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La Belgique voit tout en grand

Depuis deux ans et l’avènement des Diables rouges au premier plan, les diffusions de match sur grands écrans ne cessent de se multiplier. De la grand place des principales villes du pays au plus petit village des Ardennes, tout le monde veut voir le Diables rouges. Et faire la fête, aussi…

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« On retrouve un peu d’espace, De Bruyne aussi. Avec le sprint de Carrasco… Kevin De Bruyne est passé, bien joué Kevin ! Il peut donner à Lukaku, la frappe du gauche, contrôle de Lukakuuu… » Pour des milliers de Belges, la phrase de Rodrigo Beenkens, commentateur attitré des Diables rouges depuis des années sur la RTBF, restera inachevée. À jamais. La faute à un klaxon, un pétard, une trompette ou tout simplement à la somme de centaines de cris de joie balancés par des sujets du roi Philippe, rassemblés à Bruxelles, à Liège, mais aussi à Marchin, à Flobecq, à Musson ou encore à Hélecine autour d’un écran géant. « Quand les Diables se sont qualifiés pour la Coupe du monde 2014, il y a eu un terrible engouement de la population vu que ça faisait une éternité qu’on n’avait plus atteint un tel niveau, les gens voulaient donc partager leur enthousiasme dans une ambiance festive. » Natacha Noël est coordinatrice des retransmissions de l’Euro 2016 pour la RTBF. Étant donnée la ferveur du Belge depuis les qualifs pour le Mondial brésilien il y a deux ans, elle a été chargée de gérer la distribution des accords de la chaîne publique entre les potentiels diffuseurs des rencontres. Et ils sont nombreux !

De la kermesse au bal des busés


John Guidetti, let the music play

Dans la partie francophone du pays, que la RTBF couvre pour les retransmissions et qui englobe la Wallonie et Bruxelles, environ 150 écrans géants sont installés sur la totalité du territoire, ce qui représente une moyenne d’un écran tous les 113 km2. Un chiffre déjà impressionnant… mais qui n’est pas encore tout à fait complet. « Cela concerne en effet toutes les organisations honnêtes qui se sont manifestées auprès de nous pour annoncer leur volonté de diffuser les matchs, reprend Natacha. Certains n’ont cependant pas tellement envie de payer… » Pour un événement qui accueille moins de 300 personnes, les organisateurs sont en effet tenus de payer un minimum de 150€ par match. Les plus grosses festivités devront calculer le montant total en fonction de la capacité d’accueil théorique du site, de la gratuité ou non de l’événement ainsi que du nombre de jours de diffusion. Il existe néanmoins quelques exceptions de gratuité de diffusion pour les festivités prévues de longue date, telles que les kermesses de village, les fêtes d’école ou encore des événements folkloriques comme le fameux bal des busés de Louvain-La-Neuve, qui rassemble tous les étudiants recalés du mois de juin…

Convivialité, Hazard et boulot


On l’a compris : l’Euro 2016 des Diables rouges est suivi de partout et par presque tout le monde au pays. Bill est membre du club des jeunes de son petit village de 350 habitants. Cela fait deux ans que la salle de cette bourgade diffuse toutes les rencontres des Belges en compétition internationale. « Il y a beaucoup d’anciens du comité qui viennent boire un coup, mais suivant les horaires des matchs, on a aussi un public assez diversifié, les gens qui sont là viennent uniquement dans un esprit de convivialité. » Le niveau théorique des Diables rouges est évidemment l’élément principal pour faire bouger les foules, mais il n’est pas le seul. La médiatisation dont bénéficie l’équipe nationale touche toute la population : du gamin de cinq ans qui porte un maillot d’Hazard sans trop savoir qui c’est, à madame, habituellement râleuse quand son compagnon lui annonce qu’il a trois entraînements sur une semaine, tout le monde veut faire partie de la fête. Du coup, il n’est pas rare de rencontrer des gens qui viennent voir le match « juste pour profiter de l’ambiance et boire un verre. J’en vois même qui discutent du boulot pendant le match et qui se manifestent timidement quand il y a but » , approfondit Bill.

Typiquement belge ?


