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  2. // Auxerre/Zénith St-Pétersbourg

L'Yonne ou la Bérézina

Après la défaite pas si catastrophique d'Auxerre à l'aller (0-1), match retour ce soir à l'Abbé-Deschamps. Le Zenit reste favori au regard de sa puissance de feu et de sa volonté de « venir pour gagner » . Reste que la qualif est encore jouable pour Auxerre, grâce à son collectif. Et puis surtout à condition que trois ou quatre individualités brillent encore plus que d'habitude...

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Back in USSR... L'Union Soviétique, toujours. Saint-Pétersbourg, c'est les tsars d'hier et d'aujourd'hui : Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine sont des ardents supporters du Zenit. Et ça aide. Tiens ! Le Zenit a pu zapper le match de championnat de samedi contre le redoutable CSKA Moscou... Faut pas déconner, question prestige, une qualification en Ligue des Champions ça ne se galvaude pas. Pour l'honneur du pays, faire figurer le leader du championnat de Russie dans la vitrine européenne, ça peut aussi aider à faire oublier les incendies estivaux qui ont ravagé les forêts moscovites, pire qu'aux heures les plus sombres du napoléonisme. Du coup, les « zenitiki » (comme on les appelle au pays) ont pu se reposer en ne jouant pas ce week-end pour arriver frais et dispos, c'est dire s'ils ont mis tous les atouts de leur côté. Et puis on rappelle que Gazprom, actionnaire totalitaire du club, a claqué 50 millions d'euros en transferts cette année pour habiller son vieux stade des panneaux UEFA Champions League...

Des Russes au zénith

Quoi d'autre ? Ben, que le Zenit est toujours leader du championnat à mi-parcours, invaincu après 16 journées et avec 9 points d'avance sur le CSKA Moscou. Donc bien parti pour remporter le titre national. Et quoi que un peu diminuée par « la fatigue de certains » (Spalletti dixit), l'équipe est en pleine bourre et son effectif au complet. Changements prévisibles par rapport au match aller : le défenseur axial belge Lombaerts, pas extra, laissera sa place à Meira, ce qui nous fera une belle doublette portugaise Meira-Bruno Alvès. Et puis au milieu droit, l'international bien connu Zirianov ferait son retour. Devant, toujours la redoutable ligne d'attaque Bystrov, Kerzhakov (auteur du but zénitien à l'aller, 1-0), Danny. Au niveau de l'état d'esprit, pas de doutes à avoir : le coach Spalletti ne snobe pas l'AJA et lui reconnaît une valeur propre à faire des dégâts. Du coup, son équipe ne vient pas pour bétonner (même si le Zenit possède la meilleure défense du championnat popov) : « Nous venons pour marquer et gagner » , a donc averti le coach italien. Le pire, c'est qu'ils en ont les moyens. D'après les stats de l'UEFA, la tendance est plutôt favorable aux Russki : 59 % des équipes ayant gagné 1-0 chez elles à l'aller décrochent la qualification. Auxerre est donc bien fichu...

Se souvenir de l'AJA(x)...

Fichu ? Oui, sur le papier. Quand on observe tous les atouts qui penchent vers le Zenit (confiance, effectif au complet, reposé et de qualité). Ceci dit, la pression énorme repose surtout sur les épaules russes, pas bourguignonnes : Gazprom et le pouvoir politique du pays (Poutine & Medvedev), ça fait beaucoup d'attentes « pressantes » . Et comme St-Pétersbourg n'a gagné que 1-0 à l'aller... OK, Auxerre n'a que trois matchs de L1 dans les jambes et que trois petits matchs nuls en ayant encaissé au moins un but à chacune des trois rencontres. Pas évident... Sauf que c'est le match aller qui laisse finalement espérer que tout est encore jouable. Un seul but trop rapidement encaissé (3ème) et une domination pas excessive de l'adversaire de l'Est. Auxerre a bien tenu le choc en se créant des occases intéressantes et a même frappé la barre sur une frappe l'Oliech. Après tout, on ne demande pas à l'AJA de battre impérativement les Russes 2-0 pour passer : 1-0 et tirs au but pourraient faire l'affaire. Ceci dit... hum... Jean Fernandez n'a pas fait effectuer d'entraînement aux tirs au but à ses joueurs: « Par superstition, je ne préfère pas les travailler la veille d'un match... » . Un peu léger, Jeannot, comme préparation pour un match aussi capital et qui peut se révéler « fermé » . On verra bien... Auxerre pourra toujours puiser dans son ADN et se souvenir de son dernier coup d'éclat européen de 2005, contre l'Ajax, en 16èmes de Coupe de l'UEFA. Battus 1-0 à Amsterdam à l'aller, les hommes de Guy Roux avaient renversé la vapeur 3-1 à l'Abbé Deschamps.

Voilà. Faut pas trop rêver, le Zenit part favori. Seul un exploit pourrait faire plier les Russes. C'est quoi un « exploit » auxerrois ? C'est Jelen qui marque enfin de façon décisive (il a ouvert son compteur face à VA ce week-end), c'est Pedretti, très bon ces temps-ci, qui en un match fasse douter sérieusement Lolo Blanc de ne pas l'avoir appelé (Benoît croit encore dur comme fer aux Bleus !), c'est Anthony Le Tallec qui signe enfin son nouveau départ dans sa carrière et dans son nouveau club. Jelen, Pedretti, Le Tallec : la troïka magique qui pourrait renvoyer les Popov dans leur isba. Et puis il faudra un grand Sorin dans les buts. A vous de jouer, les gars !

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J'avais été véxé par ton premier article sur Auxerre et ses bars à pochetrons. Mais là je suis entièrement d'accord avec toi. Sur le papier nous sommes en dessous (comme souvent). Mais l'AJA a prouvé dans le passé qu'elle était capable d'en surprendre plus d'un, grâce à sa solidarité et son esprit de groupe. Ils attaquent ensemble, ils défendent ensemble. L'an dernier elle a fait bonne figure devant les gros clubs français. Et pourquoi pas ce soir ? A fond derrière eux, notre petite ville d'Auxerre, rêve de ne pas entendre qu'une seule fois la musique de la LDC à l'entrée des joueurs. Le stade sera plein, on sera douze contre onze ! Allez Auxerre ! Allez ! Et à la fin du match, en cas de victoire il n'y aura pas que le stade qui sera plein... En bon Bourguignon que nous sommes on saura fêter çà !
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