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L'improbable rentrée des classes de Málaga

Dévasté par un été apocalyptique et encore moribond il y a quelques semaines, le Málaga C.F. débute sa saison en trombe. Vous avez dit paradoxe ?

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Les nerfs du supporter de Málaga ont été soumis à rude épreuve. Euphorie, surprise, exaspération, dépression, espoir ; le footeux andalou a encaissé les pires contre-pieds émotifs en l'espace de quatre mois. Trois dates bien choisies suffisent à illustrer cet été dantesque. Le 13 mai dernier, dans une Rosaleda en fusion, les futurs ex-nouveaux riches du football espagnol se qualifient in extremis pour le tour préliminaire de la Ligue des champions en accrochant la quatrième place du championnat, du jamais vu dans l'histoire du club. Euphorie. Le 3 août, ce ciel azur est devenu orage. Le cheikh Abdullah ben Nasser Al Thani ne met plus un kopeck et délaisse son club comme un vieux jouet. Les joueurs menacent de porter plainte pour salaires impayés, les dettes s'entassent, le club est tacitement mis en vente, les départs s'accumulent. Celui de Santi Cazorla, véritable star de l'équipe, laisse présager du pire.

Empli d'une ambition débordante quelques semaines auparavant, le Málaga C.F semble n'avoir plus qu'un seul objectif : passer l'été sans y rester. Dépression. Le 23 septembre pourtant, un imprévisible été indien vient enrober de douceur le collectif de la Costa del Sol. À l'issue de la cinquième journée de Liga, les ouailles de Manuel Pellegrini sont toujours invaincues et trônent fièrement sur la troisième marche du podium. La qualification pour la phase de poules de la C1 tranquillement acquise, Toulalan et ses compères se sont même offert le luxe de corriger d'un limpide 3 à 0 le principal animateur du mercato estival, le Zénith Saint-Pétersbourg, heureux acquéreur du pack Hulk-Witsel pour 100 millions d'euros dans les derniers jours du mercato. Un renouveau improbable, mais pas tout à fait inexplicable…

Deux apôtres…

Dans la tourmente estivale, deux hommes sont restés droits dans leurs bottes et peuvent être considérés aujourd'hui comme les principaux instigateurs du début de saison canon des « Malagueños » . Le premier n'est autre que le fidèle et vénérable Manuel Pellegrini. Après avoir vu la moitié de ses deux dernières années de travail anéantie par les soucis financiers du club, le Chilien aurait pu quitter le navire comme les autres « stars » de l'effectif ou comme Fernando Hierro qui a gentiment mis les voiles à la première bourrasque. L'Ingénieur a choisi de rester, quitte à repartir de zéro et à composer une équipe avec des moyens considérablement réduits. Tellement en galère au début de saison, l'ancien coach du Real Madrid est obligé d'aligner en pointe un jeune — un enfant plutôt — d'à peine 16 ans, Fabrice Olinga. Choix payant, puisque c'est finalement le garçon qui offre, par son but, les trois premiers points de la saison aux Bleu et Blanc, devenant par la même occasion le buteur le plus précoce de l'histoire du championnat espagnol. Inflexible sur la philosophie de jeu, le taiseux technicien continue d'exhorter les siens à pratiquer le même football à une touche, tout en rapidité, tout en possession.

À la fin du match contre le Zénith, le public de la Rosaleda ne s'est pas trompé quand il a réservé sa plus fervente et plus longue ovation à l'imperturbable entraîneur. Fidèle à ses principes, ce dernier a bien évidemment tenu à minimiser l'événement en conférence de presse : « Nous avons travaillé dur pour obtenir ce résultat. Ce sont les supporters qui méritent une ovation pour le soutien qu'ils nous ont apporté durant ces temps difficiles. » Pour remplacer Cazorla, véritable guide technique sur le pré la saison dernière, Pellegrini a pu s'appuyer sur l'autre homme providentiel de ce début de saison, Francisco Román Alarcón Suárez, Isco sur le maillot. À 20 ans, l'Andalou expose au grand jour les qualités déjà entrevues la saison dernière et dispose déjà des clés du jeu des pensionnaires de la Rosaleda. Facilité technique ahurissante, sérénité à toute épreuve, comportement de leader, des attributs qui sont sur le point de conduire le lutin tout droit sur le chemin de la Roja. Del Bosque en avait déjà fait une de ses surprises dans la pré-liste dévoilée avant l'Euro polono-ukrainien, une première sélection ne saurait tarder.

