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La Belgique n°1 mondial, vraiment ?

En cas de victoire face à Israël ce mardi, la Belgique prendra officiellement la 1re place du classement FIFA au mois de novembre. Mais comment les Belges réagissent-ils à cette possibilité d'être « les meilleurs du monde » ?

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« Je ne réalise pas encore. C'est un énorme plaisir et une super récompense pour le travail accompli. » Le 7 octobre dernier, Nizar el Hajjaoui est devenu champion du monde de pizza dessert à Rome. Supporter des Diables rouges, il les a peut-être supplantés de quelques jours en devenant n°1 mondial avant eux. Voisine de la France, de l'Allemagne et des Pays-Bas, la Belgique doit bien souvent laisser sa place à ces nations quand il s'agit de remporter quelque chose. Or, si les Diables rouges gagnent ce mardi soir contre Israël leur dernier match de qualification pour l'Euro 2016, ils se hisseront à la place de meilleure nation du monde selon le classement FIFA. Sauf que, bizarrement, cette situation n'enchante pas plus que ça les sujets du roi Philippe…

« Être n°1, c'est une chose… »


« L'inconscient collectif belge fait qu'on n'est absolument pas habitué à jouer un rôle dans les premières places… et on ne la vise même pas, explique Jean-Michel De Waele, sociologue belge du sport. D'ailleurs, quand on entend les commentaires, on doit être le seul pays où on répète en permanence qu'on va peut-être avoir la première place, mais que surtout ça ne veut rien dire, ça n'a aucun sens. Les Hollandais diraient : "Vous voyez bien qu'on est les meilleurs du monde", les Français diraient : "Grâce à la Révolution Française et à l'histoire, on a toujours été supérieurs à tout le monde"… En Belgique, vu notre histoire et notre identité complexe, on a une vraie difficulté à assumer le fait d'être premiers. » C'est dans cette logique que semble s'inscrire Hans De Clerq, ancien cycliste belge qui a terminé Lanterne rouge du Tour de France 2003. « Je ne sais pas comment les fans peuvent réagir à ce statut de n°1. Cependant, la première place au ranking FIFA, c'est une chose, mais être certain qu'on est vraiment la meilleure équipe en est une autre. Il faudra le prouver au championnat d'Europe. »

Cela semble donc clair : cette première place, les Belges en seront fiers, mais elle va aussi un peu les gêner. En effet, cela fait des années que la Belgique se contente de participer aux compétitions internationales sans embêter personne. Ainsi, en 1986, les Diables rouges reviennent en héros chez eux après avoir été éliminés par l'Argentine de Maradona en demi-finale. Ce fut bien entendu un exploit, mais c'était également comme si imaginer la finale aurait été vu comme de l'arrogance. 28 ans plus tard, au Brésil, les Belges tombent de nouveau contre l'Argentine (en quarts cette fois), mais dans sa mentalité, la Belgique n'a jamais semblé vouloir bousculer les potes de Messi.

Influence sur le jeu


« Chez nos voisins, il y a une volonté en soi d'être le plus fort, il y a une certitude qui n'existe pas du tout en Belgique, relance De Waele. Et cela se reflète fort dans notre jeu qui n'est pas du tout conquérant. Alors qu'on a l'équipe pour jouer de manière très offensive, l'équipe a reçu de nombreuses critiques à la dernière Coupe du monde. » Conséquence : le Royaume se contente de célébrer la qualification pour l'Euro 2016 acquise ce samedi face à… Andorre. « Chez nous, c'est déjà magnifique, tout le monde dit "C'est la première fois qu'on se qualifie pour un Euro depuis 32 ans !" Oui mais bon, tout le monde est qualifié : l'Islande, l'Albanie, etc » , tempère De Waele.

Pour avoir connu la dernière place d'une compétition, Hans De Clerq tente néanmoins de soulever le côté fantastique de ce contexte. « C'est vrai que c'est incroyable de les voir là - et je suis aussi un sportif, donc je sais ce que c'est que d'essayer de devenir le n°1 mondial. Voir une équipe d'un si petit pays atteindre un si haut niveau, c'est une chose absolument incroyable pour le football belge et pour le sport belge en général. »

S'habituer au succès ?


Il y a dix ans, c'est Justine Henin et Kim Clijsters qui recevaient les louanges sportives de tout le peuple belge. « Et avant, c'est en cyclisme que les Belges étaient les meilleurs, on a déjà connu les plus hautes sphères du monde sportif » , précise De Clercq. Mais il est vrai que le pays n'y est pas très habitué. Quoique… « Stromae remporte des succès aux USA, François Englert a reçu le prix Nobel en physique, il y a les Diables rouges… On est petit à petit en train de se dire "Tiens, le succès, c'est pas mal !" Et ça, c'est quelque chose de nouveau » , pense De Waele. Prenant ce point en compte et intégrant également la mentalité de meneur d'hommes de Marc Wilmots, la Belgique peut-elle donc bousculer les habitudes en s'habituant à ce statut de n°1 ?

« Je pense que ça va être une longue histoire parce que l'on a dans notre ADN cette modestie face à la victoire, estime De Waele. Actuellement, les Belges sont par exemple populaires en France où il y a une certaine mode grâce notamment à cette convivialité de l'équipe. Mais comment garder cet esprit carnavalesque en étant dans le même temps sûr de nous ? » Le profil du Belge est-il tout simplement programmé pour rester humble et se contenter d'une bonne place à l'ombre des grandes nations ? Pas pour Nizar el Hajjaoui. « Le niveau de nos joueurs est très élevé, il y a eu beaucoup de travail et ce n'est pas par hasard s'ils sont là. C'est vrai qu'on n'est pas habitués à être premiers, mais on prend notre temps pour bien faire les choses. De mon côté, par exemple, ça s'est fait petit à petit : j'ai d'abord atteint la phase finale, l'année suivante j'ai été classé, puis vainqueur d'une catégorie et finalement champion du monde en octobre. » On sait donc ce que les Diables doivent désormais manger au dessert…


Par Émilien Hofman Propos de Nizar el Hajjaoui en partie tirés de L'Essentiel
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