1. // Blackpool en Premier League

La bonne blague « des seasiders »

Ville connue pour rassembler le plus grand nombre de comiques et de machines à sous au mètre carré, station balnéaire du nord-ouest de l'Angleterre où vient se presser le tout prolo, Blackpool vient de gagner le jackpot. Même pas drôle...

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Ceux qui ont vu le film “Funny Bones” ou la série britannique “Blackpool” savent que tout est possible dans cette ville. Le pire mauvais goût l'emporte souvent, mais des moments de grâce surgissent parfois. On peut y faire fortune ou plus sûrement tout perdre lors d'un week-end de beuverie qui se terminera sur l'une des immenses jetées à vomir dans la mer d'Irlande. Nul doute que la victoire contre Cardiff en finale des play-offs va prendre place parmi ces moments miraculeux où vous avez la main chaude au jeu. A sa sortie du terrain, le capitaine Keith Southern, semblait à peine réaliser : « On devait se pincer pour le croire dans le vestiaire. On ne savait pas trop quoi faire, comme si c'était un rêve et que quelqu'un allait nous réveiller » . Lui, qui habite à un mile d'Anfield et de Goodison où il a commencé sa carrière, va enfin jouer dans ces stades prestigieux l'année prochaine. Ça le changera de Bloomfield Road et ses 8500 spectateurs de moyenne. « Je crois que je vais y aller à pieds » déclarait-il hilare.

« Le meilleur match dans le nouveau Wembley »


Pour la première fois depuis 1970, Blackpool va donc rejoindre l'élite. 57 ans après la fameuse “Stanley Matthews cup final” (5-3 contre Bolton), le seul grand trophée du club. Tout cela au bout d'un match superbe, le meilleur joué dans le nouveau Wembley d'après la presse anglaise. Au bout d'une première mi-temps fantastique où la petite équipe du bord de mer a été menée deux fois au score avant de prendre l'avantage à la 45ème (3-2). Trois buts marqués par trois symboles. Le premier par Charlie Adam, 25 ans, ex-prodige écossais des Rangers, 2 sélections, qui semblait avoir disparu de la circulation mais qui aura marqué 17 buts cette saison. Le deuxième sur coup-franc par Gary Taylor-Fletcher, milieu solide de 29 ans, régulier comme son équipe tout au long de l'année. Le dernier, celui de la victoire, par un revenant, Brett Omerod, 34 ans, revenu au bercail (1996 à 2002) après avoir écumé tous les clubs du coin ou presque depuis son départ de Southampton (Leeds, Wigan, Preston). Aucune vedette dans cette équipe. Un gardien américain, Paul Rachubka, joueur de la saison précédente et encore solide pendant les play-offs. Formé à MU, il fila à l'anglaise quand Ferguson s'enticha de Barthez (deux matchs en équipe première seulement). David Vaughan, l'un des rares internationaux, fait figure d'anomalie avec ses 16 sélections en équipe de Galles. On ne sait pas encore si ces types-là prendront vraiment place aux côtés de Matthews, Mortensen, Emilyn Hughes et Alan Ball, les stars du passé, mais ils ont joué un vilain tour à Cardiff, battu pour la deuxième année en finale à Wembley.

“Drôle jusqu'à l'os”


C'est une équipe fringuée comme les Pays-Bas, remontée en D2 depuis deux ans, invitée à descendre en troisième division par tous les bookmakers de Londres en début de saison, qui se retrouve au panthéon en mai. Car des miracles, il y en eu aussi en demi-finale contre Nott's Forest (2-1 et 4-3), que tout le monde voyait gros comme une maison cette année. Sans parler de cette sixième place acquise pendant la saison "régulière" grâce à l'effondrement de Swansea à partir de la mi-avril (deux victoires en 11 matchs).

Au dernier jour du championnat, un piteux match nul des Gallois offrit le sésame inespéré aux hommes de Ian Holloway, manager depuis mai dernier. Un club fait pour cet Anglais âgé de 47 printemps qui a pas mal roulé sa bosse dans les divisions inférieures anglaises, remportant un titre de D3 avec Bristol Rovers en 1990, et fréquenta aussi QPR, Plymouth et Leicester. Un type drôle ce Holloway, jamais avare en bons mots en interview et qui participa en 2004 à “Stress Test”, une émission de la BBC où un psychologue et un coach viennent chez vous régler vos problèmes. Une émission qui a changé sa vie : « J'ai compris que je ne pouvais pas laisser mes problèmes de boulot créer des tensions à la maison. Trop absorbé par mon travail, j'étais incapable d'être à l'écoute chez moi. J'ai compris que j'étais en train de tout foutre en l'air » . La thérapie passera par la peinture où le gars semble un disciple de Jackson Pollock, ce qui demande une grande force psychique. Un artiste dont certains disent que ça donne envie de rigoler tellement ce qu'il fait ne ressemble à rien. C'est dire si Holloway était fait pour échouer à Blackpool. Car rien de mieux pour cette équipe de peintres que d'avoir un homme de l'art comme manager.

MU, Chelsea, Arsenal et les autres visiteront donc le Las Vegas du pauvre l'année prochaine. Leurs joueurs pourront monter sur l'attraction n°1 du coin. La réplique exacte de la Tour Eiffel en plein centre ville, sans blague. C'est vrai que “Funny Bones”, ça veut dire “drôle jusqu'à l'os”.

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