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L’Umtiti catalan

Contre Manchester City, Samuel Umtiti a encore été l’un des meilleurs de son camp. Comme depuis le début de la saison. Solide, serein et propre, le Français est en train de s’imposer définitivement en charnière centrale. Signe que le grand Barça ne s’est pas trompé en recrutant le Français cet été.

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Aux côtés de Neymar et Rafinha, Samuel Umtiti se marre. Un rire franc et spontané qui fait écho à ceux de ses deux partenaires. Pourtant, ces derniers sont clairement en train de se payer sa tête, au sens propre comme au figuré. Sur son smartphone, Rafinha montre l’objet de leur moquerie : un montage faisant apparaître la tronche du Français avec les cheveux de l’immense Carles Puyol. Assis côte à côte au restaurant pour célébrer le Soulier d'or 2015-2016 reçu par Luis Suárez, les trois nouveaux potes décompressent. Mais si le défenseur central prend aussi bien la vanne, c’est parce qu’elle sous-entend beaucoup de choses. C’est simple : après seulement un peu plus de deux mois de compétition, l’ancien Lyonnais est d’ores et déjà comparé sur le terrain au capitaine emblématique barcelonais aujourd’hui retraité.

Six victoires sur six


24e minute au Camp Nou, mercredi soir. Barcelone mène 1-0, mais Luis Enrique a toutes les raisons d’être amer. Jordi Alba et Gerard Piqué se blessent coup sur coup, obligeant l’entraîneur à aligner une défense bleu-blanc-rouge, Javier Mascherano faisant figure d’intrus. Problème : Lucas Digne, encore un peu tendre, se démarque surtout par une main non sifflée dans la surface de réparation quelques instants après son entrée, alors que Jérémy Mathieu, pas au top de sa forme actuellement, se fait manger par la vitesse adverse et finit par récolter deux jaunes en deux minutes, laissant ses coéquipiers à dix à un quart d'heure du terme.


Heureusement, Umtiti se montre lui à la hauteur de l’événement. Kevin De Bruyne, David Silva ou Sterling en face ? Aucun problème. Intraitable, l’arrière central reste tout en maîtrise, que ce soit à droite ou à gauche de la charnière (quand Piqué est sorti). Positionnement impeccable, excellent au duel et relances propres, le natif de Yaoundé a tout bon. Une surprise ? Pas vraiment pour les fans catalans. Depuis le mois d’août, le titi lyonnais est assez énorme. Le bonhomme n’a pas encore énormément joué en raison de pépins physiques – trois matchs de Liga, deux de C1, un en Coupe, tous en tant que titulaire –, mais aucune copie rendue n’a été décevante. Avoir Umtiti sur le terrain, c’est pour le moment l’assurance de gagner pour Barcelone. Les six matchs auxquels il a participé ont débouché sur un succès. Et quatre d’entre eux sur une clean-sheet. Un début de saison rêvé, quoi.

Le nouveau Puyol


Bien entendu, l’international avait déjà montré beaucoup de choses à Lyon. Mais de là à être aussi facile avec l’un des meilleurs clubs du monde à vingt-deux bougies… « Un jeune qui réussit à s’imposer dans notre équipe professionnelle, quel que soit son âge, c’est qu’il en a eu le talent. Et qu’il y a eu tout un travail de fond bien mené pour provoquer cette réussite-là  » , considère Stéphane Roche, entraîneur de l’équipe réserve de l’OL qui ne paraît pas franchement étonné par la réussite du garçon en Espagne. C’est vrai que malgré ses vingt-deux petits printemps, le défenseur a déjà du vécu.
« On peut dire qu’il avait terminé sa mue et qu’il était prêt à signer au Barça. Même s’il aurait certainement pu encore passer un cap avec nous, et s’épanouir sportivement à Lyon. » Stéphane Roche
131 rencontres de Ligue 1 dont 128 comme titulaire, 24 matchs européens dont 9 de LDC, et surtout quatre sélections avec l’équipe de France dont trois dans un Euro où il a joué finale, demie et quart. Un beau CV, qui porte aussi la marque OL. «  Ici, l’objectif pour les jeunes, c’est de grandir un maximum, note Stéphane Roche, également directeur du centre de formation qu’Umtiti a rejoint en 2002. Grandir, grandir, grandir… sans être forcément attiré par les paillettes et le reste. Jusqu’à un certain moment, où, dans l’ordre des choses, le joueur peut passer au top du top. Samuel Umtiti, c’est un peu ça. On peut dire qu’il avait terminé sa mue et qu’il était prêt à signer au Barça. Même s’il aurait certainement pu encore passer un cap avec nous, et s’épanouir sportivement à Lyon. »



Oui, mais non. Parce que le joueur avait un rêve qui s’appelait justement Barcelone. « Je l’ai rencontré lorsqu’il avait seize ans et on a toujours parlé du Barça tous les deux, témoigne Bruno Génésio, coach de l’équipe première, dans les colonnes de So Foot. J’adore le football espagnol et lui aussi parce qu’il aime le jeu. (…) Je savais que le jour où Barcelone arriverait, on ne pourrait pas l’empêcher de partir. » Ce jour est ainsi arrivé l’été dernier, parce qu’Umtiti a les qualités pour l’exigence de jeu des Blaugrana. Pour preuve, dans une équipe qui a beaucoup plus le ballon que l’OL, le vice-champion d’Europe a gardé le même pourcentage de passes réussies. Là où il a progressé, c’est au niveau de l’agressivité : plus de duels aériens gagnés, mais aussi quelques cartons jaunes évitables. En dépit de ce dernier point, le Barça se dit déjà qu’il ne s’est pas trompé. Dans l'espoir d'en faire son nouveau Puyol ?

Par Florian Cadu Propos recueillis par FC, sauf mention
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