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L’inconnu de l’année : Alex Aranzábal

Il est le premier président de l’histoire d’un club vieux de 75 ans à toucher un salaire. Mais il est surtout celui qui lui a donné un second souffle. Alex Aranzábal dirige Eibar depuis 2009. Et en a fait l’un des clubs les plus sains d’Espagne.

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« Elche a vécu bien au-dessus de ses moyens. La sanction est logique. » Alex Aranzábal est titulaire d’un doctorat en économie, donc bien placé pour analyser la relégation administrative du club (la saison dernière) de la province d’Alicante. Mais surtout, il est le président d’Eibar, l’équipe qui a bénéficié de cette descente pour conserver sa place en Liga, malgré une saison catastrophique et une dix-huitième place fatale. « Elche est comme un vainqueur de Tour de France déchu de son titre pour dopage. Nous sommes solidaires d’Elche. Mais cette sanction montre que le football espagnol apprend de ses erreurs » , déclare-t-il sur les ondes de la Cadena Ser. Nous sommes en juillet dernier, et Aranzábal, entrepreneur à succès qui préside le club depuis 2009 se réjouit de la survie de son club en première division. Avant de véritablement lui donner une seconde vie.

Une santé financière rare en Espagne


Eibar est une commune de Guipúzcoa, à mi-chemin entre Bilbao et San Sebastián et qui vit principalement du commerce du fer. Mais son équipe de football lui procure depuis quelque temps une fierté nouvelle. Né de la fusion entre Deportivo Gallo et la Unión Deportiva Eibarresa, la Sociedad Deportiva Eibar voit le jour en 1940. Son fait majeur ? Un titre de champion de seconde division lors de la saison 2013-2014. Sans oublier sa santé financière, dans un pays où les clubs de football endettés sont légion. C’est simple : il y a deux saisons, le budget du club était de 1,79 million d’euros. La saison passée, le club annonce une balance de 18,86 millions d’euros. Cette année, le club présente un budget de 32 millions d’euros à ses actionnaires. Une évolution qu’Eibar doit à la gestion d’Alex Aranzábal. L’année dernière, le club lance une campagne de crowdfunding pour augmenter le capital du club. Des actions de 60 euros sont mises en vente. Une opération efficace, puisque le club implante la marque Eibar dans les cinq continents. Et compte aujourd'hui des actionnaires dans 69 pays, de la Chine à l’Australie, en passant par l’Irlande ou la Pologne. Et a réussi à s’implanter au Japon grâce à la signature de Takashi Inui pour 300 000 euros, plus gros transfert de l’histoire d’Eibar. « Une demande du club pour continuer l’expansion à travers le monde » , explique son jeune président de 41 ans, pour le site espagnol Palco 23. « Comme l’a fait le Rayo Vallecano, on aimerait développer nos activités aux États-Unis. C’est une place importante pour le football moderne » ajoute-t-il.

Bientôt un stade agrandi ?


Mais comment survivre dans un pays en crise, où le Real et le Barça écrase toute concurrence ? Aranzábal explique la méthode de gestion du club, mais refuse de la qualifier de « solution miracle » : « Nous utilisons la méthode N+1. C’est simple. Le contrat de tous les intégrants du club dure tant que nous nous maintenons en première division. Et même si on descend, le contrat est prolongé d’un an. » Une sorte de confiance accordée à son groupe : « Après, si on reste en deuxième division, on s’adaptera. On réduira notre effectif. » Autre atout, une équipe dirigeante réduite : « Nous avons 18 personnes dans le staff sportif. Et je m’occupe de l’administration, du marketing, de l’attention aux socios » , explique le président, également professeur d’université.



Alex Aranzábal présente aussi le projet d’agrandissement du mythique stade municipal d’Ipurúa et ses 6260 places : « Nous avons prévu un investissement de 21 millions d’euros. Les négociations avec les institutions sont bien avancées. Mais c’est un projet à l’échelle du club. Nous ne voulons pas un stade gigantesque. Nous voulons l’agrandir de 3619 places. Ce n’est pas le projet du Real. On veut maintenir l’âme du club » , explique le président eibarrés. « Nous avons vu que quelques clubs ont fait un stade bien plus grand, et ont perdu leur identité » , ajoute-t-il, toujours pour Palco 23. Alors que le club occupe actuellement la dixième place de Liga, Aranzábal refuse de dévoiler les ambitions sportives de son club : « La croissance et la progression sportive doivent suivre celle de l’entreprise. Le Pays basque est une petite région, avec deux clubs déjà bien implantés. Mais même avec l’Athletic Bilbao et la Real Sociedad près de nous, on peut grandir et devenir une référence de la région et du pays. » En quelques années, Alex Aranzábal a sorti Eibar de l’anonymat. La belle histoire du Petit Poucet espagnol.

Par Ruben Curiel
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