L’incroyable journée de Marek Hamsik

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2 15
La vie d’un footballeur napolitain est pleine de surprises. Bonnes ou mauvaises.

Hier, Marek Hamsik, déjà bien intégré à la vie napolitaine depuis le vol de sa Rolex il y a quelques années, a connu une journée pour le moins mouvementée. Entre l’incendie de la cuisine du centre d’entraînement du Napoli et la probante victoire de son équipe le soir face à Manchester City (2-1), l’international slovaque a vécu un après-midi compliqué. Averti peu après l’entraînement que sa compagne Martina Franova, joueuse de handall et accessoirement, femme enceinte, venait de se faire car-jacker le BMW X6 bleu familial, l’homme a la crête s’est empressé de quitter les siens pour filer au chevet de sa bien aimée.

Tout est bien qui finit bien, puisque le Corriere Dello Sport affirme qu’en dépit de l’état de choc dans lequel s’est logiquement retrouvée la femme du milieu de terrain, le reste est rentré dans l’ordre. La voiture du couple a été retrouvée près de Capri, grâce à l’alarme antivol satellitaire judicieusement installée par le joueur.

Visiblement apeurés par ce système de sécurité, les voleurs ont pris la fuite.

Pour échapper à la police. Peut-être. Ou a d’autres. Du même genre que ceux qui avaient restitué sa Rolex à Marek. SB
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nadalito_15 Niveau : DHR
C'est vrai que l'histoire de sa montre est digne d'un film de mafia!
pourquoi un film nadalito ?

tu ne crois pas qu'avant "le film sur la mafia" existe tout simplement "la mafia" ?


génération numérique ....
nadalito_15 Niveau : DHR
Eh bien parce que le cinéma romance le tout et rend la mafia sexy et attrayante.

Par contre, tout doux sur ta dernière remplie de condescendance et très pédante.
Les Coppola et Hawks étaient déjà là avant le numérique, c'est un peu grâce à eux qu'on a pu se représenter la mafia.
Le numérique ou cinéma n'a pas que du mauvais ;).
bon bon, bunk, si tu as envie de pinailler, pinaillons. Le mot "mafia" ne veut rien dire : il y a la Camorra (a Naples), Cosa Nostra (en Sicile), la 'Ndrangheta (Calabre), etc. Par contre à Rome on n'a pas de mafia, on a, pour le prix du même phénomène social, des "bandes", comme celle de la Magliana ; en Sardaigne non plus on n'a pas de "mafia", on a des "nationalistes", ou des "bergers armés", regarde un peu, alors que dans les Pouilles, qui se trouvent assez au Sud pour rentrer dans les canons très voltairiens de la loi 41bis, tout petit dealer cousin d'Antonio Cassano se retrouve gratifié de l'étiquette de "boss de mafia".

Mafia est une expression qui met donc ensemble des phénomènes très (vraiment très) différents, c'est donc une expression sociologiquement générique et abusive, essentiellement politique (comme le concept très français de "patois"), et désormais devenue métaphorique : la mafia "générique" n'existe justement que dans les films "de mafia", qui d'ailleurs ne montrent souvent qu'une mafia à la sauce américaine -- ou bien la mafia "générique" fleurit dans le jargon des complotistes de tous bords : mafia juive, mafia financière, etc. Drumond et Maurras auraient adoré et utilisé largement le mot Mafia : ça sonne tellement mieux que "France juive" ou "Anti-France".

Par ailleurs, pour revenir à nos moutons, quand il s'agit de Camorra films et réalité vont ensemble, car la jeune racaille camorriste qui vit dans les cités de Scampia a justement des modèles esthétiques bien précis : les chansons mélodiques (le "rap des camorristes") ou, par exemple, les gestes cinématographiques de Pacino-Montana (on a pas mal étudié en Italie le phénomène des villas de camorristes faites exactement sur le modèle de la villa de Pacino-Montana). Bien évidemment, ce sont donc les gangs cinématographiques de latinos à fournir un modèle à ces caïds, certainement pas Don Corleone ou les Sopranos...

Pour finir, on parle un peu vite de "Camorra". Laquelle? La camorra historique du 19ème siècle, qui vivait avec le proxénétisme et jouait le role de huissier de justice des usuriers ? La petite camorra des années 1940, dédié à la contrebande de cigarettes et au monopole du marché de fruits et légumes, exploitée par Lucky Luciano, qui n'était pas "camorrista" ? Celle recréée par Cutolo dans les années 1970, ou l'actuel ramassis de gangs en guerre perpétuelle qui se disputent le marché de la drogue et les maigres épaves d'une région (la campanie) économiquement et sociologiquement au bord du gouffre ?

bisous et forza napoli
Merci pour ce parfait éclairage sur le terme "mafia" antonio.
très drole nadalito.