« Et puis, si je ne connais pas le tempérament des Français, Suisses ou Allemands, il me semble que dès que le Belge a l’occasion de sortir, il le fait. Que ce soit n’importe quoi, il accepte, il aime bien se changer les idées et bouger de chez soi » , analyse Fabrice, membre d’une association qui diffuse les matchs sur la place de Ciney, commune de 10 000 habitants et qui en attirent 2 000 quand la Belgique joue. Car ce n’est pas l’Euro qui fait déplacer les Belges, mais le fait de voir son équipe participer à une compétition internationale. En 2002, lors du dernier grand tournoi avant la Coupe du monde 2014, si l’effervescence n’était pas à ce point prononcée, de nombreux professeurs et patrons laissaient leurs élèves et employés profiter du parcours honnête des Diables rouges en Asie. « Mais la folie des grands écrans n’existait pas spécialement à cette époque, précise Fabrice. Désormais, ça paraît presque inévitable d'en installer… et c’est la plus grande occasion de voir des marques de patriotisme de la part des Belges, vu qu’il y a beaucoup plus de drapeaux arborés que lors de la fête nationale du 21 juillet. »

Le support de Dieu


En ce mois de juin 2016, c’est parfois même sous la fameuse drache belge que des milliers de supporters continuent d’acclamer leur équipe, comme ce fut le cas samedi face à l’Irlande où rares sont les personnes qui ont été se mettre à l'abri sur la place de Ciney alors que le commentateur n'avait de cesse de répéter qu'il faisait beau à Bordeaux. Devant les matchs, le Belge ne se la joue pas (toujours) à l’irlandaise en chantant de la première à la dernière minute, mais il se fait largement entendre quand même... « Évidemment, ça réagit pas mal en fonction du jeu, puis bon, on n’évite pas les cris et la chope qui vole comme du champagne quand il y a but » , place Bill. Peut-être plus qu’un autre, le Belge n’adore pas regarder le foot seul à la maison dans les grandes occasions… donc on lui donne la possibilité de partager ce moment. « On a même mis en place des facilités pour les personnes à mobilité réduite, lance Fabrice. Et il y a même une bonne sœur de 91 ans qui vient assister aux matchs des Diables ! » Convivialité, facilité d’organisation, bonne ambiance, le grand écran est une recette qui marche ces dernières années en Belgique… au point de créer quelques polémiques. Des commerçants ont ainsi pesté parce qu’on diffusait (ou justement pas) le match juste devant chez eux, certaines organisations sont entrées en concurrence pour obtenir le droit de diffusion des matchs, etc. La RTBF avait pourtant annoncé au préalable qu’il ne pouvait « y avoir qu’un seul événement, officiellement soutenu par les autorités communales, par agglomération, ville ou commune » . Bref, ça n’a pas toujours été évident…

« Pas manger de la merde »


Élément important du dispositif de diffusion des matchs : la sécurité. « C’est un peu un mode anti-attentats, illustre Fabrice. On a réduit le plus possible l’espace, les sacs sont fouillés à l’entrée par la police pour empêcher l’accès à tout liquide, pétard ou fumigène. Mais l’ambiance reste bonne et on ne cherche pas à berner le fan : il a suffisamment de place, plusieurs bars sont à disposition et on ne lui fait pas bouffer de la merde, on a sélectionné les produits mis en vente. Le but n'est pas uniquement de gagner de l'argent ou de battre un record d'assistance, mais de vivre un moment de fête ! » Les horaires difficiles des matchs des Belges (deux fois en semaine à 21h) auraient pu éloigner les enfants, mais ces derniers se sont montrés téméraires… « même s’ils repartaient assez vite dès le coup de sifflet final pour leurs examens, glisse Bill. Mais c’était pareil pour la plupart des gens qui travaillaient le lendemain. » Pour les autres, la fête se poursuit quel que soit le résultat : après la défaite contre l’Italie, il a fallu attendre 3h30 du matin pour que les derniers Mohicans du village de Bill se décident à aller dormir. Une formule qui semble séduire en France : ils sont quelques-uns à avoir contacté Natacha pour obtenir les droits de diffusion…



Par Émilien Hofman
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