Italie - Calcio - 21e journée - Fiorentina/Naples

Par Alexandre Pauwels

L'irremplaçable David Pizarro

Si la Fiorentina réalise une belle saison, c’est grâce à lui. Si la Fiorentina perd depuis trois rencontres, c’est parce qu’il n’est pas là. David Pizarro, 33 ans, est simplement le maître à jouer de la formation de Vincenzo Montella. Si l’intéressé peut se satisfaire d’une seconde jeunesse, le club, lui, est désormais conscient de sa dangereuse dépendance.

Note
9 votes
9 votes pour une note moyenne de 4.5/5
Cliquez sur une étoile pour donner la note

David Pizarro (Fiorentina)
David Pizarro (Fiorentina)
David Pizarro a toujours été un homme précieux. S’il eut été brésilien, sans doute aurait-il fait davantage parler de lui. Mais le petit milieu n’en a cure, lui qui s’éclate en Serie A, un championnat où sa réputation n’est plus à faire. Façonné par Roy Hodgson – qui le repositionne alors de trequartista (numéro 10) à regista – puis par Luciano Spalletti à l’Udinese, il répond à l’appel de ce dernier en 2006, pour devenir l’un des pions essentiels de la Roma loseuse, celle qui truste un Scudetto durant quelques années sans le gagner. Sa longue expérience romaine se termine sur deux saisons moyennes, la première tronquée par les problèmes physiques, la seconde par une mésentente avec coach Luis Enrique. Pas plus désiré par Zeman, il signe cet été à la Fiorentina, convaincu, sans l’ombre d’un doute, par la présence sur le banc de son ancien coéquipier Vincenzo Montella. « Pizarro ? Pour nous, c’est une valeur ajoutée. Mais il peut aussi constituer une limite, parce qu’un jour, ses coéquipiers ne pourront plus se passer de lui », déclarait le technicien lors de l’arrivée du Chilien. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, c’est qu’il avait raison.

Entre Pirlo, Verratti et Spiderman

Parce que David Pizarro, Pek (diminutif provenant de l’adjectif espagnol pequeño, petit), est devenu la pierre angulaire du jeu mis en place par Montella. Positionné au centre d’un milieu à cinq, il en est le chef d'orchestre. À la Pirlo. C’est-à-dire ? « Il doit savoir faire un peu tout : défendre, diriger le jeu, attaquer et contribuer aux buts de son équipe », décrit le milieu de la Juve lorsqu’il évoque le poste. Récupération, conservation, vision du jeu, qualité de passe. Le Chilien est, comme son homologue de la Juventus, capable de se débarrasser d’un vis-à-vis en une délicieuse feinte de corps. Il est le joueur que les défenseurs cherchent pour la relance, le joueur avec lequel ses collègues du milieu de terrain aiment combiner, le joueur que les attaquants regardent toujours du coin de l’œil. Le type indispensable qui ne se résume pas à de vulgaires statistiques (17 matchs, un but et un assist cette saison). Il fait tout, et tout bien. D’où la comparaison avec maître Andrea. À ceci près que le milieu de la Viola possède peut-être une vision du jeu moins aiguisée que l’international italien, lequel est également plus impressionnant dans ses passes. Niveau défensif, en revanche, il n’y a pas photo. Le Chilien se démerde bien mieux. En tout cas, et peut-être aussi parce qu’il est physiquement moins gracieux, Pek n’a pas la même hype que son rival. « Moi, comme Pirlo ? Nous sommes probablement comme le bon vin. Mais sincèrement, et je le dis sans prétention, dans le championnat italien, je n’ai plus rien à prouver », commente simplement le Chilien à Radio Manà Manà Sport, lorsqu’on lui pose directement la question. Plus qu’un Pirlo, Pizarro serait en réalité l’aîné d’un Verratti, comme le disait si bien le mythique milieu de terrain romain Giuseppe Giannini (preuve futile, face au six cartons du jeune Parisien, Pizarro a récolté dix jaunes sur onze fautes commises, le tout en quinze rencontres de championnat). Le Corriere Fiorentino se montrera plus poétique, résumant son influence dans le jeu florentin à celui d’un « Spiderman », qui tisserait des toiles pour faire tourner l’adversaire en bourrique. La poésie, c’est bien joli. Mais il y a un inconvénient de taille.

Sans Pek, rien ne va plus

Sans son regista, celui qui détermine le jeu d’une équipe et gère le tempo, la Fiorentina n’est plus exactement la même. Pek a raté sept matchs cette saison, pour deux raisons : le décès de sa sœur courant décembre, et une blessure à la cheville, contractée lors du match de reprise du championnat, le 6 janvier. Le bilan chiffré en son absence paraît équilibré : trois victoires, un nul, trois défaites. Mais sachant que les trois derniers revers ont été concédés en 2013, le parallèle est évident. D’autant que, comme le prédisait Montella, ses coéquipiers sont désormais perdus, car dépendants. La mécanique viola est apparue enrayée sur ces premières rencontres de l’année, l’organisation du jeu plus confuse. Et personne au club, malgré l’affluence de talents au milieu de terrain, ne peut remplir le rôle du Pek. Pas même les excellents Borja Valero ou Aquilani, avec qui l’intéressé forme un trio des plus complémentaires. « Je ne peux pas faire ce que fait Pizarro, parce que personne ne peut faire ce qu’il fait sur un terrain », dira même ce dernier. Du fait de son style de jeu, assez rare il faut bien le reconnaître, le joueur est irremplaçable. Simplement. De telle sorte qu’aujourd’hui, la priorité mercato des dirigeants florentins, plus qu’un buteur (également une cible établie, avec tout le respect pour le nouveau venu Larrondo), c'est de trouver un vice-Pizarro. Sujet philo : peut-on remplacer l’irremplaçable ? Les dirigeants florentins ont une dizaine de jours.

Par Alexandre Pauwels

 





Votre compte sur SOFOOT.com

2 réactions ;
Poster un commentaire

  • Message posté par Dylanin66 le 20/01/2013 à 12:18
      Note : 1 

    Merci à So Foot de braquer les projos sur un des milieux de terrain les plus sous-estimés d'Europe depuis des années. Tout le monde se souvient de Mancini vs Reveillère, mais avec la Roma contre l'OL en 2007, il avait été magnifique à l'aller comme au retour. Au passage j'adore cette Viola composée de superbes joueurs qui mériteraient davantage de reconnaissance: Gonzalo Rodriguez, Cassani, Olivera, Pizarro, Aquilani, Borja Valero, El Hamdaoui, Ljacic, que du lourd.

  • Message posté par elborracho le 20/01/2013 à 17:44
      

    Et voilà le rendu de ta dissert' de philo : article mal écrit, lourd, confus et avec des erreurs. On ne fait pas mention de son prêt inutile à City l'an dernier.

    C'est con*, pour une fois qu'on parlait de la Fio et de Pizarro.


2 réactions :
Poster un commentaire