Un : tout doux sur quoi ? Où est la condescendance et la pedantrie dans "génération numérique" ?? Tu le fais exprès ou tu as une légère poussée paranoïaque ?

Deux : quand je dis "génération numérique" c'est, et je pense que tu l'as compris, pour illustrer une certaine dérive sociétale qui se matérialise par une tendance à ériger en référence l'image de la chose plutôt qu'à la chose elle-même. Un peu comme quand tu vois un touriste qui ne pense qu'à avoir sur support photographique l'image du monument mais qui ne passe pas plus de 2 secs à regarder ou à s'interesser au dit monument.

Trois : @antonio. Merci pour ton rapide cours sur la mafia, bien qu'inutile. Je ne vois vraiment pas où tu veux en venir à part pour dire que le terme "mafia" est dévoyé, que la réalité est multiple et complexe (ce dont personnellement, je suis tout à fait conscient) et que la dynamique "mafia(s)" - cinéma est bi-latérale; bref, on a vu que tu en connaissais un rayon et que ça te botait bien, franchement c'est cool... je t'embrasse aussi... et forza le limoncello à Mergellina

et
coucou bunk, tu as bien compris que ce n'était pas méchant ni spécialement adressé à toi, ce qui m'a poussé instinctivement à écrire était juste l'envie de défendre la bonne foi de nadalito et son bon droit de citer les "films de mafia", car -- qu'on le veuille ou non -- la mafia est un phénomène dont on ne comprend pas l'actualité sociale si on ne part pas des films et de ses représentations. nadalito, sans peut-etre connaitre grand chose au phénomène, a dit quelque chose de très juste. il y a une différence entre réalité et fiction, mais le problème justement est de ne pas voir les endroits où la réalité s'inspire de la fiction, ou pire, les endroits où la réalité que l'on croit détacher de la fiction n'est rien d'autre qu'une image "vérifiée" de sa propre vision fictive. dire que la mafia n'est pas seulement dans les films mais qu'elle "existe" pour finalement se figurer la mafia existante selon les filtres journalistiques qui sont, justement, cinématographiques, n'arrange rien à la compréhension. Et dire que c'est "socialement complexe" non plus: c'est au contraire très simple. Des dealers, des cités baties dans les années 1960 sans aucune logique de vivibilité hurbanistique, échec scolaire, racisme envers les immigrés "internes", ce sont là des phénomènes que les français connaissent pourtant très bien, je crois. Je suis donc agacé de voir des amis français s'indigner contre Hortefeux ou Marine Lepen et ensuite prôner le discours de certains m'as-tu-vu italiens soi-disant de gauche qui prônent l'intervention de l'armée et le nettoyage des cités de Naples au karcher.

on parle tant de berlusconi en france, aucun journal pourtant n'a dit que la seule loi vraiment anti-constitutionnelle qu'il a fait voter est un "Code Anti-Mafia", approuvé par l'assemblée à l'unanimité (l'unanimité dans le parlement italien!) qui côtoie désormais le code civil et le code pénal et légalise la précédente législation "d'urgence". Beccaria souffre, dans son cercueil.

pour finir, il y a plein de gens qui croient en connaître un rayon sur la mafia. personnellement ça ne me botte pas du tout, ce n'est pas un sujet que j'aime traiter, et je ne dis jamais ni merde ni mafia en présence d'enfants ou de gens que je répute intelligents. si je connais très bien le sujet c'est à cause de mon métier, de mon vécu (je viens d'un village "de mafia") et de l'état de malaise dans lequel me fout le discours sur la "mafia". pour le reste, tu auras remarqué que mes posts sur sofoot ne sont pas légion : si je crois que ça n'intéresse personne, j'évite.

a presto, senza rancore

a.
filoubifrance Niveau : CFA2
perso je remarque que ce débât n'a pas grand-chose à voir avec le foot...
tant mieux filou si tu ne vois pas le rapport, tant mieux. courons tout de suite le dire à hamsik, balotelli qu'on a crucifié pour son "tour" à scampia, pour de laurentis qu'on a crucifié parce qu'on a découvert que le fils d'un camorrista était à un match du napoli, à cassano et à sa famille, à cannavaro et à son enfance, à schillaci. en effet, quel rapport entre foot et "mafia" en italie? quel idiot que je suis.

pardon filou pour l'ironie à deux balles, mais bon, ça ma échappe.

je vais au boulot, bisous à tout le monde
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