L'OM enfin pile-poil en C1 ?

Chelsea est favori. Point barre. Reste que l'OM a des atouts et quelques certitudes pour ramener de Stamford Bridge, un bon, voire un très bon résultat. A moins que Marseille fasse du Marseille comme trop souvent en Ligue des Champions, avec désillusions et déception au bout. Alors ?... Déclic ce soir ?

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Pas de panique ! Une défaite face à Chelsea ne condamnerait pas définitivement l'Olympique pour la qualif en 8èmes même si les Spartakistes battent Zilina et se chopent un +6 points contre un zéro pointé pour l'OM. Il restera encore quatre matchs pour passer. Le Spartak reçoit le Zilina à 18h30, on sera donc fixés avant le rendez-vous londonien. On le répète encore une fois : Marseille peut faire un résultat à Moscou, faire le plein contre les Slovaques (avec deux victoires souhaitables), puis enfin recevoir des Blues, sûrement déjà qualifiés (et démobilisés ?) en dernier match... Mais outre les considérations purement comptables, ce sont tout simplement les qualités du groupe olympien qui autorisent un scénario européen optimiste.

L'OM n'a rien à perdre !

Marseille est au complet, et pas Chelsea. Au complet, ça veut dire que l'axe défensif Mbia-Diawara, reconstitué contre Sochaux, sera présent à Londres. Avec Cissé devant eux deux, c'est une très bonne assurance. Mais gare aussi à la confiance aveugle ! Diawara revient de blessure et contre Sochaux, il y a eu des trous d'air dans l'axe, avec un but encaissé et quelques échappées heureusement enrayées par la vitesse d'Azpilicueta et les tacles glissés de Soulé... C'était contre Sochaux. Ce soir, c'est autre chose, avec notamment un jeu aérien plus méchant côté Blues (Terry, Alex, Ivanovic, voire Anelka). Sur les côtés, Azpi et Heinze (a priori préféré à Taïwo) devront aussi surveiller des bolides comme Malouda, secondé par le très offensif Ashley Cole, à gauche, et à droite également où l'on ignore si ce sera Kakuta ou Sturridge qui sera titularisé. Dernières incertitudes, côté marseillais : au milieu, ce sera Cheyrou ou Kaboré à gauche, et devant, grosse concurrence couloir droit entre Rémy et Valbuena, et en pointe Gignac ou Brandao. C'est ça, l'OM “au complet” : tout le monde est là et la concurrence-émulation ne peut que tirer le groupe vers le haut. Les places sont chères et certains devront marquer des points, n'est-ce pas Cheyrou ?

OK... Mais aller à Chelsea pour quoi faire ? Ben pour gagner, pardi ! Deschamps a annoncé la couleur : « Je veux que les joueurs entrent sur la pelouse avec l'intention de leur créer des problèmes. On peut peut-être faire mieux qu'un nul, mais ce serait déjà un bon résultat. La meilleure façon de l'obtenir, c'est d'attaquer » . Encore une couche : « Il faudra éviter les erreurs et faire preuve d'une grande efficacité offensive pour espérer un résultat » . Deux mots comme « attaquer » et « efficacité offensive » : on aime ce vocabulaire... A mille lieux de la sortie touristique bordelaise d'il y a deux ans, avec un 4-0 dans la musette. DD a raison d'être ambitieux. Ses certitudes reposent sur le contenu des derniers matchs qui ont vu une montée en puissance régulière, même en dépit de la défaite à dom contre le Spartak. Marseille joue bien et impose régulièrement ses temps forts à l'adversaire. Il n'y a pas de raisons que les Phocéens n'aient pas d'occasions et qu'ils n'enrayent pas la mécanique d'Ancelotti. Outre le pressing de Gignac ou de Brandao pouvant gêner la relance de l'axe Terry-Alex, le jeu subtil de Lucho tout en petites touches et la vitesse d'Ayew, Rémy ou Valbena peuvent faire du grabuge dans une défense un peu lourde et souvent désertée sur le côtés (voir les montées pas toujours bien couvertes de Ashley Cole...). Évidemment, pas question de charger sabre au clair : en foot, comme en rugby, jouer les Anglais, c'est répondre au défi physique, gagner des duels, resserrer les lignes pour ne pas laisser d'espaces et boucher les couloirs. Mais, bon... Marseille sait faire : c'est comme ça qu'ils ont été champions de France. Reste plus qu'à le réaliser au niveau européen...

