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  3. // Départ de Pep Guardiola

L'oeuvre inachevée de l'architecte Guardiola

Comme une ville, une équipe de foot est un chantier permanent. C'est, en tout cas, la conception défendue par Pep Guardiola dès l'entame de son mandat, et ce jusqu'aux derniers jours de règne où ses choix audacieux prennent, rétrospectivement, l'allure d'une profession de foi.

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A Vilanova, Guardiola pouvait léguer un monument achevé, au toit infranchissable, un héritage lourd, trop lourd, qui ne pouvait qu'écraser son successeur. Il a préféré lui laisser entre les mains une oeuvre en mouvement, ouverte à de nouveaux apports, et témoigner ainsi de sa confiance dans le futur de l'équipe. Dès le début de saison, Guardiola s'est refusé à se répéter, malgré les succès, malgré les éloges qui pleuvaient sur son équipe. Passage à trois derrière, et grands travaux d'aménagements. Lors des quatre jours où le Barça a tout perdu, ou presque (il reste la Coupe du Roi), l'entraîneur catalan s'est à nouveau défié de tout conservatisme, préférant ainsi aligner l'inexpérimenté Tello face au Real, plutôt qu'un Pedro pas au mieux de sa forme, certes, mais qui reste l'un des grands artisans des succès du Barça.

Ensuite, au moment de recevoir Chelsea, pour le match qui devenait le plus important de la saison, c'est, cette fois, Cuenca qui était lancé, tandis que Dani Alvès, l'un des rares éléments qui semblait indiscutable pour Guardiola (avec Xavi et Messi), prenait place sur le banc. Cuenca, Tello, des joueurs qui n'offraient pas de garantie de succès immédiats mais des jeunes talents porteurs d'avenir. Celui du Barça, dont l'intérêt doit primer sur celui de ses employés, Pep y compris.

Piédestal

Sans faire de Guardiola un saint ou un Gandhi des bancs de touche, il est évident, à l'observer, à écouter ceux qui le connaissent, que l'homme n'a pas l'âme d'un mégalomane, d'une rockstar, d'un homme providentiel. Le chaos lui succèdera peut-être, et l'entraîneur pêche sans doute par naïveté en pensant que le vestiaire acceptera avec autant de respect les ordres d'un subalterne, plutôt que ceux d'un homme qui avait déjà tout gagné avec le Barça. Mais en s'exposant à la critique par d'ultimes choix pas loin d'être déroutants, Guardiola est descendu de son piédestal de lui-même, et a revendiqué un droit à l'expérimentation, à l'erreur, vital pour son successeur.

Il n'est pas là question de suggérer que l'emblème catalan a sciemment souhaité ces revers. La victoire est un leitmotiv pour Guardiola, et il tenait sans doute autant à cette deuxième Ligue des champions de rang qu'à sa liberté de manoeuvre. Une victoire à Munich, et le débat sur l'identité de la meilleure équipe de tous les temps aurait ainsi été fermé, mais aurait-il pu continuer à vivre dans une position de demi-Dieu, celle que lui aurait conféré le regard des autres au moment de croiser l'architecte d'une oeuvre à la perfection pas vraiment humaine ? Guardiola, c'est comme Zidane en 2006 : deux manières de sacrifier sans doute inconsciemment un trophée, pour rester parmi les vivants.

Juste un homme

Car il existe encore un seuil qui sépare l'idole sportive de l'homme aux dons surnaturels qui taillerait le monde à sa manière, tel un Dieu grec. Celui franchi par Maradona, Pelé, Ali ... Des hommes qui ne s'appartiennent plus vraiment. Un statut de roi Midas catalan qui transforme tout ce qu'il touche en or ne pouvait convenir à un homme qui, selon une version insistante, quitterait ses fonctions pour mieux s'occuper de sa famille. Malgré treize trophées accumulés, le Barça de Guardiola est aussi cet organisme faillible aperçu ces derniers jours. Pour Vilanova, le chantier reste ouvert ...

Par Thomas Goubin
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Intéressante analyse. Sans doute proche de la réalité.

N'empêche! J'aurais préféré que Guardiola soit moins expérimental et plus pragmatique. Et que le Barça écoeure ses détracteurs à Munich.

Même avec un Xavi sur une jambe, un Iniesta fatigué et un Messi sans jus, l'équipe pouvait le faire.