Et des missionnaires

En plus du génie d'Isco, Manuel Pellegrini a su, contre vents et marées, constituer une équipe cohérente et sans véritable point faible. Un juste mélange d'expérience et de fougue, de jeunesse et d'ancienneté. Avec seulement deux buts encaissés en cinq matchs de Liga, les Andalous possèdent la meilleure défense — à égalité avec le FC Séville — du championnat espagnol. Une performance à mettre à l'actif d'une arrière-garde certifiée 100% vieux briscards : Wellington-Demichelis en charnière centrale, Caballero dans les goals. À cette base de têtes chenues vient s'ajouter une belle bande de gamins prometteurs. Saupoudrez le tout par une ou deux recrues malignes et abordables comme Javier Saviola et Roque Santa Cruz — deux ex-grands joueurs en quête de rédemption — et vous obtiendrez un cocktail savoureux et, pour le moment, diablement efficace. S'il est évidemment trop tôt pour évoquer un top cinq en championnat ou une qualification pour les huitièmes de finale de Ligue des champions, les Boquerones ont d'ores et déjà, malgré un été agité, réussi leur rentrée des classes. Pépère devant son plasma, le cheikh aurait kiffé le bon début de ses poulains. Il aurait même envoyé un texto de félicitations à Manuel Pellegrini. Chic.

Par Pablo Garcia-Fons
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Manuel Pellegrini est un super entraineur et un mec super humble. J'ai eu la chance de le servir plusieurs fois dans le restaurant où je bossais à Valence en Espagne il y a de cela quelques années. J'en ai garder un très bon souvenir, tout comme de Bernd Schuster, Ayala, puis les présidents et dirigeants de Valencia, Villareal, Levante et Bilbao.
Pepèrearnaud Niveau : CFA2
Attention, Isco c'est la pépite. Indéniable. Mais Joaquín c'est LE pilier offensif. Mûr, posé (oui, oui, enfin on peut lui coller ces adjectifs au gaditain) et réfléchi. Ce n'est plus qu'un ailier perçant: il gère, temporise et prend les matchs en main. L'âge, sans doute, Et la patte Pellegrini.
Dans l'entrejeu, Camacho, l'éternel espoir colchonero a vraiment hissé son niveau et son jeu. Bien que certains n'apprécient pas trop la Toul, c'est tout de même un joueur clé pour Pellegrini. Essentiel dans le jeu l'ancien nantais et gone: il n'y est pour rien dan l'évolution de Camacho.
En effet, Pellegrini a "limité" les dégâts": exit les ventes plus 'faciles' et je garde tout de même Joaquín, Isco, la Toul, Camacho, Demichelis, Monreal et Gámez. Un mix de joueurs engagés, de par l'âge et son origine, qui ont reçu quelques certitudes quant à son avenir court-moyen terme. La Toul s'y plait à Málaga; Demichelis, ben ça va pas durer plus de deux ans; Camacho est en pleine relance et dans un contexte idoine pour sa croissance (Pellegrini, minutes de jeu assurées, Toulalan); Isco n'est pas pressé pour partit surtout du fait que rien ne lui promet de se trouver dans des meilleures conditions ailleurs pour continuer son formatage (si ce n'est que par l'argent, bien sûr -mais le mec il est quand même de Málaga et il a parié fort pour quitter Valence-); et Joaquín, ben Joaquín, vie la belle vie: il se régale en jouant, il sent l'estime des gens et c'est le sud, :).
Grosso modo, bien joué à nouveau de la part de Pellegrini: il sait composer avec les difficultés tout en entretenant sa philosophie. Et ça promet. Des joueurs intéressants comme Portillo ou des ouvriers de l'efficacité comme le Conejo, Caballero ou Weligton.
Malaga = le Levante de 2011
C'est un peu l'OM d'Espagne en fait.
HriStoichkov8 Niveau : DHR
Bonjour Stoichkov
moi aussi je trouve l'ingénieur fantastique, il m'a même fait apprécier le jeu du Real, c'est dire!!
Mais il s'est fait viré comme un bon à rien alors qu'il avait de bons résultats et une vraie philosophie de jeu, pas de stratégies élaborées en fonction de ses adversaires...peut être un peu borné mais c'est ça qui fait le charme et l'identité d'une équipe
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