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L'Inter en quête de rachat

Trois jours après sa cuisante défaite face au Milan AC, l'Inter est appelée à relever la tête en Ligue des Champions. Schalke n'a pas les mêmes arguments à faire valoir que les Rossoneri, mais probablement la même envie d'en découdre.

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L'Inter a la gueule de bois. Et les jambes lourdes. Impossible de le nier, même pour le plus optimiste des tifosi. Le derby résonne encore toutes les têtes. Pato, Cassano, les banderoles anti-Leonardo : les images repassent dans les esprits des joueurs interistes. En boucle. Et pourtant, il faut déjà passer à autre chose. Trois jours après la défaite face au Milan AC (3-0), qui met probablement un terme aux espoirs de Scudetto des Nerazzurri, l'Inter va devoir sortir ses attributs et réagir. Et là, il ne s'agit pas d'un match en retard de Serie A face à Cesena ou un huitième de finale de Coupe d'Italie contre Livourne. Non. L'Inter part défendre son titre de Champion d'Europe, devenu soudainement, suite au derby, objectif principal de cette fin de saison. L'adversaire ne porte pas de maillots rouges et noirs, heureusement, mais un joli ensemble bleu et blanc. Moins agressif pour un œil aguerri.

"Ils couraient beaucoup plus vite"

Lors du tirage au sort des quarts de finale, quand les joueurs de l'Inter ont aperçu le petit papier “Schalke 04”, un grand ouf de soulagement général a été poussé. Le Barça est évité, le Real Madrid et Chelsea aussii. Sur le papier, le club allemand, actuel onzième de Bundesliga, semble effectivement l'adversaire le plus abordable. Comme si le destin offrait une récompense au club de Moratti, après sa qualification insensée face à un autre club allemand, le Bayern Munich. L'Inter face à l'Allemagne : un duel dans le duel, tant les Interistes se démènent depuis l'an dernier pour empêcher, en vain, l'assaut des clubs allemands au ranking UEFA. Mais attention à ne pas tomber dans le piège du “trop facile”. Pas brillant en championnat, Schalke sait se sublimer lorsque retentit la musique de la Ligue des Champions. Jean-Michel Aulas peut témoigner, lui qui a ouvertement insinué que son équipe avait été balayée (3-0) par une équipe de dopés, un soir de novembre. Emmenés par un Raùl qui a fait de la C1 sa résidence secondaire, les joueurs de Ralf Rangnick (remplaçant de Félix Magath) ont, après Lyon et Benfica, fait déchanter le FC Valence en huitièmes de finale. Un beau tableau de chasse, que l'Inter ne doit pas faire l'erreur d'ignorer. « Schalke a joué en Ligue des Champions contre des équipes importantes, même si, en championnat, ils n'ont pas eu la même continuité. C'est une équipe que nous devons craindre, qui est pleine d'enthousiasme et qui a acquis un niveau important » assure Leonardo en conférence d'avant-match. Or, sa troupe aborde cette rencontre en étant pleinement consciente qu'en Ligue des Champions, elle revient de nulle part. Raison de plus pour ne pas négliger un adversaire qui s'est hissé jusqu'aux quarts d'une compétition qui lui offert dans de joies et d'émotions la saison passée.

Fatigue, absences et optimisme

Premier motif d'optimisme : avec Leo, l'Inter a toujours su réagir après une défaite. Ce fut le cas deux fois en championnat (défaite à l'Udinese suivi d'une victoire contre Palerme, puis défaite à la Juventus enchaînée par un succès contre la Fiorentina) et une fois en Ligue des Champions (défaite face au Bayern, rattrapée par une victoire contre la Sampdoria trois jours plus tard). Le coach espère donc que ses joueurs réagiront de la même manière après le revers subi pendant le derby. « Après chaque défaite, il y a de l'amertume. Alors imaginez après le derby... Maintenant, nous pensons uniquement à la Ligue des Champions. Après les défaites, cette équipe a toujours eu de bonnes réactions, et cela se passera également de cette manière cette fois-ci » assure-t-il. Néanmoins, ce derby-là ne fait pas seulement mal dans les têtes. Il met le doigt sur une évidence : les joueurs sont cuits, épuisés par un rush de vingt matches en trois mois (matches en retard de Serie A, Coupe d'Italie, C1) où les mêmes titulaires ont souvent été alignés. Thiago Motta, Cambiasso, Maicon et Eto'o, pour ne citer que les plus illustres, ont semblé à bout de force au moment de tenter l'abordage final au Milan AC. Sans parler des absences chroniques, celles de Samuel, Lucio et Milito en tête de gondole, grands artisans des victoires de Mourinho, et grands absents cette saison. L'attaquant argentin devrait d'ailleurs faire son grand retour dans le onze titulaire ce soir. La dernière fois qu'un club allemand a croisé sa route, c'était le 22 mai dernier. Finale de C1 contre le Bayern. Un doublé, et tout le monde au lit. Tout un peuple attend le bis repetita face à Schalke. « Le derby est archivé et maintenant, nous voulons gagner contre Schalke. C'est une équipe forte, que nous respectons. En Ligue des Champions, on n'arrive pas en quarts de finale par hasard. Mais si nous voulons passer le tour, nous ne devons pas les sous-estimer » affirme le buteur dans le Corriere dello Sport.

Ne pas sous-estimer. C'est le mot d'ordre. Et ça, l'Inter sait le faire. L'an dernier, ils ont su ne pas sous-estimer le CSKA Moscou, à ce même stade de la compétition. Résultat : victoire à l'aller, victoire au retour. C'était il y a un an. Autre saison, autre entraîneur, autre dynamique. Mais l'Inter reste l'Inter. Des acharnés restent des acharnés. Pas besoin de s'appeler Raùl ou Huntelaar pour le savoir.


Eric Maggiori

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