En tant que groupie de l'équipe, je suis déçu.

Guardiola a sabordé l'équipe. Selon moi, ses atermoiements sont la cause principale de l'échec de cette saison.
Marek Hamsik Niveau : National
Certains choix tactiques dans cette dernière saison était discutable...

Mais Guardiola a révolutionné le jeu du Barça, faisant de lui à la fois une machine à gagner et une machine à produire du beau jeu. Il a repris un barça mal en point et divisé, a même perdu son premier match en championnat à la tête de l'équipe, et l'a porté, quoi qu'on dise sur le toit du monde, en amenant un joueur comme Messi, ou Iniesta, à son apogée.

C'est avant tout cela que l'on retiendra de Guardiola au barça.

Et c'est ça qu'on retiendra de lui
Note : -1
Il est vrai qu'il a etait loufoque dans ses choix de joueurs contre le real et chelsea , mais ce sont pas ces erreurs de fin de parcours qu'on retiendra de lui mais celui d'un entraineur d'équipe B ayant grandit dans son propre club jusqu'au saint graal de champion du monde des clubs 2 fois !
Entraîneur le plus prolifique de l'histoire du Barça. Tout est dit. Il a tout raflé et il n'est resté "que" 4 ans. Il a crée une des équipes les plus impressionnantes qui n'ait jamais existé dans le football.
Il part en seigneur. A ses joueurs et en particulier Messi de le remercier en perenisant son action.
Le risque a tjs fait partie des choix de guardiola, en 2009 il a décidé d'aligner Touré en défense centrale en CL, il a aligné aussi Busquets à la place de ce dernier.
Il a positionné Messi en faux 9 lors du 2-6 alors que le match était crucial pour la liga.
Il a mis Ibra sur le banc définitivement et misé sur un trio Messi-Bojan-Pedro pour arracher le titre en 2010.
Il a connu des fortunes diverses avec sa défense à 3, c'est coutumier de dire que c'est un échec mais on oublie qu'il l'a partiellement utilisée lors du 1-3 au bernabeu cette année, alternant entre défense à 3 ou 4 selon le besoin lors d'un de ses matches les plus aboutis tactiquement.
Il y'a énormément d'autres exemples, mais avec notre époque qui privilégie l'immédiat, on ne se rappelle que du dernier résultat et on oublie vite le reste, on parle de victoire tactique de mourinho en oubliant les résultats des duels qui sont largement en faveur de Guardiola, on oubliera vite le facteur fatigue et lassitude qui a pleinement joué face à Chelsea (à 5% de jus et réussite en plus, le barça mettait 4 buts par match).
Cela dit, ce type est déjà entré dans l'histoire, les gens s'en rendront compte maintenant, attendons de voir ce que fera Vilanova, mais il a tout de même de sacrés atouts malgré le déclin de Xavi et Puyol qui sont malgré tout remédiables.

Je reprends juste ces mots justes de Cherif Ghemmour après l'élimination du barça et real en CL:

Le risque a tjs fait partie des choix de guardiola, en 2009 il a décidé d'aligner Touré en défense centrale en CL, il a aligné aussi Busquets à la place de ce dernier.
Il a positionné Messi en faux 9 lors du 2-6 alors que le match était crucial pour la liga.
Il a mis Ibra sur le banc définitivement et misé sur un trio Messi-Bojan-Pedro pour arracher le titre en 2010.
Il a connu des fortunes diverses avec sa défense à 3, c'est coutumier de dire que c'est un échec mais on oublie qu'il l'a partiellement utilisée lors du 1-3 au bernabeu cette année, alternant entre défense à 3 ou 4 selon le besoin lors d'un de ses matches les plus aboutis tactiquement.
Il y'a énormément d'autres exemples, mais avec notre époque qui privilégie l'immédiat, on ne se rappelle que du dernier résultat et on oublie vite le reste, on parle de victoire tactique de mourinho en oubliant les résultats des duels qui sont largement en faveur de Guardiola, on oubliera vite le facteur fatigue et lassitude qui a pleinement joué face à Chelsea (à 5% de jus et réussite en plus, le barça mettait 4 buts par match).
Cela dit, ce type est déjà entré dans l'histoire, les gens s'en rendront compte maintenant, attendons de voir ce que fera Vilanova, mais il a tout de même de sacrés atouts malgré le déclin de Xavi et Puyol qui sont malgré tout remédiables...
http://www.eurosport.fr/cherif-ghemmour … full.shtml
Pardon, mauvais copier-coller, voici le texte de Ghemmour

