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L'Italie plus si loin de l'Allemagne

Dans ce derby d'Europe, après une première mi-temps où l'Allemagne s'est montrée plus à son avantage, l'Italie a pris les choses en main en seconde mi-temps et est même passée tout près d'une victoire qu'elle n'aurait pas volée.

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Italie 0-0 Allemagne



« Löw AnnusaMi l’ano » . De « Löw renifle Milan » à « Löw renifle-moi l'anus » . Banderole et jeu de mots facile mais bon enfant à l'intention du sélectionneur allemand. Et nous, Français, d'habitude victimes préférées des transalpins pour tout ce qui fait part au manque d'hygiène (un bidet ne sert pas à se laver les pieds à la base), pouvons remercier Joachim. Il a d'ailleurs eu quelques sueurs froides, puisque c'est l'Italie qui s'est montrée la plus dangereuse dans cet amical de luxe. La sensation est que la distance entre ces deux nations historiques s'est fortement réduite ces derniers mois.

La forteresse San Siro


Et de trois Italie-Allemagne en 2016, après l’amical de mars et le quart du dernier Euro qui avaient vu les Teutons l’emporter en deux occasions. Une rouste 4-1, puis la roulette des tirs au but. Encore un derby d’Europe, cette fois à San Siro où l’Italie n’a jamais perdu en quarante et un précédents. Un challenge qui n’a pas l’air d’émoustiller Löw, le sélectionneur allemand ayant décidé de faire tourner après la balade à Saint-Marin (8-0). Sont ainsi alignés au coup d’envoi le débutant Gerhardt, mais aussi Leno Gortezka et Weigl qui ne dépassent pas les trois sélections. L’Italie n’en a passé que quatre au Liechtenstein contre qui elle a pu tester son 4-2-4, or Ventura choisit cette fois un 3-4-3 plus prudent, même si le trio offensif – Eder, Belotti, Immobile – est composé d'attaquants purs. Lui aussi titularise au moins quatre éléments peu expérimentés. Les sifflets accompagnent Das Deutschlandlied, et comme contre la France en septembre, le grand Gigi fait partir les applaudissements pour couvrir ce comportement de mauvais goût.

Pas de round d’observation, les deux équipes jouent le jeu, la Mannschaft a le ballon, s’approche plus facilement de la surface adverse, mais c’est la Squadra Azzurra qui allume les mèches par Belotti (au-dessus) et Rugani (frappe déviée en corner). Pressée très haut, elle procède la plupart du temps en contre-attaque, et sur une excellente verticalisation rapide de De Rossi, Immobile manque le cadre d’une position plutôt favorable. Buffon, très propre dans toutes ses sorties pour sa 167e cape, doit juste réceptionner une tentative de Gündoğan. Disons que ça manque d’un terminal offensif pour concrétiser une nette supériorité technique et statistique (56/44 en possession et onze tirs à cinq).

Belotti se distingue encore


La seconde période débute par l’entrée en jeu de Donnarumma, n°2 italien et toujours pas majeur. Astori pour Romagnoli et Tah pour Hummels sont les autres entrants. Cette fois, la Nazionale est plus entreprenante avec un Belotti capable d’emporter plusieurs défenseurs adverses dans son sillage. L’attaquant du Torino continue de marquer des points, et sa pugnacité déteint sur ses coéquipiers. Contre le cours de jeu, un ballon finit bien au fond des filets, mais Volland – qui a remplacé Müller – est signalé hors jeu, il semblait pourtant sur la même ligne que Kimmich, auteur du centre à ras de terre. Après ce court intermède, l'Italie continue de pousser avec De Rossi désormais capitaine et « monté sur l'estrade » comme on dit dans la langue de Dante (pas le Niçois hein). Gnabry, Götze, Bernadeschi sont envoyés sur le terrain. Ce dernier obtient d'ailleurs la meilleure occase à la suite d'une contre-attaque éclair initiée par l'inévitable Belotti, mais le tir du Florentin est trop écrasé. Dans la foulée, Volland et Immobile enroulent chacun leur frappe, mais c'est à côté. Mais qui touche le poteau sur un tir croisé ? Belotti évidemment ! Le point d'orgue d'une très bonne seconde période de la part d'entreprenants Azzurri. L'opération rajeunissement commence à porter ses fruits et l'Allemagne sent qu'elle va encore avoir affaire à son rival le plus chevronné ces prochaines années.

Par Valentin Pauluzzi
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