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L'Inter face à la crise

Il se passe de drôles de choses à l’Inter Milan. En premier lieu desquelles la contestation envers le Président, Massimo Moratti. Ce soir contre Bologne, la victoire est impérative.

Les crises, ce sont encore les chiffres qui en parlent le mieux. L’an passé, l’Inter a terminé la saison avec huit défaites ; elle en compte pour l’instant neuf en 23 journées. La dernière fois que le club avait autant gâté dans le même laps de temps, c’était en 1946-47. Cette saison-là, les Nerazzurri terminèrent l’exercice avec 15 défaites, et échouèrent à une terne 10e place. Quoi d’autre ? Les buts encaissés, peut-être. Dix buts encaissés lors des quatre derniers matchs (pour quatre défaites lors des cinq derniers matchs), et une moyenne de 1,3 but pris par rencontre. C’est la plus mauvaise moyenne de l’Inter depuis 1999. Enfin, l’Inter a 8 points en moins dans la besace par rapport à l’année dernière, à la même époque.

« Où sont Eto’o et Thiago Motta ? »

Certes, le FC Internazionale est 5e. Mais les neufs pions de retard sur la Juventus, deuxième avec deux matchs en retard, semblent dur à rattraper. La surprenante défaite contre Novare n’a évidemment rien arrangé à la chose. Et chose suffisamment rare pour être signalée, le Président Massimo Moratti subit les quolibets de certains de ses supporters. Les maux dont on l’accuse ont été exprimés en chansons dans les gradins de San Siro, comme il est de coutume lorsque des supporters ne sont pas contents. « Va-t’en  » , « Vends le club » , «  Et maintenant, tu vas vendre aussi Sneijder  » , « Où sont Eto’o et Thiago Motta ? » … Avant Noël, les supporters de l’Inter avaient annoncé la couleur avec une banderole « Le soutien envers les joueurs le club ne pourra pas manquer, mais au moins en janvier montrez-nous que vous avez les idées claires  » .

Voilà déjà février, et les supporters n’ont toujours pas eu la réponse escomptée. Et plus que l'entraîneur, c'est bien la direction qui est pointée du doigt. Qu’est-ce que l’Inter, aujourd’hui ? Un club à la recherche de son identité, vivant encore dans le fantasme de José Mourinho. Après la victoire dans le derby milanais, il y a un peu plus d’un mois, on pensait les Nerazzurri repartis comme à la belle époque ; ce fut tout le contraire. Il faut dire que cela fait un petit bout de temps que le club lombard fait un pas en avant, deux pas en arrière. En cause notamment : un recrutement décevant. Zarate joue en tirant la tronche, Alvarez n’est pas à la hauteur des attentes placées en lui, et Castaignos, trop vite comparé à Thierry Henry, n’a été aligné qu’à 4 reprises. À cela, il faut rajouter un départ de Thiago Motta à la photo finish lors du mercato hivernal, un peu de tension entre Pazzini et Sneijder après la défaite de Lecce, et des rumeurs sans cesse plus insistantes quant à un départ du Hollandais volant.

« Plus rien ne me dérange »


L’an passé, l’Inter avait vu le début d’une crise pointer le bout de son nez, avant que Leonardo ne parvienne à redresser tout le bazar. Son départ surprise vers le PSG version qatari a fait revenir tout le monde à la case départ. Bref, depuis deux ans, le club a perdu sa stabilité et sa superbe. Même le timide Gasperini, licencié au bout de quelques matchs en début de saison, y est allé de sa petite pique en critiquant le mercato effectué lorsqu’il était encore en place. « La grande classe » , a répondu Massimo Moratti devant les journalistes. Devant les caméras, le président a tenté de rassurer les supporters. Il a aussi déclaré qu’il n’avait pas entendu les chants de contestation. Il y a quelques semaines encore, la venue d’un adversaire comme Bologne aurait ressemblé à une simple formalité. Dans le contexte actuel, le match ressemble plus à une gigantesque opération rachat. Hier, c'était au tour de Claudio Ranieri de tenter d’éteindre le feu en conférence de presse. « Pourquoi tant de grands joueurs sont paris ? Il faut le leur demander. Contre Bologne, nous devrons prendre des points » . Puis, un journaliste lui a fait remarquer que lors du dernier match du Barça, Pep Guardiola avait une écharpe bleue et noire. Un signe pour un futur transfert ? Claudio Ranieri a poussé un soupir: « Je ne l’ai pas vue. Plus rien ne me dérange, j’ai 60 ans  » .



Lucas Duvernet-Coppola, à Rome
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