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La 23e journée vue par Florent Balmont

Il a participé à la rencontre dantesque du week-end, du mois et même de l'année. Le teigneux milieu de terrain lillois Florent Balmont a joué le premier acte de ce Lille – Bordeaux d'anthologie (4-5), et n'a que très peu goûté à la victoire girondine. Paris s'éloigne, Marseille et Lyon se rapprochent. L'objectif pour Florent est clair : se remobiliser et se battre comme des Dogues pour garder cette troisième place à tout prix. Le titre ? Quel titre ?

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Comment ressort-on d'une rencontre comme celle d'hier ?

Bah on ressort déçu ! C'est vrai qu'en ce moment, on est un peu dans le dur. C'est un scénario difficile à avaler parce qu'être menés 4-1 au bout d'une heure de jeu c'est dur. Après, ce qu'on fait de bien, c'est qu'on revient. Le plus compliqué est de reprendre un but dans les arrêts de jeu. Et ça ne nous est pas arrivé souvent de prendre cinq buts à domicile.

Vous avez parlé à Obraniak ?

Oui, on s'est vus après le match, bien sûr, comme c'est un pote. Voilà, sur ce match-là il nous a fait mal. C'est vrai qu'il a marqué deux fois, je suis content pour lui. Nous, on était tous déçus parce qu'on voulait l'emporter. Après c'est comme ça, c'est le football.

Vous ne lui en voulez pas ?

Ah bah nan ! Lui il fait son match, il marque deux buts. Ce sont des aléas, on a aucune raison de lui en vouloir. On était tous contents pour lui. Il rejoue à Bordeaux, il se fait plaisir, c'est bien. Nous, l'essentiel, c'est qu'on voulait gagner ce match. On a eu l'opportunité mais on ne l'a pas saisie. Maintenant il va falloir s'accrocher et reprendre une série positive parce qu'en ce moment, les résultats ne vont pas trop. On va faire en sorte que la dynamique revienne.

Vous avez fait les frais des apports offensifs de Rudi Garcia en seconde mi-temps. Pas trop frustrant de mater la suite du banc ?

Si, un peu. Je suis sorti et on a pris le quatrième but. C'est vrai qu'à 4-1 on sentait un peu d'abattement. Ce qui est bien c'est qu'on a réagi. A 4-2 puis à 4-3 on sentait qu'on pouvait revenir. Quand on revient comme ça, et qu'on prend ce but dans les arrêts de jeu, c'est un scénario qui ne doit pas arriver. On l'avait fait déjà contre Nice (4-4) où on avait mené à chaque fois au score, mais bon. Faut qu'on arrête de prendre autant de buts à domicile. Surtout contre une équipe qui jouait de manière assez défensive en début de rencontre. Au final ils nous mettent cinq buts. Nice en avait mis quatre. Il va falloir resserrer les rangs par rapport à ça. Mais il faut positiver : on est toujours troisièmes, on a un match en retard, qui ne sera pas facile pour autant. Donc voilà, faut pas se mettre le feu, mais faut quand même rectifier et repartir sur une série positive.

Vous pensez que les départs de Rami et Cabaye ont troublé l'équilibre du groupe ?

Les départs ont fait du mal, mais en début de saison on avait quand même des résultats, on était bien. Mais c'est vrai qu'en six mois, il y a eu beaucoup de départs, quelques joueurs se sont exprimés aussi. Maintenant c'est fait, on ne peut pas revenir en arrière, il faut faire avec. On a un bon groupe, des joueurs de qualité. Il faut qu'on arrive à stopper cette spirale négative qui peut nous porter préjudice sur la fin. Un groupe ne se refait pas comme ça. Pour l'instant on a plutôt bien géré, là on est un peu plus dans le dur, toute l'équipe connaît des difficultés... en ce moment on est dedans. Il faut qu'on soit bien regroupés, pas partir chacun de son côté. On a un collectif depuis pas mal d'années, et il faut que ça reste comme ça.

Le départ de Sow vous le vivez comment ? C'était prévu qu'il parte ?

Non non, ce n'était pas prévu. Nous, on a suivi ça dans les journaux. Ça s'est fait plutôt vite. Nolan Roux est arrivé assez rapidement après, donc voilà... Mais on a les joueurs pour faire des belles choses jusqu'à la fin de la saison.

Qu'est-ce qui vous inquiète le plus : voir Paris s'envoler ou Marseille et Lyon se rapprocher ?

On ne peut pas se concentrer sur Paris et Montpellier, parce qu'ils sont loin. Il faut déjà garder cette troisième place qui est importante. Mais pour ça il faut regagner des matchs et refaire des séries. Parce que si on part comme ça, la troisième place va être difficile. Nous on veut la garder, car c'est important pour le club et pour les joueurs. Pour l'instant, on est un peu moins bien. Mais dans le championnat tout peut aller très vite. C'est important qu'on se concentre sur nous.

Rudi Garcia a déclaré en conférence de presse que Lille n'avait pas les moyens de penser au titre. Vous y pensez, vous, dans l'effectif ?

