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L'indispensable Monsieur Essien

C'est une certitude : Chelsea a beau aligner un effectifs de fuoriclasse, il n'est plus grand-chose dès que son fabuleux Ghanéen manque à l'appel. Eclairage sur celui qui est peut-être le joueur le plus essentiel de la planète foot.

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Personne ne peut mettre en doute le coup d'œil de sir Alex Ferguson. Mais pour une fois, il faut bien dire les choses, il s'est lourdement trompé. Car il y a quelques semaines, Michael Essien révélait qu'il avait fait un essai à Manchester United à l'âge de 17 ans. Sans être retenu à la fin. Alors bien sûr, le manager des Red Devils peut bien expliquer à qui veut l'entendre que s'il a laissé filer la perle rare, c'était uniquement pour une obscure histoire de permis de travail, on peine à suivre. Car ce que Fergie veut, il l'obtient. C'est donc qu'il ne voulait pas du jeune homme. Ou qu'il n'était pas assez fort, ce qui à l'arrivée revient à peu près au même. Mais soyons honnête jusqu'au bout, en 2000 (année du fameux essai), MU sortait tout juste de son fabuleux triplé (Championnat-Cup-Ligue des champions) et pouvait se foutre comme de sa dernière pinte d'un jeune Ghanéen mal dégrossi sorti d'Accra. N'empêche, dix ans plus tard, le pire rival des Mancuniens, Chelsea, peut se féliciter chaque jour de cette désinvolture de l'époque. Car le club l'expérimente toujours un peu plus : sans Essien, point de survie ou presque pour les Blues.

« Personne ne m'a jamais mis à terre »

Le Black Star appartient à une espèce rare : ceux qui font la différence sans avoir nécessairement besoin de marquer. Ce qui situe l'influence du gaillard. Ou plutôt du « Bison » , ce fameux surnom donné par Eric Abidal à l'époque où Michael Essien faisait régner la terreur avec l'Olympique Lyonnais, en France et même en Europe. « C'est pas compliqué, c'est le joueur le plus impressionnant que j'ai jamais croisé. Je le situe même un poil au-dessus du grand Vieira » , avait même avoué Sidney Govou un jour de sobriété. Le genre de joueur avec qui on peut partir à la guerre. Mieux : qui adore ça ! «  J'éprouve autant de plaisir à récupérer une balle dans les pieds, à soulager un copain en difficulté qu'à marquer, explique l'intéressé. J'aime aller au contact. Plus jeune, je jouais avec des grands. Quand je pleurais, quand je prenais des coups, ils me répétaient : ‘Bats toi !'. Je ne suis jamais tombé sur quelqu'un qui m'ait mis à terre dans un contact épaule contre épaule. Mais ça peut arriver. Comme je sais que je peux être bougé, je suis toujours prêt à l'impact. Surtout, je n'ai jamais peur » . Non, la frousse c'est plutôt pour ceux qui croisent sa route. « C'était un de mes cauchemars et j'ai été soulagé quand je l'ai enfin eu comme partenaire à Lyon » , révèle Eric Carrière, 22 kg tout mouillé, comme une manière d'antithèse de l'ex-Bastiais. Et Govou encore de se marrer : « Avec lui et Mahamadou Diarra à l'OL, au bout d'un quart d'heure, le match était plié car ceux d'en face étaient déjà marqués par leur puissance, ils avaient déjà perdu dans leur tête et on avait plus qu'à terminer le travail devant » . Depuis cinq ans, c'est Chelsea qui fait le même constat. Et bizarrement, malgré un effectif dix fois supérieur à celui de l'OL de la grande époque, la dépendance des Blues à Essien semble encore plus grande, ce qui situe le niveau superlatif du Bison.

Le geôlier de Gerrard...

Un rapide coup d'œil à la courbe de performances de Chelsea est souvent liée à la présence ou non d'Essien. Ainsi quand après un hiver difficile en 2008-2009 en l'absence de leur crack blessé à la cheville, les Londoniens reviennent à toute berzingue pour, en C1, pour sortir la Juve (but d'Essien salvateur à l'aller) puis éliminer un Liverpool alors euphorique (et cette banderole savoureuse des fans londoniens en référence aux ennuis judiciaires de Gerrard, muselé ce jour-là par Essien : «  Vous avez le prisonnier, on a son geôlier » ), avant de presque passer par la fenêtre l'invincible Barça (sur une volée irréelle du Ghanéen), ils le doivent avant tout au retour de leur milieu de terrain. Idem l'an passé quand les Blues passent totalement à côté de leur sujet en Ligue des champions face à l'Inter alors qu'Essien soigne son genou durement touché en janvier.

Et cette saison encore, comment ne pas noter que les deux derniers naufrages à Liverpool (0-2) puis face à Sunderland (0-3) se sont déroulés sans le joueur formé aux Liberty Professionnals ? Car en homme à tout bien faire, Essien est celui qui colmate toutes les brêches, cerbères devant la défense, back-up essentiel à droite quand ce tâcheron de Paulo Ferreira avale le bouillon, percutant dans le jeu de transition surtout en l'absence de Lampard et décisif à l'occasion quand Drogba, Anelka et Cie sont en panne (3 buts cette saison déjà). Et personne ne peut jurer qu'Ancelotti ne devra pas se résoudre à replacer son box-to-box player en défense centrale en l'absence prolongée de John Terry. Essien, un cache-misère de luxe. Pendant ce temps, quelque part du côté de Carrington, Ferguson, qui se débat avec une arrière-garde fragile, un milieu inconsistant et une attaque laborieuse, au gré des absences et des méformes, maudit ce jour d'avril en 2000 quand il a à peine regardé un jeune Ghanéen de 17 printemps...

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Effectivement, Essien vaut bien un article tellement ce joueur est impressionnant. On peut toujours se laisser à imaginer quelle aurait été l'issue du mondial 2010 si le ghana avait eu cet été son capitaine. Sûrement mieux qu'un 1/4 de finale...
En revanche, MU a peut-être "une arrière-garde fragile, un milieu inconsistant et une attaque laborieuse", il ne faut pas oublier que c'est toujours la seule équipe en europe à ne pas avoir concédé de défaites avec le réal, et que MU est co-leader avec Chelsea...
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