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La bulle de l’Etihad

Pep Guardiola l’avait présenté comme un test. Antonio Conte, lui, voulait mettre à l’épreuve l’esprit de son groupe. Au bout, la partition jouée samedi par Manchester City et Chelsea s’est décidée sur des questions psychologiques et des réponses tactiques. Histoire de prouver qu’avec l’arrivée des deux hommes, la Premier League pouvait définitivement changer de visage.

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En son temps, Sun Tzu avait théorisé la notion d’affrontement ainsi : « L’invincibilité se trouve dans la défense, la possibilité de victoire dans l’attaque. » Que retiendra l’histoire à l’heure de faire les comptes ? Simplement que la meilleure tactique est celle qui aura conduit à la victoire. Dessinons le cadre, d’abord : Manchester, Etihad Stadium, ce théâtre où avaient décidé de se masser plus de cinquante mille personnes ce samedi 3 décembre. D’un côté, un philosophe magnifié mais en quête de repères depuis qu’il est incapable de s’imposer à domicile sur la scène nationale. L’homme est trop humble pour se sentir intouchable et a la force de connaître ses défauts. C’est aussi, pour ça qu’il ne cesse de gommer et retoucher en permanence ses croquis. Ses faiblesses, Pep Guardiola en a définitivement pris conscience là où tout a commencé pour lui, à Barcelone, un soir de sortie européenne où son effectif s’est noyé. Mais il ne faut pas s’inquiéter, ce qu’il est en train de construire n’aura un jour que des défauts minimes.

Face à lui, Antonio Conte. Un penseur plus classique, plus pragmatique, mais aussi issu d’une autre école. L’Italien aime le fond, mais jure davantage par l’esprit là où son opposant souhaite voir du style en permanence. Lorsqu’il était à Turin, Conte avait posé ses idées de cette façon : « J’aime gagner. L’histoire s’écrit à travers les victoires. Les personnes qui ne gagnent rien engendrent souvent de la bienveillance, mais cela ne m’intéresse pas. » Peu importe comment, celui qui préfère le cardigan au col roulé demande à ses joueurs de « bouffer la pelouse » s'il le faut. C’est aussi comme ça qu’il a, avec plus de temps que Guardiola, fabriqué sa propre machine. C’est aussi comme ça qu’il a abattu le Catalan samedi. À l’envie, au cynisme et en retournant l’esprit au cours d’une journée qui aura vu la Premier League changer pendant quatre-vingt-dix minutes de dimension.

Le romantique et le cynique


Avant tout, c’est une question de culture. Dans la tête des penseurs du système en place, la Premier League a été fondée pour faire de l’entertainement. Venir au stade est donc avant tout un moyen de se divertir, pas forcément de réfléchir. L’objectif est d’avoir des émotions, peu importe comment, mais en avoir est essentiel. Alors, pendant longtemps, l’Angleterre a refusé de s’embrouiller l’esprit avec ceux que certains réduisent au rang « d’Einstein du foot » . L’idée était alors de marquer plus de buts que l’adversaire, rien de plus. Sauf que certains sont venus bousculer les codes, et l’été 2016 restera comme une bascule. Antonio Conte et Pep Guardiola sont arrivés avec cette démarche : bousculer. Et il n’aura fallu que quatre mois pour y arriver malgré les différences. Guardiola est un romantique, là où Conte demandait, par exemple, à son Italie d’être avant tout « fière, humble et méchante » . Alors, chacun avait coché cette date dans son agenda pour voir s’opposer les idées et les styles. Manchester City-Chelsea. Un révélateur et une bascule. Oui, la bataille s’annonçait tactique et elle a été magnifique entre deux défenses organisées avec trois têtes. D’un côté, un City en 3-2-4-1. De l’autre, un Chelsea en 3-4-3. Qu’on se le dise tout de suite : Pep Guardiola n’a pas perdu sa bataille tactique, ses joueurs oui.

Son idée de départ était simple : avancer dans un système où les ailiers (Sané et Navas) seraient décisifs dans l’apport offensif, mais aussi dans leur capacité à ne pas négliger le travail défensif. C’est sur ce point que Manchester City a boxé Chelsea samedi avec Victor Moses, de nouveau aligné par Conte, qui a prouvé qu’il n’était pas dans une position naturelle lorsque Silva s’amusait avec lui. Quel a été le problème alors ? Deux détails déjà : une frappe sur la barre de Kevin De Bruyne qui aurait inversé l’histoire, la décision d’Anthony Taylor de ne pas expulser David Luiz pour une faute sifflable sur Agüero aussi. Les défauts du système Guardiola ensuite. Défendre à trois demande de la rigueur et de la solidité. Ce que City est incapable d’afficher. C’est simple : une fois le premier rideau passé, les hommes de Conte se sont retrouvés le plus souvent à trois contre trois face à un triangle défensif fébrile. Otamendi ? Réduit au statut de jouet par Diego Costa. John Stones ? Incapable, encore, d’assumer son rang d’espoir. Kolarov ? Battu à la course, mais de loin le plus rassurant des trois. Les buts des Blues sont venus comme des flèches tirées dans le dos de City, qui semblait maîtriser son sujet : une merveille d’ouverture de Fàbregas, pour la première fois aligné dans un 3-4-3, pour Costa ; une contre-attaque parfaite enclenchée par Hazard, hissée par Diego Costa et bouclée par Willian ; une dernière patate à un moment où Stones avait été sorti par Guardiola. Du réalisme face à un axe friable, là où Chelsea a aussi pu compter sur un grand gardien, ce que n’est pas Bravo.

Mentalist


Tactiquement, la bataille Guardiola-Conte a été passionnante et s’est donc bouclée sur une victoire du second (3-1) qui est aujourd’hui en tête du championnat. Psychologiquement, elle a également raconté beaucoup de choses. Hier, Chelsea aimait se faire détester, et Guardiola louait l’éducation parfaite de ses soldats. Samedi, Antonio Conte a également remporté sa victoire sur ce détail mental. Son mouvement référence ? La sortie de Diego Costa qui pompait les nerfs de ses défenseurs, mais qui était proche de dégoupiller. La suite ? De l’usure qui a conduit au débranchement de fusibles de Sergio Agüero sur David Luiz. Un vrai duel devait se terminer ainsi : dans le chaos. Alors Fernandinho est venu jouer avec la gorge de Fàbregas qui l’avait giflé juste avant. En conférence de presse, Pep Guardiola s’est excusé du comportement de ses hommes tout en soulignant la performance de son équipe. Jamais on n’aurait pu penser le Catalan capable de perdre un duel qu’il avait désigné comme un révélateur du niveau de son groupe de cette façon. Le cynisme s’est imposé avec classe, et l’histoire s’est réglée entre hommes. Pour la première fois depuis longtemps, la Premier League a pu savourer un sommet qui a répondu présent en matière de niveau, d’intensité, de scénario. Et, à la fin, c’est le football qui gagne.



Par Maxime Brigand
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