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L’Italie vous salue bien

Sans flamber, sans gagner ses matches 5-0, parfois même sans convaincre, l’Italie vient d’envoyer trois représentants en huitièmes de finale de la C1, quand toutes les autres grandes nations n’en ont qualifié que deux. Mais au fait, les équipes italiennes ne sont pas censées être les plus faibles ?

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Hier soir, la nouvelle est passée totalement inaperçue. Entre l’élimination des deux clubs de Manchester, l’ahurissante qualification de Lyon, et la dernière place de Lille dans sa poule, personne n’en a parlé. Et pourtant, la réalité est là : l’Italie est, cette saison, le seul pays à envoyer trois clubs en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Oui oui, trois. Oui oui, l’Italie. Le pays en crise. Le pays du mauvais football. Le pays raillé par les toutes-puissantes Liga et Premier League. Bah, tiens, combien de représentants anglais seront en huitièmes ? Deux. Et espagnols ? Deux aussi. Et l’Allemagne, le pays qui a chipé la troisième place du ranking UEFA, justement, à l’Italie ? Bah, deux. Tout comme la France et la Russie, aussi. L’Inter Milan, le Milan AC et le Napoli. Ils seront donc trois. Et c’est une petite satisfaction, surtout pour la façon dont ces équipes se sont qualifiées. L’Inter a fait une campagne dégueulasse, en perdant deux fois à domicile contre Trabzon et le CSKA Moscou. A vrai dire, de mémoire, difficile de se souvenir d’un club qui a terminé premier de sa poule en perdant deux fois à la maison. Milan n’a pas fait beaucoup mieux. Les rossoneri ne se sont jamais imposés à l’extérieur, faisant match nul contre les terrorisants BATE Borisov et Viktoria Plzen. Le Champion d’Italie a même perdu à San Siro contre le Barça. Et Naples ? Les Napolitains ont été les plus héroïques. Alors que tout le monde les voyait terminer derniers de leur "poule de la mort", ils ont tenu tête aux grands d’Europe, battant City, et ne laissant filer que deux petits points sur neuf au San Paolo, forteresse impénétrable. Donc oui : comme ça, à chaud, on pourrait parler d’une Italie toujours aussi à l’arrache que la saison dernière, d'arbre qui cache la forêt et juste d'une Italie un peu plus chanceuse. Vraiment ?

Cœur napolitain

Cette saison 2011-12 marque en effet un tournant pour l’Italie. De fait, à partir de cette année, la Botte perd une place qualificative pour la Ligue des Champions. Au mois de mai, seules les trois premières équipes du classement se qualifieront pour la plus prestigieuse des compétitions. Au lieu de quatre. C’est donc un joli pied-de-nez, que viennent de réaliser les trois représentants transalpins lors des phases de poule. Oui : vexée, l’Italie a réagi. Comme elle sait le faire lorsqu’elle est au pied du mur. Les clubs italiens étaient moqués au début de la compétition : l’Inter aurait dû tomber face au beau jeu lillois, Milan prendre une manita au Camp Nou, et Naples se faire martyriser par le Bayern, City et même Villarreal. Si la qualification des deux milanaises n'était pas imprévisible, celle des partenopei relève d’un véritable exploit. En effet, sortir indemne de cette poule est un petit miracle, tant Bavarois et Mancuniens représentaient deux superpuissances du football européen, avec des champions payés des millions, et des organisations sociétaires imparables.

Mais Naples avait une qualité que ses adversaires n’ont pas eu : l’orgueil. La fierté. Le cœur. Ce cœur qui avait permis, dans un passé pas si lointain, à l’Inter d’éliminer le Barça en demi-finales de la Ligue des Champions 2009-10. Hier soir, le Napoli a confirmé être devenu un grand d’Europe. Au nez et à la barbe de ces équipes, Manchester United en tête, qui se sont reposées sur leurs lauriers en pensant qu’une qualification en huitièmes était chose acquise. Ce Napoli-là est sans aucun doute le plus beau des projets italiens en cours de réalisation, devant ceux d’avenir que représentent la Juve, l’Udinese ou la Lazio. Et si aujourd’hui, l’Italie peut vanter trois clubs en huitièmes de finale, ce n’est pas seulement à cause des contre-performances de Valence, Villarreal, United ou du Borussia Dortmund. C’est aussi grâce à cette équipe, qui a le sacrifice dans son ADN.

Au bon souvenir de Paolo Rossi

Si Naples est un discours à part, le Milan AC et l’Inter entrent dans une autre case. Sur douze rencontres, les deux clubs n’ont engrangé que cinq victoires. Peu. L’Inter, seizième de Serie A, n’a même gagné aucune rencontre par plus d’un but d’écart, terminant avec une différence de buts de +1. Peu. Quant aux rossoneri, tonitruants en championnat d’Italie (22 points pris sur les 24 derniers possibles), ils n’ont obtenu leur qualification que grâce à deux victoires peu glorieuses contre Plzen et le BATE Borisov à San Siro. Seul coup d’éclat : le nul obtenu à la dernière minute au Camp Nou (2-2). Alors, quelles conclusions tirer de ces deux qualifications ? Que les deux derniers vainqueurs italiens de la C1 (Milan 2007, Inter 2010) sont loin du niveau du Real Madrid ou du Barça? Que leur jeu affiché sur la scène européenne ne fait pas rêver? Que parfois, il a même fait peine à voir? En partie. Et donc ? Donc, c’est presque une tradition.

