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L'Inter (im)puissant ?

L'Inter est-il prêt pour un exploit historique ? Donner son premier Mondial des Clubs à l'Afrique. Face au Tout-Puissant Mazembe, il part, bien entendu, favori. Mais c'était aussi le cas de l'Internacional Porto Alegre en demi-finale.

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Le Tout-puissant Mazembe commence à inquiéter. Après la reconnaissance continentale acquise avec ses deux titres consécutifs de Ligue des champions africaine, c'est une réputation internationale qu'il vient de se tailler en éliminant consécutivement le champion de la CONCACAF et surtout celui de la CONMEBOL. Désormais, voilà les Congolais dans le rôle des sympathiques africains, leurs rafraichissantes célébrations (le show du gardien Robert Kidiaba Mukeba), leurs prières d'avant match, appelés à déjouer les stratagèmes du cynisme rationaliste italien. Le Tout-Puissant n'aura rien à perdre ce samedi soir face à l'Inter Milan. En devenant le premier club de son continent à disputer l'ultime étape de l'ex coupe intercontinentale, il tient déjà sa victoire.

Pour le camp nerazzurro, le sens de sa participation au Mondial des clubs a muté en moins de six mois. Il devait être la cerise sur le gâteau d'une année riche en titres, une occasion de se pavaner, d'exhiber sa puissance. Il ne sera qu'une occasion, voire fonctionnera comme paravent pour « tourner la page » , comme l'a déclaré, Julio Cesar. Un moyen de faire oublier le début de mandat souffreteux de Rafael Benitez, de se projeter vers 2011 avec quelques raisons de croire en un regain. Peu importe la manière, l'Inter doit dominer le TP Mazembe pour s'éviter une crise et le remaniement qui va avec. Surtout, le champion d'Europe veut éviter d'être la risée du monde, six mois après l'avoir mis à sa botte.

Avec Mourinho, l'Inter en avait fini avec sa disette européenne, et balayé ainsi le scepticisme qui escortait son règne absolu vernaculaire. Brocardée pour ses échecs répétés, l'institution nerazzurra avait retrouvé une fierté, déjà touchée à plusieurs reprises depuis le mois d'août. Une défaite à Abou Dabi signerait la dilapidation définitive de l'héritage du Special One, et la fin de l'ère Benitez, à n'en pas douter. A l'aube de l'entrée en lice des siens, le coach espagnol s'était montré rassuré par le retour de blessure de Julio Cesar, Diego Milito et Maicon, mais il a perdu Sneijder dès les premiers instants de la compétition. Dans les séjours plus ou moins prolongés de certains cadres à l'infirmerie se trouve sans doute une partie de l'explication des dernières semaines grises de l'Inter. Mais si y voir la source du mal qui ronge le champion d'Europe arrange forcément l'ex coach de Valence, son incapacité à offrir un cadre (re)-mobilisateur à des troupes comblées mais aussi exténuées par une saison à rallonge - Coupe du Monde oblige- est davantage en cause.

En demi-finale, face aux Coréens de Seongnam, l'Inter n'a pas fait de détail. Mais n'a pas non plus montré de signes encourageants dans sa très perfectible osmose collective. La configuration « Coupe de France » du match, face à un adversaire bien trop faible pour lui, avec la réserve d'engagement qu'elle induit, n'offrait évidemment pas le cadre propice à un match-référence. Difficile d'évaluer l'état de santé du convalescent après 90 minutes disputées au petit trot. Qui voulait évaluer la consistance du TP Mazembe a pu, en revanche, tirer des enseignements de ses deux premières rencontres.

Dominé en quart comme en demi, Mazembe a fait la décision sur des exploits individuels (ses deux buts contre l'Internacional) ou sur une erreur de l'adversaire (l'angle laissé ouvert par le gardien de Pachuca). Appliqué dans son placement, le représentant africain n'a pas encaissé un seul but. Défense de fer alors ? Pas mal de réussite surtout, notamment lors de la première période de sa demi-finale, où les Colorados avaient mangé la feuille. Au final, Brésiliens comme Mexicains n'ont pas vraiment compris pourquoi ils avaient été éliminés, mais le résultat est là. Un constat : les Congolais sont capables d'emporter la décision à tout moment grâce à leurs individualités, et leur discipline collective contraint l'adversaire à faire preuve de créativité pour venir inquiéter le bondissant Kidiaba. Autant dire que l'Inter, à défaut de renouer avec son acmé mourinhienne, devra faire un match sérieux pour écrire l'Histoire (un cinquième titre pour 2010), et éviter d'y figurer dans le camp des vaincus.

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