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«Si il n’y avait pas eu le football, je crois qu’on serait encore tous vierges» Claudio "el Turco" García
FR - Banderoles

La banderole de la honte ?

Olympique de Marseille  

24 novembre 2009
Lors du dernier clasico, un événement est passé inaperçu : une banderole déployée dans le noyau des South Winners (groupe ultra olympien) sur laquelle la mémoire de Julien Quemener était bafouée. Deux ans après la banderole du Stade de France, cette nouvelle affaire ne trouve pourtant aucune caisse de résonance, que ce soit dans les médias ou auprès des pouvoirs publics.

Les South Winners, groupe de vainqueurs de l’Olympique de Marseille, sont des assidus de So Foot. Lors du premier clasico, nous avions ressorti les plus belles proses des deux camps. Force est de constater que les Marseillais étaient dominés dans les débats par leurs homologues parisiens. Depuis vendredi dernier, les SW87 ont fait une entrée fracassante dans les charts. En deux vers –agrémentés d’une rime riche– le groupe filial d’Orange a lancé son venin. “3 ans sans Julien, 3 ans qu’on est bien”. Une vanne dont le destinataire mystère n’est autre que Julien Quemener, tué le 23 novembre 2006 en marge du match de Coupe d’Europe contre Tel-Aviv. Cette banderole met en exergue deux faits très importants. Le premier, la mansuétude dont bénéficie ce groupe dans le “milieu” marseillais et dans la presse nationale en général. Le second, l’incohérence des South Winners au sein du paysage Ultra français.

Les Ultras olympiens ont du retard sur leurs congénères de la capitale. Quand le Kop de Boulogne sort une banderole sur les Ch’tis, la France s’insurge. Les pouvoirs publics se muent en CSI. On renifle, on traque, on débauche et on dissout. Les Boys ne sont plus. La faute à un humour noir (sic). La banderole de la honte comme on l’appelait. Son contenu ? “Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les ch’tis”. Trop, c’est trop. Les médias du pays sont révoltés. Danny Boon violé dans sa fierté. Vendredi soir, quand la banderole mortuaire sort, pas un bruit. Pas un écho dans L’Equipe le lendemain, pas une ligne dans Libération qui avait pourtant titré “Bienvenue chez les cons” en mars 2008. Plusieurs raisons expliquent ce silence. Tout d’abord, Julien Quemener n’est pas Dany Boon et les Ch’tis n’ont rien à avoir avec le climat nauséabond dans lequel le régulier du KOB a perdu la vie. Ensuite, le milieu marseillais a toujours préféré laver le linge sale en famille comme aimait le dire Napoléon. Alors quand les SW tirent à boulets rouges sur la mémoire de Quemener, personne ne s’en émeut. Deux poids, deux mesures ? Pour s’être moqué des ch’tis, les Boys avaient pris perpète. Pour avoir souillé un mort, quel sera le sort des Winners ?

Représentant de la cause Ultra ?

Mais là où le bat blesse, c’est au niveau Ultra. Jeudi 19 novembre, la veille du match, la Coordination Nationale des Ultras (sorte de conglomérat de fait censé défendre les droits des Ultras) avait rendez-vous avec Rama Yade. Pour représenter les Ultras, un représentant bordelais, un toulousain et un membre des Winners. Une réunion constructive si l’on en croit le compte-rendu sur lequel on pouvait lire une envolée lyrique bouleversante : « On parle souvent des Ultras comme d’un "mal" dans le football moderne. Comptez bien sur la C.N.U, avec l’aide de toutes les tribunes populaires françaises, pour défendre les droits d’une jeunesse passionnée qui embellit, quoi qu’on en pense, ce sport, puisqu’elle est la dernière chose de populaire et de sincère qu’il reste au football ». Une embellie que l’on a pu voir le lendemain au Vélodrome.

