L'OM en reconquête

Ce dimanche soir (21h), Monaco reçoit Marseille pour un match des extrêmes entre des Azuréens en fight pour leur survie et des Phocéens dans la course au titre. Une affiche moche en apparence. Mais en apparence seulement.

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Franchement, difficile de déterminer où c'est le plus le bordel. Car chacun des duettistes de dimanche soir connaît son lot de folklore notamment dans le secteur de leurs attaques respectives. Dans le coin gauche, culotte rouge, l'AS Monaco qui vient de rapatrier l'inénarrable Maazou, quelques mois seulement après l'avoir cédé à Bordeaux, et le dénommé Welcome, un Hondurien qui selon Laurent Banide lui-même « doit encore travailler techniquement » . Du lourd donc. Dans le coin droit, culotte bleue, l'Olympique de Marseille, son “petit Vélo” cassé pour quelques semaines, son Brandao qui balance sans rire avoir la « Seleçao dans un coin de la tête » et son Dassier qui fait des vannes que personne ne comprend sur une possible arrivée de Benzema. Là encore, la pesée d'âneries est prometteuse. Heureusement, d'une certaine manière car sur le terrain, il ne faut pas se raconter de fable, l'histoire risque d'être d'une grande tristesse.

L'OM joue mal : inquiétant... pour les autres !

Car faut-il encore espérer du spectacle de la part de l'OM ? C'est une certitude, l'escouade de Didier Deschamps n'a pas été façonnée pour régaler la chique. L'an passé, les Phocéens avaient figuré un champion de France tout en robustesse et en solidité. Cette saison, l'indice de spectacle est encore plus bas, avec seulement la sixième attaque du Championnat (vingt-neuf pions), loin, très loin de la mitraillette lilloise (trente-neuf réalisations). L'explication paraît facile, entre un Gignac qui a mis des plombes avant de retrouver une partie de son potentiel physique, un Rémy en perdition et un Brandao qui sera toujours capable de rater un éléphant dans un couloir. Sauf que l'hypothèse est trop simpliste. En effet, si encore les attaquants marseillais, tant critiqués, avaient à chaque match vendangé l'immanquable, la piste des avants défaillants tiendrait lieu de vérité. Simplement, on n'a pas le souvenir de nombreux matches riches en occases proprement bazardées. Non, si l'OM galère autant à trouver les filets, c'est surtout parce qu'il rame dans le jeu. Une preuve ? La discrétion toute proche de la contre-performance de Lucho Gonzalez durant la phase aller, malgré des stats presque flatteuses au regard de sa production réelle (cinq buts et quatre passes décisives). Heureusement, derrière, muscles blindés, défense de serrurier et injures de charretiers, ça tient la baraque (dix-huit buts encaissés, deuxième bilan de L1 derrière Rennes), même si Taiwo joue sa boudeuse (après avoir appris qu'il serait sur le banc en Principauté). N'empêche, ce Marseille laborieux, qualifié pour la finale de la Coupe de la Ligue, est encore dans la course au titre, malgré ses failles. Et à la place de la concurrence, on se ferait du mouron, si l'on se souvient de la faculté de cette formation à monter en régime en seconde partie de saison depuis maintenant trois ans.

Diarra : welcome back !

Évidemment, si Marseille se creuse les méninges pour savoir comment ne pas se faire décrocher de la tête, Monaco, lui, gamberge sur le moyen de ne pas s'abonner d'office pour la Ligue 2. Dix-neuvième de L1, mais en fait bonne dernière si l'on considère qu'en fait Arles-Avignon est leader de Ligue 2, l'ASM continue son joyeux n'importe quoi qui dure depuis désormais plus de cinq ans. En bref, une gestion ubuesque de ses entraîneurs avec un Lacombe sauvé de son ultimatum juste avant la trêve pour un but dans les arrêts de jeu face à Sochaux avant d'être éjecté dès la reprise pour une élimination en Coupe de France au profit de Laurent Banide qui avait été dégagé du Rocher il y a quatre ans. Du grand guignol qui fait finalement ton sur ton avec la politique de recrutement où nombre de joueurs vont et viennent sans que personne ne sache exactement de quel projet ils font partie, témoin l'indépassable Moussa Maazou, parti l'été dernier en Gironde avant d'envoyer tout le monde se faire foutre et revenir à Monaco, tranquillisé par son contrat avec le... CSKA Moscou. Là encore, un vrai gage d'investissement du joueur envers le club du Prince Albert. Alors dans cet océan de misère, on notera quand même la venue de Mahamadou Diarra, porté disparu au Real depuis plus de trois saisons. Là encore, on devrait se marrer... mais on ne le fera pas. Car c'est peut-être la bonne nouvelle monégasque du moment. Certes le Malien est sans doute loin de ce qu'il fut, encore que les rares fois où, ces dernières années, il eut sa chance (en coupe notamment), Diarra fut bon sous la tunique blanche. Mais dans un groupe où Ettori déplorait il y a quelques semaines l'absence de cadres, l'ex-Lyonnais, qui a toujours été un élément charismatique et écouté du vestiaire, peut être celui-là. Quatre titres de champion de France et deux Liga, voilà qui devrait passer l'envie au groupe de ne pas écouter Djila.

Et finalement, avec un guide performant, Monaco a finalement pas si mauvaise allure entre les Ruffier, Bonnart, Adriano, Puygrenier, Coutadeur, Park et cie, chose qu'on avait finie par oublier au gré des contre-performances du premier semestre. Alors, on se dit que l'affaire n'est pas dans la poche pour Marseille à Louis II. Et du coup, on se dit qu'on a peut-être eu tort de penser que ce match n'avait aucun autre intérêt que comptable. De quoi peut-être même supporter un peu de rab de Pierre Ménès même.

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"Une affiche moche en apparence. Mais en apparence seulement."

ah si ! j'affirme au contraire que c'était très moche !
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