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L’OL à un coup près

Tout juste à la relance en championnat, les Lyonnais retrouvent la Coupe de France le temps d’un quart au Parc avec l’intention de confirmer les bonnes dispositions du moment. Reste à savoir si, depuis Nicosie, l’OL est encore une équipe de coup(e)s.

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A chaque saison son histoire. Celle qui nous occupe pourrait se résumer de la façon suivante : bien plus qu’un simple quart de Coupe de France, l’opposition de ce soir au Parc doit opposer le futur et le passé immédiats du foot français. Entre les deux, un présent qui prend des allures de parenthèse incertaine. Si les Parisiens mettent tout leur cœur pour confirmer leur statut de next big thing du foot français, ils le doivent pour l’instant à des prestations emportées à l’arrachée, loin de l’idée qu’on peut se faire d’une équipe qui domine déjà son monde. L’Ancelo’team peut bien se présenter dans le rôle du favori annoncé, tout laisse à penser que les Lyonnais ont encore quelques arguments à faire valoir pour incarner les trouble-fêtes de service. Après tout, on ne les a jamais trouvés aussi convaincants que ces quelques fois où il fallait se mettre le cœur au bord des lèvre pour gagner ce titre d’ « équipe de coup(e)s » qu’on bien voulu leur coller. A condition de se demander ce que peut bien raconter le sobriquet en question sur cet OL aux contours toujours aussi flous depuis l’élimination traumatique de Nicosie.

Passé

Parce que c’est quoi au juste une « équipe de coupe » ? Dans le cas des hommes de Garde, on dira qu’il s’agit d’une équipe qui compte ses coups. Du moins, ceux qui lui restent – ce qui revient à dire, à ce moment de la saison, plus grand chose. Les Lyonnais ont beau avoir réussi à atténuer le feu qui couvait après Nicosie le temps de deux victoires en championnat face au LOSC et dans le Derby, la lutte pour le podium les condamne à devoir marcher sur la corde raide jusqu’à la fin de saison. Du coup, c’est à ces quelques matchs de coupe que l’OL s’en remet pour espérer ramener un de ces titres qui ont fini par déserter la maison lyonnaise ces trois dernières saisons. Ce qu’est venu rappeler Lisandro qui, à défaut d’occuper la place du joueur providentiel, se charge de reprendre celle du capitaine laissée par Cris, aux soins pour les quatre prochaines semaines : « Nous sommes en quarts de finale de la Coupe de France, à deux matches du titre en cas de victoire mercredi. Pour le club comme pour nous, il est très important d'épingler la Coupe de France » .

Le genre de discours raccord avec la voix de son maître, Bernard Lacombe, qui n’a pas son pareil pour sentir les coups venir. Au moment de lancer la saison en cours, le conseiller spécial du Président n’avait eu de cesse de rappeler à qui voulait l’entendre que l’OL s’emploierait à jouer la carte coupes à fond. C’est encore à ces détails qu’on reconnaît les hommes d’influence comme Lacombe, lorsque les joueurs en arrivent à suivre le conseil à la lettre. Façon de rappeler au passage que lorsque le passé devient trop pesant, au point de ne pouvoir envisager le futur proche autrement que sous l’allure d’une régression supplémentaire, il reste toujours ces matchs de coupe pour faire illusion. Il y a d’ailleurs fort à parier que les Lyonnais soient aller puiser leur inspiration dans l’histoire récente du PSG qui, avant l’arrivée de QSI, s’était forgé un destin d’équipe de coupes – pas moins de quatre trophées pour autant de finales au cours pendant les années de domination lyonnaise.

