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L'invincible Roja

31 jours après son sacre sud-africain, l'Espagne étrennait son maillot étoilé au stade Azteca. Plus occupée à se préserver qu'à défendre son statut, la Roja a évité de souiller sa couronne sur un but de dernière minute.

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Le Mexique a longtemps cru ne pas voir les Champions du Monde. La date de la rencontre, placée quelques jours après le retour des héros ibériques dans leurs clubs, avait rendu sceptique un pays qui ne compte plus les déceptions apportées par sa sélection, la dernière en date en huitièmes de finale du mondial. 18 des 23 héros d'Afrique du Sud sont pourtant bien présents au stade Azteca. Et les blaugranas, Carles Puyol et Sergio Busquets, sont même alignés d'entrée malgré la pression mise par le club catalan pour voir ses vaches sacrées confinées à une figuration symbolique.

Une Fédération mexicaine rigide sur le contrat et la classe des jeunes champions du monde ont finalement accouché d'un compromis satisfaisant pour tout le monde. Le président de la fédération espagnole a même parlé d'une dette des citoyens ibériques envers un pays qui avait largement ouvert ses portes aux réfugiés de la guerre civile. Le match avait d'ailleurs une résonance explicitement historique, acheté par le Mexique pour fêter le bicentenaire de son indépendance sur ... l'Espagne. Voilà pour les raisons officielles. Pour l'officieuse, il faut sans doute aller fouiller dans les arcanes de la multinationale allemande, Adidas.

Devant la réticence du Barça à lâcher ses joueurs, la marque aux trois bandes aurait mis un gros coup de pression à la Fédération espagnole pour honorer comme il se doit un engagement qui concerne deux de ses clients les plus rentables. L'Espagne honorait au stade Azteca son maillot étoilé, qui se devait de briller sur les épaules de quelques stars de l'hégémonique Roja. Et, avec 1,2 millions de maillots vendus, le tunique d'El Tri est, elle, la championne du monde des ventes. Devant ce succès, construit notamment sur le marché US, Adidas vient de prolonger son contrat avec la Fédération mexicaine de quatre ans, de 2014 à 2018.

A la 13e minute, c'est toutefois Nike qui ouvre le score. El Chicharo Hernandez profite d'un hors-jeu passif de Vela, pour se présenter seul face à Iker Casillas et la placer à contre-pied, au ras de la jambe droite du portier espagnol. Le vainqueur du Community Shield ne manque jamais ses bizutages, et devient, comme si cela allait de soi, le premier joueur à inscrire un but à l'Espagne championne du monde. Chicharo à la finition, Guardado à l'ouverture, les oreilles de Javier Aguirre peuvent siffler. Lors de la Coupe du Monde, El Vasco n'avait jamais placé son entière confiance en deux joueurs qui semblaient pourtant indispensables.

Côté espagnol, malgré Puyol, Busquets, et la vedette du mercato, Cesc Fabregas, l'équipe est plutôt bis. Le latéral gauche évolue à Osasuna et se nomme Monreal. Autre repréesant basque, l'avant-centre de Bilbao, Llorente. A la récupération, Bruno de Villareal accompagne Busquets. Arrivée lundi soir, l'Espagne gère avant tout la fatigue du voyage et le manque de foncier propre à la période. Après 10 premières minutes à confisquer la balle, la Roja perd toute consistance collective avec l'ouverture du score mexicaine. Champion d'Europe 2008, mais laissé de côté en 2010, Santi Cazorla tire tout de même sur la barre à 30e. 

A l'entame de la seconde période, Ramos prend la place de Puyol aux côtés de Marchena. Cesc dehors, et Alonso au taf'. Un blaugrana fait son apparition sur la pelouse : Victor Valdes supplée San Iker. Pedro viendra plus tard. Côté mexicain, le Chicharo sort, mais l'attaque reste 100% Premier League, avec Vela, Giovani, et Barrera, le nouvel entrant et nouveau visage de West Ham. Les moult mouvements hachent le match et lui font perdre toute cohérence. La chaleur se fait aussi écrasante. Le coup d'envoi a été donné à 15h. Et l'altitude de Mexico coupe le souffle court des hommes de Vicente Del Bosque. Sauf quelques noms d'acteurs de la finale du Mondial, l'Espagne n'a plus rien à voir avec celle du 11 juillet. David Silva arrache pourtant un nul de dernière minute sur un service semi-aveugle de Xavi (90e). Sur l'Empire de la Roja, le soleil ne se couche jamais.

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NB : c'est Javier "Chicharito" Hernandez et non pas "Chicharo" (qui était le surnom de son père à l'époque)
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