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L’Inter a déjà passé la cinquième

Dimanche, face à Bologne, l’Inter a obtenu sa cinquième victoire consécutive en Serie A, la septième toutes compétitions confondues et la huitième en huit matches à l’extérieur cette saison. Cela veut-il dire qu’il faut les prendre au sérieux ?

Ce n’est peut-être qu’une coïncidence. Oui, peut-être. Saison 2009-10. Mourinho aux commandes de l’Inter. La saison de l’apothéose pour les Nerazzurri, qui réalisent un fabuleux triplé Scudetto-Coupe d’Italie-Ligue des Champions. Lors de la 13e journée de championnat, l’Inter se déplace à Bologne. Score final : 3-1. Les buteurs ? Balotelli, Milito et Cambiasso. On prend l’horloge, et on la tourne de trois ans. 28 octobre 2012. L’Inter se déplace à Bologne. Score final : 3-1. Les buteurs ? Ranocchia, Milito et Cambiasso. Drôle. Pourtant, de l’eau a coulé sous les ponts entre les deux époques. L’Inter de Stramaccioni n’a plus grand-chose à voir avec celle du Mou. Mais le parallèle entre les deux rencontres est amusant. A Bologne, l’Inter s’est imposée en patronne, comme elle avait l’habitude de le faire lors de ses années de domination. Une victoire où elle n’a pratiquement rien concédé à son adversaire, confirmant son incroyable force loin de San Siro. A l’extérieur, l’Inter réalise cette saison un sans faute. Cinq victoires en cinq matches de championnat, trois succès en autant de rencontres d’Europa League. A Bologne, elle a même encaissé son tout premier but à l’extérieur de la saison en Serie A. L’équipe tourne à plein régime et pourtant, lorsque l’on évoque les potentiels candidats au titre en Italie, personne n’a encore le réflexe de citer l’Inter. Et si c’était ça, sa force ?

Cuchu Cuchu YaYaYaYa

Alors, qu’est-ce qui fonctionne si bien dans cette Inter que l’on n’attendait ni aussi haut, ni aussi en forme ? A peu près tout. Souvent en difficulté l’an dernier en défense, l’équipe a trouvé une stabilité et une assise défensive, avec un trio Samuel-Ranocchia-Juan Jesus complémentaire au possible, épaulé par les deux latéraux que sont Nagatomo et l’inusable Zanetti. L’attaque marche bien aussi. Stramacioni, depuis quelques journées, ose le « tridente » , avec Palacio, Milito et Cassano. Ce dernier est d’ailleurs dans une forme olympique, même s’il n’a joué qu’une vingtaine de minutes contre Bologne à cause d’une douleur aux cervicales. Avec cinq buts déjà inscrits depuis le coup d'envoi du championnat, Antonio réalise l’un des meilleurs débuts de saison de sa carrière et semble avoir véritablement trouvé l'environnement qui lui convient le mieux, aussi bien en numéro 10 juste derrière les deux attaquants, qu’en pointe aux côtés de Milito.

Sinon, le grand bonhomme de ce renouveau interista, c’est indubitablement Esteban Cambiasso. Le « Cuchu » est le joueur le plus aligné par Stramaccioni cette saison, et semble être le véritable lien entre ce que demande le coach et ce que réalisent les joueurs sur la pelouse. Positionné au-dessus de la défense, il n’hésite pas à monter, à la manière d’un Pirlo à la Juve, pour offrir des passes décisives à ses attaquants (trois déjà cette saison). Déjà l’un des leaders de l’Inter de Mourinho, Cambiasso a enfin retrouvé sa condition physique, après avoir connu pas mal de pépins la saison dernière. Ajoutez à cela un Palacio qui est en train de trouver ses marques et un Mundigayi qui fait beaucoup de bien au milieu de terrain, notamment dans la récupération, et vous obtenez une équipe en constante évolution (car révolutionnée cet été) mais qui sait faire de cette alchimie nouvelle une véritable force.

Stramaccioni, le goût du risque


Évidemment, pour tout projet en construction, il faut un maître de chantier. A l’Inter, tout ce petit monde est guidé par Andrea Stramaccioni. Le jeune entraîneur, totalement à blinde après chaque victoire (superbe joie sous la Curva après le derby milanais), est en train de prouver à tous que Moratti a eu confiance de miser sur lui, au lieu de faire signer un grand nom pendant l’été. La force de l’ancien mister de la Primavera ? Adapter sa formation à l’équipe qu’il rencontre, quitte à se planter et à devoir faire des changements en cours de jeu. Ainsi, face à Bologne, Strama a aligné un milieu de terrain à cinq (alors que lors des deux matches précédents, contre Milan et Catane, c’était un 3-4-3 voire un 3-4-1-2), ce qui a notamment permis à Cambiasso de perforer le milieu de terrain bolognais à chaque fois qu’il montait. « J’avais préparé le match ainsi et je voulais jouer ainsi. J’essaie de prouver au président qu’il n’a pas gâché son argent en pensant à moi comme entraîneur » assure le technicien.

Alors, quoi ? L’Inter, qui compte actuellement quatre points de retard sur le leader, a-t-elle les moyens d’aller titiller la Juve dans la course au titre ? Les versions varient, selon les hommes. Juan Jesus, le défenseur brésilien, affirme que l’Inter « joue toujours pour décrocher le Scudetto  » . Diego Milito, qui a connu le très haut puis le beaucoup plus bas, se montre beaucoup plus réservé. « Je ne sais pas si nous sommes l’anti-Juventus. Eux jouent ensemble depuis deux ans et font des choses extraordinaires. Nous verrons bien. Pour le moment, il ne faut penser qu’au match de mercredi contre la Sampdoria » assure le goleador argentin. Et le Strama, qu’en pense-t-il ? Pas de commentaires. Lui préfère faire semblant de ne pas s’en préoccuper et de tracer sa route. Ainsi, lorsqu’un journaliste italien lui demande, dimanche, s’il a vu ce qui s’était passé lors de Catane-Juventus, et les polémiques qui en ont découlé, lui répond sèchement : « Non » . Avec l’air espiègle de celui que se fout ouvertement de la gueule du monde. Il aurait presque un petit quelque chose du Mou, là-dedans.

Par Eric Maggiori
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