Chelsea, bête blessée ?

On le redit, Chelsea est favori. Question de statut (les Blues sont actuellement N°1 en Angleterre) et résultat d'immenses frustrations : Chelsea court sérieusement après la C1 depuis l'arrivée d'Abramovitch. C'est même pour ça qu'Ancelotti a été recruté. C'est l'année ou jamais pour toute la génération Lampard-Drogba-Terry-Cech, etc. D'où l'habitude quasi obligée des Blues de vite boucler la qualif pour les 8èmes... Donc Chelsea va mettre évidemment une grosse pression sur l'OM. Problème : Chelsea sort de deux défaites. Un “Chelsea B” a perdu à dom mercredi dernier contre Newcastle en League Cup (3-4) et le “Chelsea normal” s'est “logiquement” incliné à Manchester City, saturday afternoon (0-1). A ce propos, les Citizens ont parfaitement su prendre les Blues en blindant les couloirs, en densifiant au milieu pour réduire les espaces, en restant costauds dans les duels et surtout en jouant en première intention devant. D'où le but de Tevez, bien lancé instantanément dans le dos des défenseurs par Yaya Touré dès la récup du ballon sur Ramires... Un Lucho ou un Cissé savent lancer un Rémy, un Valbuena ou un Gignac, non ?

L'autre paramètre défavorable pour Chelsea, ce sont bien sûr les absences de poids. Super Drogba purge son dernier match de suspension. Et puis Lampard, Benayoun et Kalou sont blessés... Voilà qui réduit la puissance de feu des Londoniens. Reste que Ancelotti aligne quand même du lourd. Devant, Malouda est toujours aussi irrésistible, on ne développe pas. Anelka en 9 n'est jamais aussi efficace et dangereux que quand Drogba n'est pas là (21 buts quand Didier est là, 27 pions quand l'Ivoirien est en pointe du 4-3-3...) A droite, on pourrait voir le Français Kakuta débuter la partie. Intéressant à observer le petit jeune de 19 ans prendre du galon en C1. A moins que l'autre jeune et tonique Anglais (21 ans), Sturridge, ne lui soit préféré. Au milieu, Chelsea récupère un Essien qui retrouve petit à petit son niveau d'ultra compétiteur et un Obi Mikel qui a fait son trou devant la défense. A gauche, Ramires semble être un peu le maillon faible du midfield londonien. En défense, on l'a dit : costaud et expérimenté avec la paire axiale Alex-Terry. Mais une certaine lourdeur, un manque de vitesse chez Ivanovic et un replacement parfois en retard de la flèche Ashley Cole. Ceci dit, Chelsea reste la machine de guerre habituelle qui impose son jeu, sa force et son occupation étouffante du terrain. L'intensité de tous les instants dans le jeu en fait une équipe redoutable jusque dans les derniers instants de la partie. Attention à l'OM de se réjouir trop vite d'un éventuel 0-0 alors qu'il reste 5 à 10 minutes de jeu...

Le timing fait qu'il vaut mieux jouer maintenant un Chelsea “diminué” et stoppé à Man City dans son rush inouï en Premier League (21 buts pour, 2 contre, le tout en 6 matchs). L'OM a un bon coup à jouer. Et plus généralement, ce Chelsea-Marseille est un excellent test pour le foot français de club : le champion de France contre le champion d'Angleterre, ça sera forcément une opposition riche en enseignements. Où en est Marseille ? Que valent les clubs français ? Au moment où le foot français doute et s'appauvrit en argent et en talents, on suivra le dénouement de ce soir avec intérêt. Et plaisir ?...

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Tous les ans c'est la même chanson avec les carquefoufounettes, et tous les ans on nous ressort les mêmes analyses périmées sur les chances des phocéens en C1, change de disque Chéryl...
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