La question est donc la suivante : comment un groupe, censé représenter les Ultras français, peut-il être crédible après une telle banderole ? La réponse est dans la question. Une CNU qui se désolidarise depuis vendredi de ses représentants de fortune. Hier, les SW pondaient un communiqué. Laconiquement, les Olympiens se justifiaient de la manière suivante : « Notre groupe est un élément moteur dans une démarche collective autour de la reconnaissance du mouvement Ultra, du respect des différents groupes. Dans cette optique, nous prônons au quotidien des valeurs de respect et de tolérance. Nous ne nous reconnaissons donc pas dans la teneur de ce message, sorti dans le virage alors que l’ensemble du groupe était en grève ». Donc, ce n’est pas eux. En 24 heures, les Winners sont donc passés du statut de groupe garant de leur tribune à un noyau de mecs incapables d’expliquer comment une banderole se retrouve en plein milieu de leur bloc. Il n’est pas anodin de rappeler l’importance des Winners dans le paysage marseillais. Pour la faire courte, les patrons du Vélodrome, ce sont eux. Des mecs capables de descendre à 50 dans le bas de leur virage pour balancer des bourre-pifs aux collègues de la Cosa sans que la sécurité ne bouge d’un poil. Costaud. Un fait révélateur. A Marseille, rien ne se fait sans leur consentement. On pensait que la banderole du Stade de France avait fait jurisprudence. C’était se fourrer le doigt dans l’œil. Comment dit-on impunité en marseillais ?

PS : Pour les puristes, le dernier clasico a eu également droit à son lot de petites boutades sur les événements du 25 octobre. Quelques banderoles poétiques comme “Boulevard d’Athènes choquant ? Non, renversant. Gare au chauffard” ou alors la petite leçon de théâtre des Winners (décidément) dans laquelle une voiture en carton venait percuter un Parisien, aussi en carton. L’Histoire retiendra que les MTP ont perdu deux de leurs membres dans la collision entre leur bus et un pont sur l’autoroute. Une tragédie que les Lutèce Falco (groupe parisien) avaient saluée d’un “La vie humaine plus forte que le haine”. CQFD.

Mathieu Faure




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HServietsky   24 novembre 2009 11:08
Alors j'espère que le rédacteur, qui est évidement supporter parisiens, est conscient de ce qu'il écrit parce que là il y a vraiment un souci. Tout d'abord cette banderole n'est l'oeuvre du "groupe" des SW87, mais d'un noyau de gens stupide. Le président des SW87 a d'ailleurs vivement condamné ce qu'il s'est passé dimanche sur le site internet du groupe : http://www.sw87.com/v3/index.php# Ensuite la chute est marrante... Mais pas vraiment objective. Il est facile de retenir le joli message des Lutèces alors qu'un autre message remerciant les pilonnes électriques trônait dans au sein du KOB... Et puis ne trompez pas vos lecteurs, la seule banderole "anti-ch'tis" n'est pas la seule cause de la dissolution d'un groupe du PSG, le raccourci est plus que limite. Voilà j'espère que mon message sera pris en compte parce que ce genre d'article est fait pour attiser la haine et non pas pour transmettre l'information et dire la vérité. M. le rédacteur, prenez soin de ne pas utiliser votre pouvoir d'écriture et de visibilité pour faire passer vos idées, vos messages ou vos revendications. Ce site n'est pas votre tribune ou celle du KOB, à moins que je fasse erreur sur les intentions de Sofoot. J'attend votre réponse avec impatience et je pense qu'une petite correction s'impose...

Seraph   28 novembre 2009 13:19
Les parisiens voudraient-ils absolument voir midi à leur porte ? Force est de constater qu'on se retrouve au milieu d'une cour de récréation de primaire, où un enfant bafoué secoue la manche de son maitre pour gindre sur le fait que le vilain petit marseillais n'a pas reçu la même punition que le pauvre petit parisiens.

Le petit Winners pourra alors très justement répliquer que les parisiens ont une mémoire de poisson rouge. Ils ont ainsi déployé une banderole « Depé, la came c'est plus fort que toi » pour ensuite effectuer un tour de bocal des Princes et tout oublier. Amnésie lacunaire ? Rafraîchissement de mémoire : ce message avait était déployé, à l'époque, par les Tigris (et là c'est qui le vainqueur ?). Eux même unis par des liens très serrés avec les Boys (ironie quand tu nous tiens). Mais là aussi, un tour de bocal et on oublie que les parisiens n'ont certainement pas eu besoin de l'aide des marseillais pour savoir comment se foutre sur la gueule, vidéos pitoyables à l'appui. Les Tigris allant jusqu'à faire appel à une association politique afin de gonfler leurs rangs face aux voyous rasés qui déboulaient au Vélodrome, fut un temps, bras tendu « Bleu, Blanc, Rouge, la France au Français » alors que les SW prônaient des valeurs on ne peut plus « noble » de lutte contre le racisme. Si tu étais un peu plus informé, tu saurais par exemple que si le SW est tout d'orange vêtu, c'est peut être pour se différencier des bombers noirs portés à l'époque par les ‘fachos' du Parc. Mais tu dois avoir une LiveBox Orange chez toi, tu pourras donc vérifier mes dires.

