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La Catalogne, cette « neuvième province d’Andalousie »

Considérée comme la « neuvième province d’Andalousie » , la Catalogne a accueilli plus de 800 000 Andalous jusqu’aux années 70. Un phénomène démographique unique en Espagne qui explique, en partie seulement, les liens étroits qui unissent FC Barcelone et FC Séville.

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Le duel le plus en vogue du football espagnol ne répond pas au nom de Clásico, de derbi madrileño ou de duel entre Colchoneros et Blaugrana. Non, depuis l’an 2010, ce sont bien les rencontres entre Barcelonais et Sevillistas qui se sont le plus répétées. Avec déjà 19 confrontations au compteur, et bientôt une vingtième, les deux toujours champions d’Europe en titre forment la paire qui se connaît le mieux outre-Pyrénées. Une certaine normalité, puisque Culés comme Palanganas trustent les finales et les titres en cette décennie. Plus encore que ce nombre important de matchs, ce sont les relations entre les deux directions qui révèlent de nombreux atomes crochus. Les transferts et les prêts entre les deux entités sont légion, et rappellent que, lors du siècle dernier, l’immigration andalouse en Catalogne est devenue un phénomène démographique unique en Espagne, à tel point que, encore aujourd’hui, la région frontalière avec la France se fait appeler « la neuvième province d’Andalousie » . Retour sur un courant migratoire qui a marqué à jamais les deux régions, et dont les conséquences se retrouvent encore aujourd’hui.

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Industrialisation, paupérisation et gratitude


Dans la société espagnole, si marquée par ses distorsions régionales, l’émigrant ne renvoie pas vers l’Andalou, mais vers le Galicien, plus prompt à prendre la mer pour se trouver un nouveau port d'attache. Cette image change radicalement à partir des années 1920. Bien qu’entamé quelques années auparavant, cette décennie marque le début de l’exode andalou. En cause, la fermeture de nombreuses mines de la région d’Almería, ainsi qu’une baisse considérable de la production de raisins qui presse quelque 40 000 Almériens à se rendre en Catalogne, région où l’industrie est forte et la main-d’œuvre recherchée. « Mais c’est réellement à partir des années d’après-guerre civile que le mouvement migratoire se prononce, précise Carlos Romero, historien officiel du FC Séville. Avec le début de la dictature de Franco, les communautés autonomes disparaissent. Le dictateur voulait pousser au maximum l’industrialisation de la Catalogne pour contrer les aspirations indépendantistes. Cela s’est fait au détriment d’autres régions comme l’Andalousie qui devait donner à la Catalogne toutes les matières premières dont elle avait besoin : du coton, des minéraux… »

Sans un sou, et même sans rien dans l’assiette, des milliers d’Andalous prennent la route de la Catalogne en quête d’un futur meilleur. Une fois arrivés, ils s’amassent en périphérie des grandes villes de la région et constituent des bidonvilles à ciel ouvert. « Ils étaient appelés les "charnegos", un nom péjoratif pour nommer ceux qui occupaient les strates les plus basses de la société catalane » , précise ce même Carlos Romero. « La neuvième province d’Andalousie » assiste ainsi à une immigration massive jusque dans le courant des années 1970. Selon les calculs du Centre des études andalouses, 840 000 Andalous ont ainsi pris la route de Barcelone durant le siècle dernier, et quelque 1,1 million d’enfants catalans connaissent des racines andalouses. Pour Olga Merino, écrivain catalan de descendance andalouse interviewée par El Pais, « que l’intégration ait été bonne ou non, une majorité des émigrants andalous ressentent une profonde gratitude envers la Catalogne » . La réciproque, elle, est moins vraie : en Andalousie, région historiquement la plus défavorisée d’Espagne, Catalogne comme Castille sont vues comme des profiteurs et des pilleurs de richesse.

Carlos Romero : « Séville, c’est un peu comme le village d’Asterix »


Indubitablement, cet exode de masse touche le football. Paco Gallego, Andalou comme son nom ne l’indique pas, est ainsi l’étendard de ce mélange entre les deux régions. Né à Séville, licencié chez les Palanganas, il suit le courant et tombe au FC Barcelone dans les années 60 où il triomphe aux côtés d’un certain Johan Cruyff. Idem, en dehors de la région la plus au sud de l’Europe, l’aficion sevillista est la plus représentée en Catalogne avec pas moins de cinq peñas officielles. À l’inverse, « même s’il est moins détesté que le Real Madrid, le Barça ne jouit pas d’une grande cote de popularité en Andalousie » , dixit Carlos Romero qui poursuit : « Séville, c’est un peu comme le village d’Asterix. À la différence d’autres villes espagnoles, il y a très peu de supporters du Real ou du Barça. Ici, l’image des équipes riches est mauvaise, voire très mauvaise. » Il n’empêche qu’avec de nombreux transferts lors des dernières années entre les deux institutions, dont ceux des adulés Dani Alves, Seydou Keita et surtout Ivan Rakitić, « l’équipe du Barça a gagné en sympathie » . Jusqu’à ce dimanche soir, donc.



Par Robin Delorme
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