, car plus le joueur coûte cher, plus la commission est importante. » Mais en même temps, lui qui travaille essentiellement sous forme de mandat signé avec des clubs trouve « compliqué de bosser en Chine, ils n'ont pas encore tous les réseaux et se retrouvent sollicités par plein de pseudo-agents qui prétendent représenter les joueurs ciblés. Ils ont donc du mal à identifier qui est leur réel interlocuteur » . Pour lui, le marché chinois dérégule clairement le marché, « car les montants pratiqués sortent des normes » , mais il relativise l'effet de levier. « Ce n'est pas porteur, cela ne peut pas engendrer une dynamique durable, car un mec de vingt-quatre ans qui va là-bas, il ralentit sa carrière, et un Oscar acheté à 70 millions d'euros, il ne sera jamais revendu avec une plus-value. Ce sont des investissements à perte, donc ce n'est pas illimité. » Un point de vue que rejoint Comolli, pas plus que cela impressionné par le pedigree des recrues de Chinese Super League. « Il y a de bons joueurs qui partent, plus jeunes qu'avant, mais ce ne sont pas les top players, on n'en est pas encore à un affaiblissement des championnats européens, et je pense que le phénomène est passager. Par exemple, pour Alexis Sánchez, il n'y a pas d'offre chinoise, ou alors pas une offre à laquelle il veut répondre positivement. Sinon il y serait déjà. Arsenal ne pourra pas tomber dans le panneau : s'il leur dit "Alignez-vous sur cette offre chinoise", ils lui diront : "OK, pars." » Exemple qui appuie son argument, le cas Cristiano Ronaldo, dont l'agent Jorge Mendes a fait état d'une offre à 100 millions d'euros de salaire annuel. Refus de la star portugaise, au motif, dixit son représentant, que « l'argent ne fait pas tout » . Surtout quand on est sur le toit du football mondial au Real.

« Il était où Witsel avant ? » Damien Comolli, ex-directeur sportif de Liverpool


« Pour les meilleurs joueurs, il n'y a aucun intérêt à tuer sa carrière là-bas, d'ailleurs, la plupart de ceux qui sont partis veulent revenir un an plus tard, comme Jackson Martínez ou Renato Augusto actuellement » , souligne Comolli. Quant au cas Witsel, qui a refusé la Juve, l'ancien dirigeant a une opinion tranchée : « Il était où avant ? En Russie. Il donne sa priorité à l'aspect financier. Je ne le juge pas, il a le droit, mais sa priorité n'est pas sportive. » Un point de vue que Dominique Six connaît pour traiter avec une multitude de joueurs pros depuis plusieurs décennies. « Il n'y a pas une tendance chez les joueurs à dire "Regarde ce qu'il y a pour moi en Chine", mais bon, ils sont opportunistes, ils ne demandent pas la Chine, mais si tu leur mets un contrat mirobolant sous le nez, ils sont partants... » Sauf qu'auparavant, la tendance était à partir chez le plus offrant, peu importe la destination, à « trente-trois ou trente-quatre ans, sauf que maintenant, les Chinois sont comme les gens du Moyen-Orient, ils ne veulent plus se contenter de pré-retraités. » Même quand ils ont un nom clinquant : « Samuel Eto'o nous avait mandatés pour un transfert là-bas, tout était prêt, les papiers, les passeports, on pouvait le sortir pour quasiment rien, excepté le salaire, mais ils nous ont refusé au prétexte qu'il était trop vieux... » L'image d'Eldorado accessible à quasiment tout le monde en prend un coup, et le récent durcissement des règles en CSL ne devrait pas arranger les choses. « C'est un marché de niche, ils ont rabaissé la limite à trois étrangers, donc le nombre de joueurs potentiels recrutés en Europe est réduit » , analyse Comolli, pour qui « la bulle va se dégonfler très vite, peut-être même déjà dans un an » . Les 330 millions d'euros investis à l'hiver 2016 seront peut être battus en 2017, mais plus durs à atteindre en 2018. « Et puis ils ne prennent quasiment pas de joueurs défensifs, aucun gardien... donc vous voyez que ce marché ne va pas concerner tant de monde. » Et même si la limitation des places pourrait grossir un peu plus encore les rémunérations des têtes d'affiche comme Tévez, Dominique Six n'en démord pas : « En 2017, le vrai bon plan pour un joueur de football professionnel, cela reste l'Angleterre. Et si on devait citer une deuxième destination idéale, ce ne serait pas la Chine, mais l'Allemagne, ce que l'on a de plus proche de tous les avantages offerts outre-Manche. »

Par Nicolas Jucha Propos recueillis par NJ, à l'exception de ceux d'Axel Witsel, tirés de Tuttosport
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