Vais je me faire incendier si je clame que l'affirmation continuelle de soutient au mouvances nasillonnes faites par les Boys (ou autour- peu importe) a largement pesé dans la balance lorsque le gouvernement a décidé de dissoudre les BB85 ? La banderole contre les Ch'tis n'a était que la goutte d'eau qui à fait déborder le vase gouvernementale. Un gouvernement qui avait depuis longtemps ciblé au sein de cette tribune des problèmes d'éloge à un mouvement politique qui a décimé l'Europe entière entre 1939 et 1945 ? Peut on se faire l'avocat du diable ?

Pour ma part, je ne viens pas dire que le SW est vide de tout reproche, loin de là, mais avant de cracher sur un groupe, avant de chercher la paille qui est dans l'œil du Gremlins, regardes, pour commencer, la poutre qui est dans l'œil du bulldog parisiens. Il est toujours plus aisé de se défendre en montrant le degrés de malice du voisin plutôt que de pratiquer l'introspection.

Le SW s'est fendu d'un communiqué afin de protester contre le déploiement de cette banderole. Cohérant ou non, ce communiqué montre une volonté d'apaisement après un acte peu glorieux. Pour ce qui est du déploiement d'autres banderoles, il ne faut pas non plus être puérile. Les Om - Psg ont toujours étaient le théâtre de messages belliqueux et SoFoot en première ligne en a tiré profit dans le cadre d'un article. Les parisiens sont eux même les premiers à bombarder leurs tribunes de messages hostiles lors de nos déplacements en terres franciliennes.

Dans la justice deux poids, deux mesures ? Dans ce cas, Mr le procureur de la république française, imputez à cet article le même motif. Il serait bon de balayer un peu l'entré du Parc avant de vouloir faire briller le parvis du Vélodrome. Surtout quand on se targue d'écrire un article prônant les « valeurs Ultras » dont le but final semble être l'indignation nationale envers les SW, si ce n'est leur dissolution au même titre que les Boys. Il serait bon d'élever le niveau de jeu parce que la fluidité de ce papier ressemble un peu trop à « MouvementUltra.fr , » Sinon quel intérêt de venir lire SoFoot ?

Et au fait, comment dit on mauvaise foi en parisiens ?

Merci.

hawaii   28 novembre 2009 18:38
il y a moins d'un mois, à la veille du match OM-psg (le "grippé"), voilà ce que l'on trouvait sur sofoot.com...(article "om-psg top 10 des banderoles"). c'est signé M.Faure :

"-1 « Depé, la came c'est plus fort que toi » Patrice de Peretti, dit Depé, était une figure du mouvement ultra marseillais. Lorsqu'il décède en 2000, le virage Nord du Stade Vélodrome décide de lui rendre hommage en rebaptisant la tribune à son nom. Les parisiens, à leur manière, décideront d'honorer sa mémoire, en associant deux idées du moment : le slogan de SEGA et les stupéfiants. Un message subliminal sans doute… Note artistique : 5,4 Note technique : 6 (couillu)"

donc non seulement le monsieur ne s'en offusque pas mais en plus se permet d'ironiser sur la mort d'un homme en attribuant une note artistique et technique ("couillu", apparemment)

à lire aussi, du même auteur, salement tendancieux : "on était à l'intifada om-psg"

Phileas Tobb   29 novembre 2009 12:48
Salut

Un peu bizarre comme article.

Cette banderole j' en ai entendu parler la première fois grâce au communiqué des Winners, peu ambigu !

Ma foi, je pense que l' auteur a juste cédé a hype anti OM de la semaine.

La banderole donc, le " et pourquoi on parle des tacles de Makélélé et pas ceux de Brandao ?", " et pourquoi on reporte le match pour Marseille et pas pour Bordeaux ?"...

Mais dommage, car là c' est un sujet sérieux, mais avec un exemple plutôt mal choisi pour moi.

Me fait penser a l' épisode PFG/ Bebel, avec ces derniers qui s' en prennent plein la gueule ( et avec raison ), mais très indulgents ici même avec Loulou Nicollin ( dans le genre " ça suffit avec le politiquement correct"....mouaiff ...)

J' adore le côté " Affreux, sales et méchants" ( de toutes les manières on est plus nombreux ), mais gaffe a ne pas choisir arbitrairement sur qui on tape et qui on défend....crédibilité oblige...

Ceci dit, toujours excellent magazine et très bon articles sur le site (même si ceux de Method me manquent...me semble qu' il n' est plus dans le coin ???)

A+