Présent

De là à y voir une inversion des courbes au moment où les Parisiens s’apprêtent à prendre le pouvoir en championnat, il n’y a qu’un quart. Pour ça, Rémi Garde comptera une nouvelle fois sur les changements de programme aperçus lors des deux dernières sorties de son équipe, sous la forme d’un 4-4-2 nouveau qui déporte Källström sur la gauche, Cissokho sur le banc et confie l’animation dans l’axe à la jeunesse montante, avec Grenier en relayeur et Lacazette en dynamiteur. Reste qu’une formule, toute gagnante qu’elle soit, ne fait pas tout. Samedi dernier, Jean-Michel Aulas pouvait bien célébrer à sa manière la «  victoire tactique  » remportée par Rémi Garde le temps d’un Derby, on a eu tout le loisir de comprendre que les réajustements en cours allaient au-delà du seul système de jeu. Impression confirmée par Bafétimbi Gomis qui, tout juste auréolé du titre de héros de la soirée, a remis la question de la redistribution des rôles sur le tapis : « J’ai un objectif qui est d’aller à l’Euro. Pour l’atteindre, j’ai besoin de temps de jeu » .

Pour un joueur passé maître dans l’art de la circonvolution qui tourne à vide, la sortie a de quoi étonner. Surtout quand elle fait écho à cette conclusion ramenée deux semaines plus tôt de Chypre par son coach : « Quand l’intérêt individuel passe devant l’intérêt collectif, cela devient difficile. On est sous pression depuis le début de la saison et, au bout d’un moment, on devient moins lucide, moins tourné vers le collectif » . On a compris : le retour à la raison collective ne peut durer au-delà du rachat dont Gomis a fini par siffler la fin en sortie de Derby. Autrement dit, les mesures d’exception ne durent qu’un temps et Rémi Garde va à nouveau devoir apprendre à composer sans. Rien de moins qu’un retour à l’ordre normal des choses.

Futur

En attendant, les matchs couperets auxquels l’OL se livre corps et âme cette saison sont ce qu’il y a eu de mieux à chaque fois qu’il a fallu s’inventer un nouveau futur. Pas celui promis en début de saison, quand la comm’ maison promettait rien de moins qu’une « nouvelle histoire » , mais plutôt celui qui permet de tenir jusqu’au match d’après. Il était déjà question de ça il y a un mois quand les Lyonnais avaient accueilli les Parisiens à Gerland (4-4). On donnerait cher pour revivre pareille déflagration ce soir au Parc. Pas sûr pour autant que le souvenir soit aussi vivace du côté des joueurs. Ou alors, pas pour les mêmes raisons, surtout si l’on s’en tient à la suite qu’a pu prendre l’affaire pour les uns et les autres. Le PSG y avait gagné ses galons de prétendant au titre en forçant la décision sur le fil, quand les coups allaient se mettre à pleuvoir sur les têtes lyonnaises. Jusqu’au coup de trop, à Nicosie.

Alors, le futur aurait-il changé de camp depuis ? Après tout, le destin européen de Lyon pourrait surtout tenir à ce chemin sinueux emprunté le temps d’un parcours en coupe, quand celui de Paris semble se dessiner en grand en championnat. L’inversion des courbes, Rémi Garde voudrait bien y croire pour cette fois, s’en remettant à la force de décision de ses joueurs, Lisandro en tête, pas franchement rassurant dans le registre samedi dernier : « Dans les grands matches et surtout à l’extérieur, quand on a une occasion, il faut la concrétiser. Ce sera certainement la clé de la réussite…  » . Une façon comme une autre de rappeler qu’à la différence de son adversaire du soir, mauvais ou fumant, l’OL en est bien à un coup près.

Le match en live sur So Foot dès 20h45

Par Serge Rezza
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moucletche Niveau : DHR
ô Serge, quel beau titre...
OL, équipe de coupe ? Bah c'est vrai qu'entre les locks de Bafé et les crettes des plus jeunes, on n'est pas mal côté coupes... mais bon, faut être honnête, on fait pas le poids face au ragondin de Ménez et la néo "playmobile" de Pastore...
Article tres sympa.
C'est vrai que la saison de l'OL ressemble a un chemin de croix mais c ca qui la rend intense!

Neanmoins je ne suis pas super serein pour ce match quand on connait la nullite de l'OL a l'exterieur cette saison.

Je ne vois qu'une solution ==> Licha doit planter
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