La Bolivie asphyxiée d'entrée ?

A la recherche de sa première victoire dans la compétition depuis seize piges, la Bolivie s'apprête à vivre un millésime compliqué. Surtout lorsque l'adversaire du premier match s'appelle l'Argentine.

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Se la raconter maître du monde quand on reçoit ses potes à 3500 mètres d'altitude, c'est un peu facile. La Bolivie, en caricaturant bien la chose, c'est un peu comme ça. Intraitables à La Paz, la capitale située à une hauteur inhumaine, où ils avaient par exemple démâté une Argentine à court de souffle 6-1 en avril 2009, les Boliviens redescendent vite de leur perchoir quand il s'agit de se frayer un chemin sur la terre ferme. La preuve, la sélection nationale n'a pas gagné un match de Copa America depuis seize ans et une édition disputée en... Bolivie. Et comme l'Argentine a eu la bonne idée de pousser à une altitude décente pour les sportifs de haut niveau, l'avenir de La Verde dans la compétition devrait se résumer aux trois premiers matches de poule et un retour express au pays. Un groupe plutôt relevé avec l'hôte argentin, la surprenante Colombie et le Costa Rica. L'enjeu étant, bien entendu, de ne pas terminer dernier du groupe. Un objectif loin d'être évident.

Car finalement la Bolivie peut facilement se targuer d'être l'une des moins bonnes équipes de football d'Amérique du Sud. Sans le miracle de l'altitude, on peut penser que les Boliviens prendraient gifle sur gifle. Après tout, depuis la fameuse génération dorée des 90's composée des Etcheverry, Sanchez “Platini” et Baldivieso avec une qualification pour la World Cup 1994 et une finale de Copa America 1997 à la clé, la sélection navigue dans l'inconnu. Et comme la plupart des membres de la sélection évoluent dans le championnat local, les perspectives d'avoir une pépite sous la manche sont quasi inexistantes. En 2011, participer à la Copa America relève donc de la torture mentale et physique. S&M rules.

Une star muette à Wigan

Quand on regarde la squad emmenée par Gustavo Quinteros, on fait marcher à bloc l'outil qui commence par “www”. Carlos Erwin Arias, Donald Raldes, Ronald Garcia, Joselito Vaca... L'équipe-type fait franchement peur. Même le sélectionneur prêche l'humilité sur le site de la FIFA : « Nous essaierons de bien jouer, de laisser une bonne image. Espérons que nous puissions nous qualifier pour le second tour, ou du moins jouer d'égal à égal avec toutes les équipes » . On sent le mec optimiste. On le serait à moins. Surtout quand la star du groupe s'appelle Marcelo Moreno. L'attaquant appartient au Shakhtar mais reste sur deux prêts foireux successifs à Brême et Wigan – avec un zéro pointé dans la case "goals" en Angleterre. Loin d'être maladroit lorsqu'il portait la liquette du Cruzeiro, l'avant-centre n'a pas réussi à conserver son niveau lors de son arrivée en Ukraine. Certes, Moreno a la temps. Son âge parle pour lui (22 berges). Mais son faible rendement en club ne devrait pas l'aider à porter sa sélection à bouts de crampons.

Une épingle de plus dans le pied d'une équipe nationale déjà au bord de l'asphyxie. Le deal est simple pour les Boliviens. Limiter les dégâts et préparer la suite. La suite ? Quelle suite ? Les qualifications pour le Mondial 2014 au Brésil. Eh oui, les Brazileiros étant déjà qualifiés d'office en tant que pays organisateur, la zone Amsud devient plus abordable pour les équipes de seconde zone. Voilà le seul espoir bolivien. Un espoir qui devrait vite voler en éclats sous les accélérations de Messi et consorts lors du match d'ouverture contre l'Argentine. Une chose est sûre, même en créchant à 3500 mètres au-dessus du niveau de la mer, les Boliviens ne tomberont pas de haut en cas de retour anticipé.

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