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L'Inter face au tabou San Siro

Ce dimanche soir, l'Inter Milan reçoit l'ambitieuse formation de la Fiorentina. Et quand on connait les difficultés éprouvées par les Lombards à domicile, les Florentins seraient presque favoris ...

Cela fait 147 jours. 147 jours que les tifosi de l’Inter n’ont pas applaudi une victoire de leur équipe à San Siro. La dernière, c’était le 6 mai dernier. Un derby contre le Milan, remporté 4-2 et qui avait offert le Scudetto à la Juventus. Depuis, les Nerazzurri n’ont pas été capables de remporter le moindre match dans leur enceinte. En championnat, deux matchs face à la Roma et Sienne. Deux défaites. En Europa League, trois rencontres : une défaite contre l’Hajduk Split, et deux nuls contre Vaslui et le Rubin Kazan. Pas franchement des ténors. Or, ce soir, c’est une équipe d’une autre trempe qui débarque à San Siro. La Fiorentina. L’équipe de Vincenzo Montella réalise un très bon début de saison, et vient de tenir en échec la Juventus, lors d’un match qu’elle aurait pu largement remporter. Ironie du football, l’Inter est pourtant devant la Fiorentina au classement. Un point d’avance pour les joueurs de Stramaccioni, qui réalisent un perfect dès qu’ils jouent loin de Milan. À l’extérieur, l’Inter, c’est trois matchs, et autant de victoires, avec même la satisfaction de ne pas avoir encaissé le moindre but. Les cartes sont donc bien mélangées pour cette confrontation entre deux jeunes entraîneurs, qui aimeraient se positionner en candidats sérieux à la Ligue des champions.

Cassano in, Wesley out

Alors, cette Inter, que vaut-elle vraiment ? Depuis le début de la saison, il est très difficile de se faire un véritable avis. Si l’on regarde les matchs disputés à Novara, à Turin (face au Torino) ou à Vérone, on peut parler là d’une équipe taillée pour le Scudetto. Impériale en défense, cynique en attaque, avec un Cassano excellent, l’équipe nerazzurra est littéralement intraitable. Mais dès qu’elle rentre dans l’antre de San Siro, patatras. Le drame. Le jeu disparaît, la défense devient totalement pénétrable, et surtout, l’Inter connaît un blocage psychologique incroyable. La semaine dernière, contre Sienne, le champion d’Europe 2010 a longuement dominé, a buté sur le gardien adverse et s’est finalement écroulé en fin de rencontre. En gros, l’Inter subit à domicile ce qu’elle fait endurer à ses adversaires à l’extérieur. Pourquoi ? Bah, impossible de le savoir.

Même Andrea Stramaccioni, le coach interista, ne connaît pas la solution au schmilblick. « Je ne sais pas ce qui se passe à San Siro. Je pense surtout que cette série est due à la malchance, nous ne sommes pas une équipe différente d’une semaine à l’autre. Ce qui est sûr, c’est que ce soir, il va falloir voir la meilleure Inter de la saison. Il est impératif de notre part de faire un résultat à San Siro et de prouver que nous grandissons sur le plan du jeu » , a-t-il affirmé lors de la conférence de presse d’avant-match. En effet, en obtenant un résultat favorable ce soir, l’Inter recollerait au peloton de tête, puisque le Napoli et la Sampdoria, respectivement deuxième et troisième, s’affrontent cet après-midi. Pour cette confrontation face à la formation viola, Strama devrait reproposer, à peu de choses près, le onze qui s’est imposé face au Chievo, avec Cassano qui remplacera Sneijder, blessé. « D’après ce que me disent les médecins, s’ils font des miracles, Wesley devrait pouvoir rentrer pour le derby  » , souligne le coach. Ah oui, c’est vrai. Cet Inter-Fiorentina est aussi un bon apéro bien copieux avant le derby milanais, à disputer dimanche prochain. À San Siro, évidemment.

La plus belle Fiorentina


Pour la Fiorentina, San Siro est plutôt un bon souvenir. La dernière fois que l’équipe florentine y est venue, elle s’est imposée 1-0 face au Milan AC, en avril dernier, se donnant une énorme bouffée d’oxygène, alors qu’elle était aux portes de la zone de relégation. Six mois plus tard, la musique a bien changé. La Fio n’est plus du tout dans la zone rouge, et flirte plutôt avec les hautes zones de la Serie A. Si elle ne compte que huit points au compteur, elle peut se vanter d’avoir probablement développé le plus beau football depuis le début de la compétition. Mardi soir, elle a offert une prestation de haute voltige face à la Juventus, passant à deux doigts de faire chuter le champion d’Italie. À la fin de la rencontre, le président Della Valle, ému, a affirmé qu’il venait de voir là «  la plus belle Fiorentina qu’il n’avait jamais vue » . Bon, on ne va peut-être pas encore aller jusque-là, mais force est de constater que Vincenzo Montella réalise déjà de bien belles choses avec cette équipe. Totalement métamorphosée pendant l’été, après une saison désastreuse, la formation viola n’a pas mis bien longtemps avant de trouver ses nouveaux automatismes. D’autant que le calendrier n’a pas été très clément. Depuis le début du championnat, la Fiorentina a déjà affronté l’Udinese (victoire 2-1), le Napoli (défaite 2-1), la Juventus (nul 0-0) et maintenant l’Inter.

Si les joueurs violets passent avec brio l’examen San Siro, la suite sera forcément moins laborieuse. Montella, un homme qui n’a jamais vraiment eu peur de venir défier le public milanais, sait qu’il y a un coup à jouer face à une équipe de l’Inter qui doute encore à domicile. Et demande à ses joueurs la même implication que contre la Juve. « Nous ne devons pas être arrogants, mais continuer à développer notre identité de jeu avec cette même personnalité affichée contre la Juve. En jouant ainsi, il y a peu de matchs que nous ne gagnerons pas  » , affirme-t-il. Toutefois, l’Aeroplanino met en garde tout le monde. Son équipe ne débarque pas non plus à San Siro avec le statut de favori. « On me parle d’une Inter en crise, mais moi, ce que je vois, c’est qu’elle a un point de plus que nous au classement. » Vrai. Du coup, l’ancien technicien de Catane a élaboré méticuleusement son onze, avec un Jovetić en barycentre de l’équipe. Le Monténégrin en est déjà à quatre buts cette saison et se souvient, lui aussi, qu’il avait scoré lors de sa dernière venue à San Siro. Et lui, le tabou de l’Inter à San Siro, ça le ferait bien marrer qu’il se prolonge encore un peu, tiens.

Eric Maggiori
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