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L'île de Julian

Peu utilisé au LOSC, Julian Palmieri rêve d'être du voyage de ce week-end à Bastia pour retrouver Furiani. Il l'a martelé jeudi au cours d'une conférence de presse dont il a profité pour se plaindre de sa situation chez les Dogues, et pour rappeler à tous à quel point le Sporting faisait partie de lui.

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Le soleil qui inondait le domaine de Luchin, gigantesque complexe de 43 hectares qui abrite le siège, les bureaux et le centre d'entraînement du LOSC à une quinzaine de kilomètres de Lille, était sans doute là pour le mettre en confiance. Lui, c'est Julian Palmieri, le Corse qui avait quitté son Île de Beauté pour rejoindre le grand Nord l'été dernier. Et peu importe si on ne l'a pas beaucoup vu à son avantage depuis qu'il est arrivé à Lille, et s'il n'a plus mis les pieds en Ligue 1 depuis le 25 février et ce carton rouge qu'il est allé choper contre Bordeaux. Jeudi midi, lors de la conférence de presse consacrée au déplacement à Bastia de samedi, c'est bien lui qui avait été envoyé pour affronter les journalistes. En même temps, qui au LOSC aurait pu parler du match contre le Sporting mieux que lui ? De retour de suspension, Palmieri s'est même permis de revenir sur sa performance bordelaise en évacuant toutes les critiques : « Contre Bordeaux, à part mon carton rouge, je fais une passe décisive, c'est moi qui fais le décalage sur le penalty... Même si L'Équipe ne m'a pas trouvé bon, mais ça c'est une habitude. Moi, je me suis trouvé bon. » Le match à Bastia devrait être l'occasion rêvée pour lui se retrouver des couleurs, sauf que l'ancien du Sporting a tellement peu fait son trou à Lille depuis le début de saison qu'il n'est même pas sûr d'être dans le groupe qui ira à Furiani. Un comble pour un homme qui, dans sa tête, n'a sans doute jamais quitté la Corse, et qui a passé la quasi-intégralité des trente minutes de la conférence de presse à parler de Bastia comme s'il y jouait encore.

« Je ne suis personne »


Dès sa première phrase, Palmieri a d'ailleurs pris les pincettes nécessaires et a démarré sa plaidoirie par un « si j'en suis » plein d'espoir. Ensuite, après quelques déclarations d'usage sur le LOSC qui a besoin des trois points contre un adversaire qui joue également le maintien, l'arrière gauche est passé à la deuxième partie de sa dissertation, celle sur son cas personnel. Et comme les ouvriers du chantier d'Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre dans la scène de la grève, son état d'esprit pourrait se résumer en deux mots : pas content ! Il faut dire que Palmieri joue peu (14 titularisations en Ligue 1) et que la menace de ne pas être dans le groupe lui pend au nez. Comment le vit-il ? « Mal. Je ne suis pas satisfait. J'essaie de faire abstraction de mon incompréhension, mais c'est clair que je m'attendais à autre chose. » Pourtant, il jure ne pas embêter son coach avec ses états d'âme, et a bien conscience que le temps du bureau des plaintes n'est pas encore arrivé, à une heure où Lille n'a toujours pas validé son maintien : « Mon cas n'est pas très important. Je n'ai même pas demandé d'explications, je ne vais pas aller voir le coach en lui disant : "Je suis Palmieri, j'ai je ne sais pas combien de matchs de Ligue 1." Je ne suis personne. Il y a un maintien à aller chercher, on aura le temps de parler après. Mais ai-je envie de rester dans ces conditions ? Ben non ! » Un maintien qui passe par trois points à Furiani, ce stade où une partie du cœur de Palmieri est restée, et dont il a longuement parlé ce jeudi. Sans aucune objectivité, comme il l'a lui-même indiqué, et en défendant son SCB chéri contre ceux qui lui voulaient du mal.

Il utilise le « on » pour parler de Bastia


Le début du discours est touchant : « C'est une équipe dans le doute. Tout le monde sait que c'est mon club de cœur. Les rencontrer dans cette situation, ça me fait de la peine. » Puis Palmieri décolle, utilise le « on » pour parler de Bastia, dit téléphoner souvent à Cahuzac, et en arrive au cas de Furiani en lâchant ses coups : « Ce stade est particulier. Je ne peux pas en rajouter, je vais manquer d'objectivité, c'est mon club ! On entend tellement de conneries, mais moi je sais de quoi je parle. C'est mon club, je veux véhiculer la vraie image du Sporting. Ce qu'on lit dans la plupart des articles, c'est exagéré, ça m'embête. » Palmieri s'était déjà fait l'avocat des supporters bastiais en janvier dernier, après les cris de singe contre Balotelli, en minimisant les faits et en chargeant l'Italien. Mais peu importe si sa réaction avait provoqué un tollé. Hier, Palmieri a mis le pied sur le ballon : « J'ai eu des propos durs, les cris n'ont pas leur place dans un stade. » Avant de défendre de nouveau la famille : « Je ne sais pas pourquoi les gens s'acharnent. C'est de la mauvaise foi. Le Sporting est un club à part, et en France, on aime taper sur ce qui est à part. Cette année, j'ai vu les choses de l'extérieur. Tout est exagéré. On se fait insulter de terroristes, de racistes, de feignants... » Après sa diatribe, Palmieri calme le jeu, souffle, répète qu'il n'est pas objectif, avant de se rappeler : « Et puis, c'est une conférence de presse de Lille ! » Effectivement. Une fois ladite conférence terminée et le micro coupé, Palmieri se lève, marche vers la sortie, simplement interpellé par un journaliste qui lui demande ce que représente le tatouage qu'il a sur le bras droit. « Ça, c'est mon village. » Palmieri a son pays dans la peau, on l'aura compris.

Par Alexandre Doskov, à Lille Propos recueillis par AD
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