En effet – et c’est loin d’être un reproche – la force des clubs italiens, c’est qu’ils n’ont pas forcément besoin de bien jouer pour gagner. Et c’est encore plus vrai à partir des huitièmes de finale d'une grande compétition. Des équipes comme le Milan AC ou l’Inter ont l’expérience nécessaire pour passer les premiers tours au métier, sans briller. Après, c’est le petit bonheur du jeu de l’élimination directe. Plus tu avances, plus tu te dis que tu peux aller au bout, même sans être le plus fort sur le papier. Dédicace à l’Italie 82, capable, lors du Mondial espagnol, de devenir championne du monde sans avoir gagné le moindre match en phases de poule.

Alors oui, c’est vrai : les clubs italiens ne flambent pas, n’ont pas Messi ou Cristiano Ronaldo qui plantent 250 buts, n’ont pas les stades pleins comme à Dortmund, n’ont pas les millions de Manchester City. Mais ils sont là. Ils ont leur courage, leur couteau et même, si si, leur talent. Les Italiens ne sont jamais aussi dangereux que lorsque personne ne les attend. Et ça, même si, aujourd’hui, le Barça, le Real, le Bayern et Chelsea s’en foutent, et préfèrent penser que les clubs italiens sont des adversaires de seconde zone, il y a forcément un moment où ils devront s’en soucier.

Eric Maggiori
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Johnny Dramma Niveau : Ligue 1
le Napoli propose du jeu mais les milanistes ont peu de chances en 8ème.
nadalito_15 Niveau : DHR
Sympa l'article.

Je pense que l'Inter n'ira pas loin, mais -sans les voir remporter la C1 pour autant- Milan peut poser bien des soucis aux gros calibres (contrairement aux dernières années).
CF les affrontements contre le Barça en poule disputés.

Et Naples également peut bien emmerder son monde, si personne ne se barre au mercato d'hiver.
Ah si Naples pouvait sortir le Real...
nadalito_15 Niveau : DHR
@RonHarris : Oulà tu accordes trop d'importance au pseudo!
Je ne suis pas du tout pro-Barça, même si je comprends qu'avec ce que j'ai dit, vous ayez pu le penser.
Le Barça ne me fait ni chaud ni froid, et je déteste le Real, depuis toujours.
Et actuellement, ces 2 clubs me sortent par les naseaux. Je demande juste du renouveau, du moins en C1, donc si Naples ou le Milan pouvait s'en charger (oui je me contredis avec ses 7 C1, mais le coeur a ses raisons...)
Le pseudo est un simple surnom dû à une ressemblance physique (certaine ou quelconque), avec le taureau de Majorque.
Ron Harris: Bah on regarde pas les mêmes matchs. J'ai vu Cavani faire un pressing constant sur la relance, et je pense ce que je dis: c'est sans aucun doute le joueur le plus utile au Napoli, et l'attaquand le plus complet au monde. Il a une pointe de vitesse, un jeu de tête incroyable, il défend comme un mort de faim et il peut frapper des deux pieds.
Ça me fait bien plaisir un article comme ça.
On a trop chié sur le foot italien qui a donné de très grands choses, formé des très grands joueurs et gagné 4 CDM.

Aux vues de Milan - Barca, on peut pas dire que les milanais n'ont pas les moyens de sortir des gros!

En fait la bonne opération pour les italiens, ce serait de tomber sur les clubs français en 1/8…
Le fait est que depuis des années, l'Italie a toujours mis 3 clubs en huitième. C'est donc une tradition.

Après si l'article sous-entend que le Milan de Kàkà/Scheva, ou l'Inter de Milito, ne jouaient pas un beau jeu, je ne suis pas du tout d'accord.
Si l'on se remémore le match où Kàkà met sur les fesses la défense Mancunienne, ou la demi-finale allé de l'Inter face au Barca (3-1, hein), j'y vois un beau jeu perso. On pourrait aussi se rappeler de la Magica qui avait giflé le Real.
Bref cette campagne de qualif' dégueu des deux Milanais ne symbolise pas du tout la qualité de jeu générale des clubs italiens en CL.

