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L'Italie touche au but

Ce soir, à Florence, l'Italie a l'occasion de devenir, après l'Allemagne, la deuxième équipe à valider son ticket pour l'Euro 2012. Une victoire les qualifie. Un nul, peut-être bien aussi.

Paradoxe. Contre les Iles Féroé, l'Italie a peut-être disputé le plus mauvais match de la gestion Prandelli. Une victoire 1-0 contre l'une des équipes les plus faibles des éliminatoires, un jeu très laborieux et surtout deux énormes occasions (deux poteaux) concédées à l'adversaire. Et pourtant, malgré ces aspects négatifs, la Squadra a touché un record : jamais, dans son histoire, elle n'a été aussi proche de la qualification après si peu de matches disputés. Six victoires, un nul, aucune défaite, quinze buts marqués, un seul encaissé (face à l'Estonie, le 3 septembre 2010, un an sans prendre de but, donc) : le parcours de la Squadra, si l'on se base sur les chiffres, tutoie la perfection.

Ce soir, face à la Slovénie, la Nazionale peut valider son billet avant (presque) tout le monde. Pour cela, deux cas de figure. Soit elle s'impose, et c'est réglé. Soit elle fait match nul, et c'est quasiment réglé aussi. Il faudrait, dans ce deuxième cas, un concours de circonstances incroyable pour que la Serbie puisse revenir (les Serbes devraient gagner tous leurs matches 3-0 en espérant que l'Italie perde les siens sur le même score). Autant dire que la qualification est presqu'en poche. Pour le plus grand bonheur du sélectionneur. « Se qualifier dans le stade de Florence, ce serait quelque chose de magique » assure, romantique, l'ancien coach de la Fiorentina. A priori, pas besoin d'être prestidigitateur pour réaliser ce tour-là.

Trois points et c'est tout

Même si le groupe de l'Italie n'avait rien d'insurmontable, Prandelli a de quoi être satisfait. Le fiasco en Afrique du Sud est oublié, et son équipe, à l'instar de l'Espagne, n'a perdu que lors de matches amicaux. Toutes les rencontres officielles ont été habilement négociées (l'une d'elles remportée sur tapis vert), et la formation qui devrait se présenter en Pologne et en Ukraine se dessine au fil des rendez-vous. Le virage post-Mondial est d'ailleurs réussi. Du onze éliminé en juin dernier par la Slovaquie, il ne reste que quatre survivants (Chiellini, Criscito, De Rossi, Montolivo, cinq si l'on inclut Pirlo, entré en cours de jeu). Des joueurs plus jeunes ont repris en main l'équipe, de Ranocchia à Rossi, en passant par Aquilani et Balotelli.

Ce dernier, d'ailleurs, s'est à nouveau distingué lors de la dernière rencontre, en amenant son iPad sur le banc de touche. Prandelli croit en lui, mais commence à s'agacer de son comportement. Pour le match face à Slovénie, le sélectionneur tient d'ailleurs à lui donner une petite leçon en le laissant à nouveau sur le banc. Il veut les trois points, et n'a aucune intention de miser sur des joueurs démotivés. Se qualifier dès aujourd'hui signifierait s'ôter un poids, et pouvoir préparer l'Euro en toute sérénité. Face aux coéquipiers de Samir Handanovic, la meilleure formation sera donc alignée. Un duo Cassano-Rossi, devant un milieu qui a de la gueule, composé de Marchisio, De Rossi, Montolivo et Pirlo. Mot d'ordre : comme face aux Féroé, « seule la victoire compte » , dixit Prandelli. Pour la manière, on verra.

Calcul Barça, résultat Squadra


Au match aller, en mars dernier, la Squadra Azzurra était allée s'imposer 1-0 à Ljubljana. Un but de Thiago Motta. Déjà le service minimal pour une équipe d'Italie qui a surtout retrouvé sa solidité défensive, point fort en 2006, talon d'Achille en 2010. Offensivement, les automatismes se créent petit à petit, autour d'un Giuseppe Rossi amené à devenir l'homme fort de cette formation. L'attaquant de Villarreal représente peut-être le renouveau de la nation. C'est en effet un symbole : pour l'une des premières fois de l'histoire, l'attaquant "vedette" ne joue pas en Italie. Riva, Boniperti, Bettega, Paolo Rossi, Altobelli, Schillaci, Baggio, Del Piero, Totti : tous évoluaient au pays lors de leur apogée avec la Nazionale. Aujourd'hui, le buteur de la Squadra fait ses armes ailleurs. Putain de mondialisation.

Et Prandelli ne s'en cache pas. S'il y a bien un modèle à suivre, ce n'est pas forcément en Italie qu'il ira le chercher. Mais plutôt chez le voisin espagnol. Même s'il se refuse à toute comparaison nocive. « Effectivement, le modèle de jeu auquel nous aspirons pourrait être proche de celui du Barça. Mais attention, nous ne devons en aucun cas croire que nous sommes le Barça. J'ai trop entendu cette comparaison. Peut-être qu'inconsciemment, certains ont cru avoir acquis certaines connaissances. Mais non, nous ne sommes pas comme eux » martèle-t-il après la victoire face aux Féroé. Le message est clair : l'Italie peut s'instruire en Catalogne, mais elle reste la Squadra. Ainsi grandit-elle. Ainsi peut-elle, dès ce soir, valider une première étape de sa maturation.

Eric Maggiori

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