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  2. // Juventus de Turin

La chasse au zèbre

Victorieux à Udine, giflés à la maison contre Palerme, les Turinois sont dans une spirale compliquée. Effectif de qualité sur le papier, les Juventini peinent à convaincre, la faute à une implication défensive douteuse.

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Forcément, quand on gifle l'Udinese chez elle quatre à zéro, on repart avec des certitudes. C'est en tout cas le sentiment qu'avait Luigi Delneri avant d'affronter Palerme hier soir à Turin. L'ancien coach de la Sampdoria n'a pas tortillé avant de coucher les blases de sa composition d'équipe. C'est exactement le même onze qui démarre. Un 4-4-2 classique avec deux ailiers (Krasic, Pepe) chargés d'alimenter deux pointes italiennes (Del Piero, Quagliarella).

A priori, la Juventus semblait armée. Pourtant, elle va chuter et lourdement (3-1). La défense a confirmé ce qu'on pensait d'elle : lourde et encore inexpérimentée. Bonucci et Chiellini sont encore à la recherche d'automatismes défensifs. Quant aux latéraux (Motta et Grygera), leur apport offensif s'est avéré famélique. Le premier problème de la Juventus concerne donc son incapacité à garder son but inviolé. L'assise défensive est inexistante. Personne ne conteste le potentiel de la charnière Bonucci-Chiellini, peu ou prou, la future charnière de la sélection nationale. Mais pour le moment, leur entente ne saute pas aux yeux. Quand en plus, la Juve ne compte aucun latéral saignant, aussi bien sur le plan défensif qu'offensif, dans l'effectif, le chantier est un vrai foutoir. Un bordel dans lequel Delneri n'a aucune certitude.


Finalement, après quatre journées, difficile de dégager une tendance de cette nouvelle Juve. Les chiffres sont catastrophiques (15ème avec 4 points). Mais c'est surtout le jeu prôné par la Vieille Dame qui fait flipper au siège de FIAT. Alors que le recrutement, surtout offensif, avait de quoi séduire (Quagliarella, Pepe, Krasic, Lanzafame, Martinez), les Turinois ne mettent pas un pied devant l'autre. Grosso modo, la Juventus joue de la même manière que l'année dernière. Un millésime bouclé à une dégueulasse septième place. A bien y regarder de près, le coeur du problème est au centre du terrain.



Le problème Marchisio



Depuis le début de saison, Felipe Melo et Mohamed Sissoko, les deux briseurs de lames, ne sont jamais alignés ensemble. La faute à un certain Claudio Marchisio sur lequel Delneri a fondé beaucoup d'espoir (Marchisio était pressenti pour être le capitaine de Delneri). Le problème avec le milieu transalpin provient de son positionnement sur le terrain. Marchisio est un joueur hybride. Un faux 8, un 10 remixé, un 6 maigrichon. Polyvalent modéré mais incontournable nulle part, Marchisio déséquilibre le milieu turinois, est capable de porter le ballon, mais pas trop longtemps sous peine de plonger physiquement. Impossible également de le faire jouer sur un côté. Par défaut, l'international est associé dans l'entrejeu au Brésilien ou au Malien. Forcément, défensivement, dans le harcèlement et le grattage de ballon, le duo est bancal. A l'inverse, l'association des deux pitbulls permettrait au quatre de derrière de souffler et surtout, les deux étrangers sont capables de parfaitement relancer le jeu.

Luigi Delneri est face à un dilemme : sacrifier, une fois de plus, un jeune formé au club (jurisprudence Giovinco) pour relancer et surtout stabiliser sa machine zébrée, ou persister avec Marchisio au risque d'exploser en vol ?

Le mal est profond. Match après match, les Turinois sont broyés par la moindre accélération frontale de leur adversaire. Ce qui faisait la force turinoise dans son passé est sa plus grosse faiblesse aujourd'hui. Pour autant, personne ne s'inquiète. Officiellement tout du moins. Suffit d'écouter la légende Del Piero parler : « La Juventus est une équipe en grande partie refaite et on connait donc des hauts et des bas. Et puis on a tout fait pour aller chercher le but du 2-3 même si ça n'aurait pas changé grand chose. C'était le positif ce soir et on doit repartir de ça » . La venue de Cagliari ce week-end devrait mettre les choses à plat. On l'espère en tout cas.

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