Sinon un grand bravo au Napoli, sa confrontation avec City au San Paolo est le plus beau match que j'aie vu sur cette première phase. (Milan Barca était pas mal aussi).
Milan va faire un nul à Barcelone et, avec un arbitre correct, aurait pu taper le Barça à San Siro donc oui Milan est capable d'aller au bout.
Le Napoli est un club un peu fou avec un style de jeu qui fait plaisir à voir, j'espère qu'ils passeront les 8e, après ça risque de devenir dur.
L'inter doit sa qualification à un groupe très faible avec 3 équipes limitées en face et se fera sortir au moindre gros poisson tiré.
@4_2 c'est clair, je me souvient d'un article de SF d'ailleurs disant que les meilleurs joueurs ne viennent plus en Italie ! mais c'est surtout que l’Italie est sous-évaluée par rapport à l’Angleterre ou l’Espagne alors qu'on a un championnat plaisant avec une belle bataille !
Je comprend toujours pas comment l'Italie est passé en dessous de l'Allemagne.
3 LDC et 6 clubs italiens en final en une décennie c'est rien peut être ?
Les clubs italiens ne flambent pas parce que, même quand ils en ont les moyens en termes de joueurs, il reste une tradition tenace en Italie qui est celle du réalisme. Ça ne sert à rien de faire la Une avec une goleada dans un match de poule quand on peut se qualifier avec un match nul, voilà la mentalité.

Et puis le championnat étant chaque saison très disputé, il vaut mieux éviter de laisser trop de forces en milieu de semaine si on doit rencontrer une petite équipe teigneuse le dimanche. "Turnover", on l'entend tout le temps en Italie.

Cette saison en particulier, vu leurs positions au classement de Serie A, Milan et l'Inter avaient intérêt à s'économiser. Le Napoli l'a moins fait et l'a payé en terme de points.
Sushi-Rossonero Niveau : District
Milan et Napoli ont de la geule si ils ont tout leur joueurs disponibles !
Je ne pense pas que la Serie A ait perdu de niveau, les équipes changent, c'est un nouveau cycle qui commence.
Les équipes italiennes resteront toujours des grandes d'europe, et le prouvent régulierement.

Surtout quand on vois le Milan-Barca, tout ce qu'on a pu constater, c'est un Milan largement capable d'éliminer ce Barca invincible. Mais Mr Starck en a décider autrement, comme a son habitude.
C'est bien de souligner que l'Italie est la nation qui sort le plus grand nombre d'équipes au premier tour ; c'est admirable, mais je trouve le ton de l'article trop revanchard (mais sur quoi, sur qui ??) et auto-victimiste.

Le dernier paragraphe c'est quand même du grand n'importe quoi... "on a pas d'argent, pas de fans, pas de stars..." faut pas de.conner l'Italie du foot n'était pas devenue la Roumanie en quelques années et ni personne ni aucun club ne sous-estiment le Milan ou l'Inter ("adversaires de seconde zone"!?).

Le Milan et l'Inter ont toujours été des gros clubs mais on va relativiser leur succés (déjà très relatif) en précisant qu'ils étaient quand même dans des groupes très faibles.

Non, la vraie réussite de cette phase de poule c'est sans conteste Naples. Leur groupe était très difficile, ils sortent ManCity (merci) et ils sont finalement la seule des bonnes surprises de l'an dernier à confirmer (contrairement à Dortmund, Villareal ou Porto).

Naples est l'équipe Eric, quant à l'Italie du foot, relax, elle n'avait rien à prouver.
Je viens de perdre un long message les gars. Je suis blasé! Je vais donc être beaucoup plus bref.

@ Olff: Eric parle des poules alors que tu évoques le jeu de Milan en demie.

@ Bunk: idée généralement répandue: Liga (ou PL) considérée comme le meilleur championnat du monde. Idée répandue également par les médias et les "footix" qui ouvrent tout le temps leur bouche bien trop fort (cf MM par exemple).

Pas de gros transferts vers l'Italie (pas de stars en tout cas, sinon on peut citer un vidal par exemple), la plupart des gros mouvements ayant lieu entre clubs de la Botte.

Eric joue donc ici le rôle de contre-pouvoir. Ce débat était d'autant plus prévisible (je l'ai évoqué sur le site le soir du match Napoli-Man City). Je le trouve néanmoins con mais apprécie que les choses soient mises en valeur dans les deux sens.

J'ai toujours (jusqu'à maintenant) considéré la série A comme le championnat le plus intéressant tactiquement, le plus disputé et surtout le plus émouvant. Ce qui en fait pour moi le meilleur championnat du monde.

(si je ne suis pas clair, je veux bien développer dès que j'ai plus de temps).
Ta courte argumentation (dommage pour ton message initiale),fait plaisir alanders. Je ne pense pas que maggiori voulait lancer un pseudo débat sur le niveau actuel du calcio , on le connait tous un temps soit peu lorsque l'on veut s'intéresser au football . Ne jamais ecouter les footix , la presse sportive francaise déplorable véhicule tout et n'importe quoi sur le football italien et passe son temps a en tirer un triste portrait faux et déformé tout en manquant d'objectivité . Enfin bref étant un inconditionnel du calcio je suis heureux pour le football italien et plus particulièrement pour les napolitains ..Bonne chance a leurs futurs adversaires en huitièmes surtout pour le déplacement a san paolo où hamsik et toute la clique sont pas loin d'etre la meilleure équipe a domicile de la competition.
"un tant soit peu" dsl pour l'orthographe.
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