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L'OM largue Paris

Au terme d'un match de belle facture, Marseille devient le nouveau dauphin de Lille, soit sa meilleure place au classement depuis novembre. Un Paris faiblard offensivement laisse sans doute ses espoirs de titre s'échapper au Vélodrome.

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En voilà un joli Clasico, appelez-le comme vous voulez. Cela avait pourtant mal commencé. Le chauffeur du bus des Parisiens manquait en direct son virage à l'arrivée au Vélodrome et on découvrait qu'un arbitre-assistant, Alexandre Viala en l'occurence, avait des airs de Jason Biggs, acteur du chef d'oeuvre American Pie. Sur le terrain, les deux coaches alignaient tous deux un 4231, avec Valbuena en meneur offensif axial et Gignac en pointe côté marseillais et Bodmer en playmaker et Hoarau aux avants-postes côté parisien. D'entrée, Marseille imprime le rythme et Paris, qui, selon les dires de Kombouaré voulait « s'installer rapidement dans le camp adverse » , reste planté dans sa moitié. Valbuena gigote bien dans l'entrejeu, et Marseille maîtrise techniquement le début de rencontre. Paris s'en remet à la seule vigilance de Sakho en défense, qui repousse toute miette de ballons dangereux, et à la finesse d'un Clément Chantôme au poil. Mais Paris subit et va se faire logiquement sanctionner. Valbuena se prend un petit taquet par Jallet aux vingt mètres, plonge comme s'il venait de subir un attentat et Heinze ouvre le score en enroulant bien le cuir sur la gauche d'un mur étrangement placé devant un Coupet immobile (15'). Logique à la vue de ce premier quart d'heure.

Paris va réagir petit à petit, mettant un peu plus de précisions dans ses transmissions et alignant un peu plus de deux passes consécutives, sans pour autant être clairement menaçant. Leur salut viendra d'une cruelle erreur de placement de M'Bia, alors que la défense marseillaise opérait une remontée. Jallet alerte Nêné à l'opposé, pleine surface côté gauche. L'enchaînement du Brésilien est propre, contrôle poitrine-frappe enchaînée. Mandanda est dans un premier temps sauvé par son poteau, mais Chantôme récupère le rebond et égalise, une juste récompense pour le meilleur Parisien de cette rencontre (27'). L'OM paraît sonné et Gignac fait n'importe quoi (volée en tribunes, centre en tribune, percussion quand la passe est préférable, aucun impact aérien ou dans la profondeur face à Sakho et Armand) et Paris reprend confiance. Pourtant, les hommes de Kombouaré se feront surprendre avant le repos. Dédé Gignac s'excentre sur la gauche, remercie un Tiéné peu pressant et fait son premier bon choix de la rencontre, en centrant parfaitement dans la boîte. Ayew prend le dessus sur Jallet et pique sa tête pour redonner l'avantage aux Phocéens (35'). Coupet n'a toujours pas fait un arrêt mais a déjà rencontré deux fois l'intérieur de ses filets. L'OM se fait néanmoins peur sur une mauvaise relance de Diawara, interceptée par Nêné, qui préfère une balle piquée seul face à Mandanda alors que Bodmer et Hoarau attendaient la passe dé (39').

En seconde période, le PSG va naturellement augmenter un peu le rythme et Marseille ne sait plus trop par quel bout prendre la rencontre : aller planter un troisième ou conserver cette maigre avance. Ayew tentera bien une perforation dans la défense parisienne mais Coupet teste ses gants, enfin (48'). Paris prend alors techniquement le contrôle de la partie, les défenseurs latéraux, Tiéné et Jallet apportent le surnombre offensif, et le PSG voit enfin un peu plus à quoi ressemble la surface marseillaise. Mais Heinze veille sur les ballons aériens et Mandanda détournera du pied une tentative excentrée d'Hoarau (57'). Marseille a clairement un problème : il n'arrive plus à sortir correctement de sa moitié de terrain, subissant le pressing légitime des Parisiens. En gros, l'OM n'a qu'une seule balle à se mettre sous la dent. Gignac gratte un bon ballon dans les 25 mètres de Paname, mais préfère frapper plutôt que de lucidement donner à deux de ses coéquipiers à l'entrée de la surface, Rémy et Ayew en l'occurence (67'). Tout ça ne plaît pas à la Dèche, qui rappelle Gignac et Valbuena, un peu cramé physiquement, sur le banc. Lucho et Abriel viennent garnir l'entrejeu marseillais avec une mission assez simple : une meilleure utilisation des ballons de récupération, des ballons de contres, avec en point de mire l'espoir de caler un troisième but à Coupet. Lucho n'en sera pas très loin à la 79è, mais frappe au-dessus. Rémy repositionné avant-centre manque lui-aussi le cadre aux vingt mètres (80').

Paris aura donc dominé territorialement et techniquement les quarante-cinq dernières minutes mais n'aura jamais pu se montrer dangereux, à l'image d'un Hoarau très emprunté, d'un Nêné discret et d'un Bodmer quasi-invisible. Les entrées en jeu d' Erding, Bahebeck et Clément n'y changeront rien. Paris est véritablement le premier lâché dans la course au titre, à dix points des Lillois et pour une fois depuis un bon bout de temps, ce Clasico aura eu une réelle influence pour les deux équipes mais à l'avantage de Marseille, sur le haut de tableau de Ligue 1. Peut-être pour ça d'ailleurs qu'il n'était pas si mal...



Ronan Boscher

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