Nous on a jamais trop parlé de titre, même l'année dernière. On prend les matchs les uns après les autres. Pour l'instant, il y a des équipes qui sont devant, qui ne font pas de faux-pas. La saison est encore longue, il peut y avoir des hauts et des bas, c'est jamais facile, ça pourrait arriver à Paris comme à Montpellier. Une saison n'est jamais toute rose, après il faut savoir comment le gérer. Ce qui est dommage, c'est que le dernier match à domicile contre Saint-Étienne était très bon. On avait beaucoup d'allant. A Valenciennes, on a tout de même fait des bonnes choses. Dans le jeu c'était pas mal, après on n'a pas mis les occasions qui auraient pu plier le match. C'est comme ça. Contre Bordeaux on a eu énormément de lacunes pour beaucoup de choses. On va rectifier tout ça dans la semaine pour faire un bon match à Lorient, ça ne va pas être facile. En plus on fait trois déplacements de suite... ça peut être très important.

Vous pronostiquez quoi pour votre prochain match de championnat ?

On va déjà essayer de se rassurer. Parce que si on prend cinq buts à chaque match, ça va être difficile. Essayer de ne pas refaire les mêmes erreurs que contre Bordeaux, être très costauds défensivement, ce sera important. Et après, on peut marquer des buts à tout moment.

Être éliminé des autres compétitions ça peut être considéré comme un avantage en comparaison avec vos concurrents directs ?

Ça je vous le dirai à la fin de saison. On verra. C'est vrai qu'on avait perdu l'habitude de réattaquer des semaines normales. On aura peut-être plus de jus, ce qui sera important sur la durée et sur la fin de saison. Comme l'année dernière, avec l’enchaînement des matchs, la fatigue s'est fait sentir, c'est sûr. Maintenant, on ne va avoir qu'un match par semaine. Ça fera peut-être la diff' sur la fin.

Dans les vestiaires, ça s'était passé comment l'élimination en ligue des champions ?

On a été tous très déçus, parce que je pense qu'on avait les moyens de passer. La qualification se joue sur les deux premiers matchs qu'on doit largement gagner. Comme le premier match à domicile (2-2 contre le CSKA Moscou). Quand on mène 2-0 chez nous, et qu'on se fait revenir au score, pareil à Trabzonspor (1-1)... Mais on a bien réagi. On a un groupe costaud qui sait réagir dans la difficulté. En ce moment on y est, donc il va falloir le montrer.

D'ailleurs ça semble être un mal lillois de s'écrouler en fin de rencontre, comme en ligue des champions ou en championnat...

C'est vrai, il y a des matchs où on prend des buts un peu bêtes... A nous de retrouver de la solidité défensive, ce qui nous a fait défaut sur le dernier match. Et on n'a pas le même groupe que l'année dernière, on a perdu pas mal de joueurs. Ceux qui sont arrivés sont bien intégrés, après, ce ne sont pas les mêmes styles de jeu. Il faut qu'on rectifie rapidement le tir, et que le doute ne s'installe pas.

Vous avez fêté votre 300e match en Ligue 1 contre Saint-Étienne. Quels sont vos objectifs désormais ?

Moi je suis bien à Lille, je suis bien dans ce club-là. Après il me restera un an en fin de saison. Donc j'aurai une grosse réflexion en fin de saison, pour discuter un peu avec tout le monde. En fin de saison, j'aurai le temps de réfléchir, voir ce qu'il peut se passer.

Pour revenir sur la Ligue 1, qui a réalisé la bonne opération du week-end selon vous ?

C'est toujours Montpellier, qui enchaîne les victoires. Ils sont de plus en plus costauds, ils sont bien, ils ne lâchent pas, ils n'ont pas beaucoup de blessés ni de suspendus. Ils sont vraiment en pleine confiance. Paris ne perd pas non plus. La mauvaise opération, elle est pour nous et pour Lyon.

Le but du week-end ?

(Il réfléchit) Euh j'en ai vu quelques-uns... Celui de Caen est pas mal, je dirais celui-là (la frappe de Nabab, ndlr).

Quel a été le fait marquant selon vous ?

Le 5-4 de Lille-Bordeaux. L'année dernière ça avait été de notre côté, cette année c'est allé dans l'autre sens. Pour le public, il y a eu des buts, mais pour nous ça n'a pas été bon.

C'est qui le joueur du week-end ?

Facile. C'est Ludovic Obraniak, y a pas photo. Marquer deux buts... c'est jamais facile de jouer contre son ancien club, peu de temps après être parti en plus.

Un pronostic pour le titre ?

Je dirai quand même Paris. Et nous on reste aux aguets, comme l'année dernière. Bon, l'année dernière on était premiers, mais il y avait du monde aussi. Mais ce n'est jamais facile d'être premiers toute la saison. Ils vont avoir de plus en plus la pression, même s'ils la gèrent bien pour l'instant. Mais comme je dis, la saison est encore longue.

Propos recueillis par Arthur Scherer
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