Ouf ! Le Real s’est aussi fait sortir… Je ne m’en réjouis pas vraiment. Mais les commentaires indignes qui ont suivi l’élimination du Barça, c’était insupportable. Pour une demie de C1 perdue, le Barça a été illico jeté plus bas que terre, ravalé au rang de vulgaire "bon club, sans plus", Messi considéré comme un joueur un peu surfait. Et le pire du pire : Guardiola était repris de volée par les tacticiens de comptoir, soudain très experts à lui faire la leçon. En face, on magnifiait le "Grand Chelsea". Alors, comme ça il y aurait un "style Di Matteo", un système tactique "estampillé Chelsea" et Drogba soutiendrait fastoche la comparaison avec Messi ?… Stop ! Ce Barça, Guardiola et Messi sont entrés dans l’Histoire pour toujours. Alors un peu de respect. Félicitations à Chelsea, tombeur du monument catalan grâce surtout à ses grandes qualités défensives, mais qui ne construisent ni un "système" de jeu estampillé et encore moins un "style" particulier.
Faut vraiment arreter la, ce texte est d'un ridicule... on se croirait chez les adorateurs d'une secte! N'oublions pas que votre gouron s'est chargé toute sa carriere a la nandrolone... faudrait redescendre un peu sur terre...
Article magnifique...

Ou « quand l'état de choc et l'agitation ambiante fait place au recul salvateur, clairvoyant et érudit d'un amoureux de football, un vrai.... Celui là peut alors parler de l'oeuvre de celui qui l'aime certainement le plus au monde, ce jeu, ce putain de jeu, Le FOOT, le PEP...

C'est un événement historique de ce sport qui nous fait tous tant jaser ici, pour le meilleur et surtout pour le pire (Pepe, Blatter etc... je vous adore petits filous loquaces déterminés et polémiquants...)

Ce qu'on vient de vivre, ces dix derniers jours ,à travers tout ces écrans interposés (Au fait les mecs, y'en a t-il un qui était au(x) stade(s)), c'était les dernières pages d'un des 888 tomes de l'histoire du football terriens ( oui terriens, parce qu'il y a forcément des mecs qui jouent au foot à des milliards d'années lumières d'ici et de maintenant, question de probabilités).

Car qu'on le veuille ou non, Pep and Co viennent de révolutionner le football. Et que l'on trouve le jeu du Barça génial et relevant d'une beauté alchimique, ou bien soporifique, trop systémique et convenu, cette réalité n'est plus à discutée, elle s'opère depuis 4 ans et on le comprend tous aujourd'hui. On le ressent même, presque physiquement, ce petit truc qui cloche, comme un caillou au fond de la chaussette, comme quand une belle femme s'en va, et on a envie de dire ;

Merde.. c'est déjà finit ? C'était Bon putain de dieu de bordel !!!!

Et c'est là que l'article fait fort parce T.GOUBIN nous rappelle (dixit Guardiola) qu'une équipe de foot est comme une ville, cette entité organique, minérale et végétale, en perpétuelle évolution et (re)construction

Pep dans cette ville, c'était un peut comme le pont entre deux rives. Parce que toute les grandes villes on un "grand" pont, presque toutes... ok les marseillais et les (…) Barcelonais, pour ne citer qu'eux. Et donc toutes les grandes équipes ont elles aussi eu un « grand pont ». Un grand entraineur. Comme un lien entre le corps et l'esprit, ou plutôt entre « les corps » et « l'Esprit »... Vous me suivez ?

Pep Bridge, Golden Pep, as you wish...

Alors certes le pont s'est barré aujourd'hui, il se cassait même un peu la gueule ces derniers jours, mais n'oublions pas qu'il reste d'autres bâtiments, et même trois ou quatre monuments, dans cette ville... Cela mêmes, qui, pendant quatre ans ont fait ce que l'entraineur Guardiola est aujourd'hui.

« Som i Serem » disait le tifo du dernier classico, « Nous sommes et nous serons »...
« Être c'est avoir été », disait un homme barbu vivant à Vienne à amateur de pipes répondant au doux nom de Freud...

