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L'Udinese veut marcher sur Londres

Ce soir, l'Udinese va tenter l'impossible : réaliser un gros coup à l'Emirates, pour essayer de se mettre en bonne posture pour le match retour, dans une semaine, à Udine. Point commun entre les deux formations : elles sont toutes deux orphelines de leur star, Sanchez d'un côté, Fabregas de l'autre.

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Giampaolo Pozzo avait pourtant promis. « L'Udinese ne vendra pas son argenterie de famille » disait le patron frioulan au début du mercato. Quelques semaines plus tard, Zapata signe à Villareal, Inler au Napoli, Cuadrado à Lecce et Alexis Sanchez au Barça. L'équipe se retrouve amputée de ses meilleurs éléments. Peu importe, le président ne se démonte pas. Et tape même du poing sur la table lorsque la presse lui reproche vivement de n'avoir acheté personne malgré les grosses sommes empochées suite à ces ventes. « Chaque année, la même histoire se répète. Durant la période estivale, les organes d'information décrivent un panorama pessimiste autour de l'Udinese, qui est décourageant et non-bénéfique. Aux tifosi, je dis de nous faire confiance. Cela fait 25 ans que l'on gère ce club avec la même philosophie et les résultats sont sous les yeux de tous » martèle-t-il. D'accord. Alors place au concret. En défense, le club frioulan remplace Zapata par le Brésilien Sergio Neuton, 22 ans, en provenance du Gremio Porto Alegre. Au milieu, l'Ivoirien Thierry Doubaï devra être le nouveau Inler. Quant au substitut d'Alexis Sanchez, il semble bien difficile de le voir en la personne du tout jeune Diego Fabbrini, 21 ans. Des arrivées, encore une fois, sous forme de paris. Or, première constation : pour passer l'obstacle Arsenal, il ne faut pas parier. Il faut affirmer.

Un poisson qui fait peur

Au moment du tirage au sort, Francesco Guidolin, l'entraîneur de l'Udinese, aurait bien espérer se retrouver face au Viktoria Plzen ou au Maccabi Haifa. Manque de bol. A l'instar de la France qui se retrouve avec l'Espagne pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2014, l'Udinese pêche le plus gros poisson possible : Arsenal. Un coup du sort du destin, qui décide donc, avant même que la compétition ne commence, que l'un des quatre représentants italiens ou anglais va devoir quitter la scène. Mais le coach des Frioulans ne se démonte pas. L'an dernier, son équipe a battu l'Inter, la Juventus, la Lazio et même le Napoli à deux reprises. Ce n'est donc pas une équipe qui n'a rien gagné depuis six ans qui va l'effrayer. « Arsenal? C'est la seule équipe que j'aurais voulu éviter. Mais peu importe, nous allons donner le maximum, comme nous l'aurions fait contre n'importe quel adversaire. Le fait de jouer contre Arsenal peut aussi nous stimuler doublement » assure-t-il après le tirage au sort.

Quelques jours plus tard, une fois le choc encaissé, il se montre d'autant plus déterminé, en assurant que les Gunners « peuvent être battus à l'Emirates » , à condition « de leur faire peur » . La peur. Un concept repris par le gardien, le grand Handanovic, qui l'an passé a battu le record de pénaltys stoppés en une seule saison. « Je n'ai pas peur d'Arsenal. L'an dernier, en championnat, nous avons toujours bien préparé les matches contre les grandes. Et puis, dans le sport, il faut toujours être optimiste » affirme-t-il. Oui, l'Udinese se rend donc bien à Londres avec l'intention de marquer des buts et, éventuellement, de gagner. De toutes façons, jouer le 0-0, Guidolin ne sait pas le faire.

Une saison en 180 minutes

Pour le moment, les matches amicaux confortent Guidolin dans l'idée que son équipe peut fonctionner même sans les protagonistes de l'an dernier. Hormis la défaite face à Nice, les Frioulans ont remporté tous leurs matches : face à Bordeaux, Marseille et les amateurs de Tamai. Pourtant, impossible de nier que la formation est encore expérimentale. Et c'est bien là le problème de la politique menée par l'Udinese. Trouver des pépites, les faire exploser, et les revendre à prix d'or. Une politique lucrative, certes, qui peut apporter d'excellents résultats, mais qui a aussi ses défauts. Par exemple, la saison passée, la machine a mis du temps à se mettre en marche, et l'Udinese a perdu les 5 premiers matches de championnat, prenant déjà un retard énorme. Heureusement, la formation peut compter sur quelques cadres pour tenir la baraque.


Parmi eux, Toto Di Natale, deux fois meilleur buteur de Serie A, motivé comme jamais par cette expérience en C1. « C'est certainement la dernière fois que je vais disputer cette compétition, alors je ne veux pas la laisser filer » déclare-t-il, entre réalisme et enthousiasme. Dans les anciens, il y a aussi Gianpiero Pinzi, au club depuis 2000. « Cela va être un match de souffrance, dans le sens où il va falloir courir énormément. Néanmoins, nous sommes au taquet, car c'est le genre de matches dont on rêve lorsque l'on est gosse » affirme-t-il quelques heures avant de monter dans l'avion, direction Londres. Un voyage auquel ne prendront pas part Floro Flores et Domizzi, tous deux blessés. Peu importe. Arsenal, après le départ de Fabregas, est vulnérable, et Guidolin le sait. Lui a déjà ses certitudes. Il sait où frapper. Et il sait aussi qu'il y aura un match retour, dans une semaine, dans un stadio Friuli qui a déjà fait le plein. Car le public n'est pas dupe : c'est tout le travail d'une saison qui se matérialise lors des 180 prochaines minutes. Interdiction de passer à côté. Gunners ou pas.

Eric Maggiori

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