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L’OM, le pire ennemi du Dogue ?

Ce soir (21h), le Vélodrome va se faire tout beau pour le choc de la journée entre les deux derniers champions de France. Marseille est redevenue l’équipe la plus performante du Championnat depuis deux mois. Mais Lille en demeure la valeur la plus sûre. Alors ?

Didier Deschamps est un tacticien hors pair. Sur le pré, sur le banc comme en dehors. Et on ne reviendra pas ici sur son bras de fer gagné de main de maître il y a quelques mois en coulisses avec José Anigo. Non, c’est plutôt au détour d’une phrase anodine, a priori sans rapport avec le choc de ce dimanche soir entre Marseille et Lille (21h), que là encore l’entraîneur olympien a encore bien cadré l’avant-match : « Aujourd’hui, il y a Paris et les autres » . On pourrait croire à une simple joute à distance avec l’ennemi de la capitale, ce fameux jeu sur qui refilera la pression à l’autre. C’est possible mais l’autre hypothèse mène à son adversaire du jour. Sous couvert de faire mousser le PSG, Deschamps a soigneusement rangé tous les autres sous la même bannière. Oui, selon le champion du monde 1998 et d’Europe 2000, l’OM boxe toujours dans la même catégorie que le Losc. Damned ! On parle pourtant de l’équipe auteure du doublé l’an passé, au nez et à la barbe des Phocéens. Un club nordiste qui naviguait dans une galaxie far far away des Marseillais en début de saison quand Mandanda et les siens s’amusaient à empiler les cagades comme un Jenga pour savoir à quel moment tout allait s’écrouler. Mais l’édifice a tenu bon, quasi miraculeusement, malgré un Diarra sans âge, un Lucho porté disparu, les épisodes diétético-capricieux de Gignac et le blues d’un Petit Vélo laissé sur le bord du terrain la plupart du temps. Mais avec une série de sept victoires sur les dix dernières journées (pour une seule défaite à Montpellier), l’OM est revenu en boulet de canon aux prémices de l’hiver, avant même les bonnes résolutions de début d’année. Par la grâce d’un axe défensif d’une rare densité athlétique (Diawara-Nkoulou-Diarra-Mbia), comme on pose un écriteau « On ne passe pas » . Par la grâce d’un ensemble qui se met au diapason des exigences dans le combat édictés par la Dèche (cf Amalfitano, rageux au possible désormais). Par la grâce enfin de quelques buts venus d’ailleurs de Valbuena, en sus de l’impeccable régularité de Rémy. Suffisant pour se permettre de faire revenir Brandao malgré la mauvaise presse (quel manque de classe quand même de la part du club), suffisant pour briser les reins des seconds couteaux et d’un Paris en goguette qui n’avait rien compris au film. Mais face à la référence collective de Ligue 1… ?

Des Dogues qui ronronnent : pas banal


Une référence oui, mais une référence qui tangue un peu sous les incohérences, les paradoxes. D’une manière purement arithmétique, Lille est en avance sur la saison passée puisqu’il compte une unité en plus. Simplement, l’an passé cela suffisait à faire de lui un fringuant leader. Surtout, la saison dernière, cette comptabilité avait traduit une supériorité et une qualité dans le jeu qui semblent moins nettes actuellement. Evidemment, le Losc, en même temps qu’il conquiert les cœurs (club nordiste préféré cette saison, devant Lens), est aussi plus attendu, mieux lu, même si certains points abandonnés lors du premier semestre ont souvent été le fruit d’une incroyable malchance. D’autant que, on le rappelle pour la millième fois, Hazard et ses potes ont davantage de mal à percer les murailles adverses sans la percussion de Cabaye et cette machine à dévisser nommée Gervinho. Pas une coïncidence si Moussa Sow marque nettement moins (six buts seulement), au-delà de ses propres difficultés à confirmer son statut de meilleur buteur de la saison passée. Et ce n’est pas ce soir que les Lillois sont les mieux armés pour retrouver un élan créatif, privés de Sow (CAN), De Melo (blessé, what else ?) et Obraniak (las de squatter le banc et envolé vers Bordeaux). Oui, quand votre seul attaquant de pointe s’appelle Jelen, la vérité est probablement à chercher ailleurs. Chez Hazard et Cole bien entendu. Mais surtout dans une vertu assez nouvelle dans le Nord : la défense. Avec le deuxième bilan du Championnat (19 pions encaissés derrière les 18 du PSG), Rudi Garcia, sans faire de bruit, déplace les forces naturelles de son équipe. Car comme l’an passé, c’est au milieu que les Dogues continuent de faire la loi. Mais là où sur la route du doublé, cet entrejeu fascinait par sa faculté à se projeter vers l’avant, cette saison Balmont&Co opèrent tout en contrôle, parfois trop, à l’image du quart de finale perdu cette semaine face à Lyon (1-2) pourtant réduit à dix et mené au score. « On a trop ronronné » a même convenu Garcia, regrettant la trop grande latéralité dans les mouvements. Pourtant, au niveau des automatismes, Lille reste encore ce qui se fait de mieux dans l’Hexagone. Reste à savoir si cette combinaison vitesse-circulation de balle sans équivalent actuellement en L1 pourra tenir face à la puissance et la verticalité de l’OM. L’an passé, c’est au Vélodrome que Lille était venu assommer son rival dans la conquête de l’Hexagoal (2-1). Et Marseille n’a rien oublié…

Par Dave Appadoo
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