Et les mots se perdent dans l'infini subconscient de mon être inter-sidérable et sidéré

Et si tout cela n'était qu'un rêve ?

Lionel c'est toi ?

...
Ah, c'est bien dommage qu'il parte. Il n'aura pas l'occasion de prouver qu'il pouvait tenir sa philosophie et sa tactique dans les moments les plus difficiles, quand l'équipe perd et que tout va mal.
Je le vois bien rebondir en Angleterre.
Mourinho ou Guardiola, un des deux succèdera à Ferguson.
bon article et One Drop golden comment!
misteryoung3 Niveau : CFA2
one drop c'est beau ce que tu dis mais t'es un illuminé!
Vous parlez comme si le barça était mort d'un coup. Mais j'attends de voir la suite, l'équipe pourrait presque s'autogérer donc si le nouvel entraîneur la joue finement pendant la phase de transition (qui sera surement très courtes, Vilanova ayant l'habitude de la maison), tout ça pourrait continuer..

Ensuite, dans quelques années (mois ?), les gens auront oublié la date exacte des matchs contre Chelsea et le Real, puis le score du match et enfin le match tout court. Il ne restera alors plus que les titres de Guardiola, et les titres ne peuvent être oubliés...

Ps : Je ne suis absolument pas supporter du barça
nicococo67 Niveau : CFA2
Oui c'était beau, on a même pu faire comprendre aux jeunes footeux du week-end que le foot c'était les passes et la tête haute, plutôt que les grigris.
Merci Pep, tu as sauvé nos parties "clandestines" encore plus que le foot pro, et ça c'est le plus beau.
Maintenant, un bon repos, et je crois qu'un club de Londres ou un vieil alsacien tente de mettre en place cette même idéologie, aura bientôt besoin de toi, tu y seras bien, en attendant repose-toi, et réfléchi sereinement aux nouvelles formes que tu voudra donner à ton œuvre dans un championnat plus relevé et plus physique, moi, j'en salive d'avance.
Ce type aura tellement été glamour qu'on se retrouve à parler philo, littérature et romantisme au comptoir de sofoot! ça change des doigts dans l'oeil et autre por qué... en tout cas, je l'admire encore plus maintenant, sachant qu'il est allé au bout de lui-même, de ses idées, quitte à être loufoque ou perdant au bout, face à des tactiques de défense en "autobus" que je ne comprendrais jamais, mister di matteo. ça marche, certes, mais ça m'aura pas fait vibrer. Je l'admire, mais ça me ferait un peu ch1er qu'il reprenne un taf ailleurs la saison prochaine. Qu'il se repose en paix tel un gaudi dont la sagrada familia n'est jamais terminée. Puisse Vilanova apporter sa pierre à l'édifice!
Puis, en tant que Basque, j'admire personnellement un fait: la conférence de presse d'adieu, événement tant attendu, entièrement en catalan... on n'est pas prêt de voir ça en langue basque chez nous. Visca el Barça, visca Catalunya, visca Pep, som i serem gràcies a teu, mes que un entrenador.
je pense qu'il ne restera pas lontemps éloigné du barca. C'est un catalan il a le barca dans la peau. Je lui donne 2 ans avant de revenir
Il abandonne le bateau, ni plus ni moins. Ca lui permet de sauver la face par rapport à Mourinho car Pep sait très bien que pour la saison prochaine ils auraient été derrière le Réal.

Après, nous pondre un article sur sa soi disant psychologie, blablabla, facile à faire après coup...J'aurais tiré mon chapeau à l'auteur s'il avait pondu son article avant les faits, mais après, pfuu
tu raconte n'importe quoi il avait déja pris sa decision en octobre
En octobre...et ils font une conf.de presse avec les petits mouchoirs maintenant, juste apres la perte du championnat et de la ldc. Ben voyons. S,il l,avait pris en octobre, ils avaient qu'a faire leur spectacle a ce moment la!
Merci pour vos commentaires One drop et nicococo67! Vous m'avez obligé à poster pour la première fois, puissent vos idées et celles du Mister se répandre le plus loin et le plus longtemps possible.
Que ces 4 dernières années furent belles grâce à lui...
J'étais au stade mardi dernier, fier d'avoir pu ovationné cette équipe après l'égalisation, ils méritaient tellement plus...fier d'avoir aussi vécu dans le stade la manita et tellement d'autres choses...
Bon repos à lui et un grand merci.
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