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L'OL, le fossoyeur de Monaco

Anesthésiée par son glorieux passé européen, l'AS Monaco passe la saison 2010-2011 comme un club en totale perdition. Symbole de sa saison manquée, sa rencontre face à l'Olympique lyonnais pour le maintien en Ligue 1 reste l'une des pages les plus douloureuses du Rocher. Récit d'un fiasco vécu bien loin des paillettes.

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Ça y est, le dénouement de la 93e Coupe de France vient de tomber : le Paris Saint-Germain remporte pour la huitième fois de son histoire le prestigieux trophée, grâce à la caboche de Guillaume Hoarau dans la prolongation. Pour le finaliste, l'AS Monaco, cette défaite sonne comme une énième page prête à se tourner. Meilleur buteur et co-meilleur passeur du championnat en 2009-2010, Nene s'apprête à quitter le Rocher pour s'engager avec son bourreau du soir. Sur le banc, Guy Lacombe fait la grimace. Malgré la saison correcte de son équipe, il faudra faire sans l'Europe et ambitionner dès août prochain une qualification européenne pour redonner ses lettres de noblesse à l'ASM. Ce que le moustachu ne sait pas encore, c'est que son équipe s'apprête à morfler salement au prochain exercice.

Recrues tardives, gestion calamiteuse


Titulaire lors de la finale en charnière centrale, Sébastien Puygrenier veut participer activement à la réussite du club princier. Cependant, le défenseur aux allures de Monsieur Propre constate assez vite que la stabilité de l'équipe va être perturbée. « Cette saison, c'est dans la préparation estivale qu'elle s'est jouée, explique l'actuel capitaine de l'AJ Auxerre. Le départ de Nene a changé les choses, mais il y avait aussi Diego Pérez, François Modesto… À l'inverse, on récupère Hansson de Rennes et il prend la place du petit Mongongu, avec qui j'avais joué toute la saison précédente. Mes repères défensifs de l'an passé avait disparu. On avait changé la moitié de l'équipe. Ce n'est pas hyper simple de trouver des automatismes dans des cas comme ça. » Symptôme du retard monégasque dans le recrutement, Laurent Bonnart arrive au courant du mois de septembre pour prendre le gouvernail d'un club qui cherche encore ses marques. « L'objectif du club quand j'arrive, c'est de décrocher l'Europe, explique l'ancien Marseillais. Nous avions recruté à l'intersaison, et le standing de l'AS Monaco exigeait d'avoir une certaine ambition. Bizarrement, je joue au moment où on commence à enchaîner les mauvais résultats. C'était peut-être moi, le chat noir... » Malédiction ou pas, les hommes de Lacombe commencent à sérieusement battre de l'aile en enchaînant sept journées consécutives sans la moindre victoire. Juste avant la trêve hivernale pourtant, Monaco s'impose contre Sochaux à Louis-II, ce qui lui permet de s'extirper de la zone de relégation avant de déguster la dinde pour Noël. « On savait que ça ne sentait pas bon pour le coach, avoue Puygrenier. La direction lui avait posé un ultimatum juste avant le match contre Paris, puis finalement, on enchaîne match nul et victoire contre Sochaux. On pensait pouvoir s'en sortir ensemble… »

Malheureusement, Monaco est bel et bien malade. Sa défaite surprise contre Chambéry en Coupe de France dès la reprise éjecte Lacombe du fauteuil d'entraîneur, Laurent Banide vient à la rescousse. « C'était vraiment la mauvaise saison pour jouer le maintien, analyse Bonnart. Il fallait 46 points, alors que la plupart du temps on se sauve avec 42. Quand Banide est arrivé, il cherchait avant tout à travailler psychologiquement avec nous, parce que la défaite devenait une fatalité. Quand tu es dans cet état d'esprit, la Ligue 1 ne t'attend pas : tu perds des points et la pression s'accentue. » L'électrochoc du changement d'entraîneur n'arrive pas, et pour cause, certains joueurs ne se sentent plus concernés. Puygrenier raconte : « Il y avait beaucoup de joueurs en fin de contrat cette année-là, des prêts, des retours de prêts... Quand les résultats commençaient à ne pas être bons, beaucoup de monde a fait sa vie dans son coin. À cause de ces histoires de carrière, l'ambiance avait changé d'une année à l'autre. Chacun jouait pour sa gueule. » Pas la meilleure des manières de se sortir d'une convalescence.

La peur, puis la chute


Pourtant, l'AS Monaco pense sortir de ce pétrin à l'avant-dernière journée. Vainqueurs à Montpellier, Bonnart et consorts ont le sourire en sortant de La Mosson. Pas de pot, Monaco reste toujours en zone rouge, ses concurrents au maintien arrachant tous des points pour ne pas se retrouver dans la position du chasseur. Tout le contraire de Lyon : avec un piètre 0-0 obtenu contre Caen à Gerland, Claude Puel va jouer sa qualification en Ligue des champions au stade Louis-II. Et autant dire que la pression, les Gones l'avaient aussi. Sur le banc lors de la rencontre, Lamine Gassama était aux premières loges. « On sentait le mal-être du coach avec les supporters et ça jouait sur nos performances. On n'avait pas su assurer la qualification avant, mais on était tous reconnaissant de son travail. » Du côté des locaux, la pression est tout autre. « On ressentait plus une pression parce qu'on représentait Monaco, se remémore Puygrenier. Ce match, c'était un peu "à la vie à la mort". Mais très honnêtement à la fin du match, je n'ai pas senti qu'on avait donné le maximum… On ne s'est pas rendu compte de l'enjeu qu'il y avait derrière tout ça. »


L'AS Monaco joue avec la peur au ventre et le chrono tourne en sa défaveur. L'OL, lui, attend que son adversaire se livre plus pour marquer le but assassin. À l'affût sur une frappe de Gonalons, Pape Diakhaté sera le décanteur d'une partie crispée. « Après l'ouverture du score de Pape, il vient me voir et on célèbre le but avec une petite danse, s'amuse Gassama. C'était le gros soulagement pour nous. » En face, c'est plutôt la grosse sinistrose. L'énergie du désespoir n'engendre que le deuxième but de Lisandro López, achevant les dernières velléités du finaliste de la Ligue des champions 2004. Pour Bonnart comme pour ses autres coéquipiers, une rentrée rapide aux vestiaires suit le coup de sifflet final. « L'atmosphère était lourde. On se sent responsables de cet échec et on se rend compte de ce que tout cela engendre derrière : des responsabilités par rapport au club, aux gens qui s'investissent quotidiennement. C'est dur. » Pendant ce temps sur la pelouse, les vainqueurs se congratulent. « On voyait bien qu'on leur avait mis un coup de massue sur la tête, explique Gassama. C'était paradoxal, parce que tu es heureux de réaliser une bonne fin de saison, mais tu vois des têtes baissées en tribunes. Après j'étais très jeune à ce moment-là, donc je célébrais avant tout notre victoire, sans retenue. » Pour Monaco, la Ligue des champions est désormais loin, très loin. « Quand on regarde bien, les premiers signes du mal-être existaient depuis quelques saisons déjà, conclut Bonnart. Monaco souffrait de difficultés financières, et sa Principauté ne souhaitait plus investir dans le club. Le rachat russe n'est en fait qu'une conséquence. Et puis, le football reste avant tout un sport humain. Quand on voit Auxerre jouer la Ligue des champions et descendre en Ligue 2 la même année… C'est aussi une question de dynamique. Pour notre part, on était tellement surpris par ce constat d'échec qu'on n'a pas su s'en relever. » C'était avant le vaccin Rybolovlev.


Par Antoine Donnarieix
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