1. // Groupe F
  2. // Italie/Paraguay (1-1)

L'Italie tenue en échec

Sans imagination, la vieille sélection de Lippi, pourtant menée au score juste avant le repos, aura réussi à revenir dans le coup à l'heure de jeu. Un coup de pied arrêté partout. C'est sans doute tout ce qu'il faut retenir d'une rencontre au mieux triste.

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C'est donc ça la meilleure équipe de l'histoire du Paraguay vendue comme une belle flûte de pan par Joque Santa Cruz en conf' de presse ? À en croire son premier match, on croirait plus à du beau pipeau tant les caractéristiques de cette sélection sud-américaine semblent immuables : rythme de trentenaires, jouer la carte coups de pieds arrêtés à fond et une défense avec plus de pieds que prévus. En même temps avec quatre milieux récupérateurs et une défense pas aventureuse pour un sou, le contraire aurait été étonnant.

Pourtant, durant la première demi-heure, les Italiens semblaient avoir trouvé les bonnes clés pour mettre à mal un Paraguay qui s'est quand même farci le Brésil et l'Argentine en éliminatoires. Collectivement – le pressing notamment – et individuellement – nombreuses fautes techniques - les Paraguayens sont en retard et n'arrivent à attraper un ballon insaisissable, confisqué par le régulateur romain De Rossi. Comme un indice trompeur, les Guarani ne profitent même pas des miettes, les fameux seconds ballons, si importants. Les relations défense-milieux sont bien coupées par le repli de Iaquinta et Pepe, ou le harcèlement du trio Montolivo-De Rossi-Marchisio. Oui, ces Paraguayens sont bien embêtés, ne pouvant qu'envoyer des caramels aux avants-postes que Cannavaro se fait un plaisir de boxer du crâne.

La domination était donc bien italienne, mais restait stérile, malgré une tentative timide de Montolivo (21ème). Gilardino, au cuissard à faire pâlir un Calderaro n'arrive pas à être servi dans les conditions idéales. Ou l'illustration du manque de Pirlo dans cette Squadra Azzura certes solide mais en déficit d'imagination.
Alors, comme souvent, dans ce genre de rencontre plutôt bloquée, le football moderne offre comme solution le coup de pied arrêté. Sur une faute de Chiellini inventée par l'arbitre aux 45 mètres, Torres met dans la boîte. Le stoppeur Alcaraz, profitant de l'occaz' pour monter aux avants-postes, trompe de la tête Buffon (39ème). A ralentir le jeu, les Guarani ont réussi leur coup : endormir les Italiens pour mieux les piquer.

A la reprise, on sent l'Italie fébrile, amputée de Buffon, resté au chaud pour un nerf sciatique douloureux. Les Paraguayens, mis en confiance par leur but d'avance, tutoieront même d'un peu plus près la surface transalpine, grâce à des enchaînements techniques bien plus assurés, premièrement et à une Italie forcée de sortir un peu plus qu'elle ne le voulait sans doute. Bien lui en a pris. Prenant enfin la profondeur, l'Italie fait de nouveau reculer la troupe de « tata » Martino. A l'heure de jeu, Villar sort comme un manche sur un corner de Pepe. De Rossi, le meilleur rital sur la pelouse, en furet au second poteau, égalise d'un tacle opportuniste (63ème).

Moralement, le coup est rude pour le Paraguay qui pensait se payer le scalp d'une autre grande nation de l'échiquier mondial. Et, physiquement, leur fin de rencontre sera un calvaire à l'image d'un Vera cramé mais courageux. L'Italie tentera bien de planter quelques derniers couteaux (Montolivo, 83ème), mais manquera surtout de lucidité pour inscrire le deuxième pion. Mais bon, les champions du monde en titre comme les Paraguayens pourront sûrement s'en sortir contre la Slovaquie et la Nouvelle-Zélande.


Par Ronan Boscher

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