1. // Serie A – Lazio/Inter (3-1)

L'Inter à terre

Les Romains sont superstitieux. La seule fois où l'aigle Olympia n'a pas volé avant un match, face à la Roma, la Lazio a perdu. L'Inter était prévenue et Benitez était même inquiet de voir le rapace. Il avait raison. Olympia a volé et la Lazio a gagné. Prends ça Paul le Poulpe.

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Sept ans. Sept longues années que la Lazio n'avait pas battu l'Inter. Chaque malédiction a un terme et celui-ci a pris fin ce vendredi 3 décembre 2010. Certes, l'Inter proposée par Benitez n'a plus grand-chose en commun avec celle qui a remporté la Ligue des Champions en mai dernier. Castellazzi à la place de Julio Cesar, Natalino pour Maicon, Biabiany en lieu et place de Milito. Ça a moins de gueule, c'est sûr. Mais ce soir, l'Inter a surtout péché par manque de conviction et de détermination. La Lazio était revancharde, plus fraîche, et tout simplement plus motivée. Il faut bien se l'avouer : Benitez n'est pas non plus Mourinho, et si son équipe s'est déjà inclinée face à la Roma, Milan et maintenant la Lazio, la faute n'incombe pas seulement aux blessés. Il semble désormais inéluctable que le mariage entre le coach espagnol et le club de Moratti prendra fin après le Mondial des Clubs. De son côté, la Lazio tombe enfin le masque. Les Biancocelesti, après des années de galère dans l'ombre de la Roma, refont surface. Ils sont là, bien là, et il ne leur manquait plus qu'une victoire face à un ténor de la Serie A pour le confirmer. C'est désormais chose faite.

Contrairement à leur dernière confrontation le 2 mai dernier, cette fois-ci, personne n'est là pour rigoler ou se laisser battre. Aux chiottes le jumelage. Même Olympia ne déconne pas et réussit ses trois tours de terrain avec brio. Prémonitoire. Reja avait demandé des guerriers, pas des victimes. Radu l'a bien écouté et ouvre les hostilités avec une bonne savate au débutant Natalino (4ème). Il évite le carton, ce qui n'est pas le cas de Muntari (8ème). Le ton est donné. Et le jeu ? Pas grand-chose lors des vingt premières minutes. Les deux équipes se craignent et s'attendent mutuellement. Sneijder tente une première frappe de loin (16ème). Ça fera un souvenir pour un supporter de la Curva Nord. La Lazio répond avec un magnifique centre d'Hernanes, qui trouve la tête de Floccari : Castellazzi d'abord et Zanetti ensuite éteignent l'incendie. Mais la Lazio prend peu à peu l'ascendant. Zarate sème la panique dans la surface interiste (26ème), qui s'en sort avec un corner. Mauvaise idée. Du coup de pied de coin naît l'ouverture du score : un cafouillage dans la surface se termine on ne sait trop comment au fond des filets. Floccari de la tête ? Non non. Biava de la hanche. Mais à ce moment-là, tout le monde s'en fout. La Lazio n'avait plus marqué contre l'Inter depuis avril 2008. Alors que ce soit de la hanche ou de l'oreille, who cares ? L'Inter est sonnée. Mauri a tout de suite l'occasion de doubler la mise, mais se fait rattraper par Zanetti, un petit jeunot (28ème). L'Inter réagit par des frappes de loin : d'abord Sneijder (31ème) puis Thiago Motta (38ème), entré à la place de Stankovic. Muslera n'est pas très académique, mais repousse. La première mi-temps se termine par un tête-à-tête Matuzalem-Sneijder, qui, c'est sûr, vont s'étreindre après la rencontre.

Lors des cinq premières minutes de la deuxième mi-temps, la Lazio semble dire "Venez, on vous attend". En fait, ce n'est qu'un leurre. Après avoir fait croire à son adversaire qu'il allait lui laisser les clefs du jeu, l'Empire romain contre-attaque. Hernanes lance Zarate en profondeur, l'Argentin de poche devance le encore plus petit Natalino et trompe Castellazzi d'une balle piquée. 2-0, coup de massue pour l'Inter. Galvanisés par ce deuxième but, les Laziali commencent à se prendre pour le Barça. Des talonnades par ci, des râteaux par là, l'Inter n'est pas loin de l'humiliation. Sauf que le Barça, quand ça accélère, ça marque un troisième but. Pas la Lazio, qui rate une occasion immanquable par Mauri (67ème). Et comme on dit, "but raté, but encaissé". Bim, la sanction tombe, par la fameuse loi du but de l'ex : Goran Pandev. Le Macédonien profite de deux contres favorables pour tromper son ancien coéquipier Muslera (74ème). Cette réalisation rappelle à l'Inter qu'elle est Championne d'Europe. Benitez doit faire entrer Alibec pour donner du poids à l'attaque. Tristesse. Sneijder sonne la révolte et inquiète encore le portier uruguayen sur coup-franc (77ème). La Lazio est acculée dans sa moitié de terrain et pour le coup, elle ne ressemble plus au Barça, mais, au mieux, à Almeria. Cordoba a même la balle de l'égalisation au bout du pied (87ème), mais Muslera sauve les meubles, sans faire exprès. De la hanche, nous dit-on. Décidément. Et qu'est-ce qu'on disait tout à l'heure ? But raté, but encaissé. L'adage se confirme. Sur la contre-attaque, Matuzalem obtient un coup-franc. Hernanes couronne sa prestation d'une superbe frappe enroulée dans le petit filet opposé (89ème). L'Inter hisse drapeau blanc. La Lazio met fin à sept années de frustration et de défaites au terme d'un match qui sent bon la nouvelle ère. Pour l'Inter, en revanche, ça sent plutôt la fin de cycle. Et il semble probable que Benitez soit désigné d'office comme bouc émissaire de cet échec collectif.



Eric Maggiori

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