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L'histoire infinie du but de Turone

C'est l'une des histoires les plus célèbres du football italien : le fameux but de Turone. Un but refusé en 1981 lors d'un Juventus-Roma décisif pour le titre, et qui fait parler, encore et encore, depuis 32 ans. Surtout depuis les nouvelles révélations d'un journaliste de l'époque...

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On se croirait presque dans un épisode de Cold Case, sans Lilly Rush et Scotty Valens. Une affaire ressortie d’une vieille armoire, trente ans plus tard. Mais d’un autre côté, une affaire qui n’a jamais vraiment été oubliée. Oui, selon Carlo Sassi, grand journaliste italien des années 60-70, le but de Turone était valable. Cataclysme (ou presque) en Italie. D’accord. Mais c’est quoi cette histoire ? On vous explique. Pour comprendre les origines du fameux « but de Turone  » , il faut remonter au tout début des années 80. Une époque où la Serie A est dominée par deux équipes : la Juventus et la Roma. La première saison de la décennie débute d’ailleurs pour la première fois de l’histoire sans le Milan AC, relégué en Serie B suite à l’affaire du Totonero. Une aubaine pour la Juve, qui pense pouvoir régner seule sur le championnat. Erreur. La Roma se construit une sacrée équipe, grâce notamment au président Dino Viola, arrivé en 1979 avec la ferme intention de faire de la Roma la meilleure équipe d’Italie. C’est la Roma de Liedholm, de Di Bartolomei, de Falcao, de Bruno Conti, de Pruzzo, la Roma du maillot Barilla. Une Roma qui, pendant cette fameuse saison 1980-81, va faire la course en tête, être sacrée championne d’hiver, mais voir revenir la Juve lors de la phase retour. Mais à quatre journées du terme, la Roma concède le nul sur la pelouse d’Ascoli et se fait doubler en tête par les Bianconeri. Il reste trois matches à jouer. Arrive alors la confrontation directe au stadio Comunale de Turin, le 10 mai 1981. Le match de toutes les polémiques.

Prandelli en défense

Avec une victoire, la Roma repasserait en tête. Les Giallorossi mettent donc tout leur cœur dans ce rendez-vous crucial. Lors de cette rencontre où règne le nervosisme et l’agressivité, la Juve se retrouve réduite à dix suite à l’expulsion de Giuseppe Furino. La Roma domine, appuie sur l’accélérateur et finit par réaliser le miracle à un quart d’heure du terme. Sur un long ballon dans la surface, Pruzzo remise de la tête pour Maurizio Turone, défenseur, qui déboule et trompe Dino Zoff. Les tifosi de la Roma et les joueurs explosent, mais leur explosion est vite étouffée par le drapeau levé du juge de ligne. Hors-jeu. Le but est annulé. Les Romains protestent, mais la décision est irrévocable. Le score ne bougera plus. 0-0. La Juve reste en tête, gagnera ses deux derniers matches, et sera sacrée Championne d’Italie. Mais les tifosi de la Roma ne peuvent l’accepter, tant la frustration est grande. D’autant que la grande émission de football de l’époque, la Domenica Sportiva, va les conforter dans leur sentiment d’injustice. De fait, en 1967, le fameux Carlo Sassi invente la « moviola » . La moviola, c’est ce procédé qui permet de revoir l’action au ralenti, et de déterminer si oui ou non l’arbitre a pris la bonne décision. Le journaliste va devenir le spécialiste en la matière et, en 1981, il est donc aux premières loges pour analyser ce but annulé à Turone.

Les images de l’époque ne permettent alors pas d’affirmer à 100% si oui on non il y avait hors-jeu. Mais dans les semaines et les mois qui vont suivre, la Domenica Sportiva laisse entendre que le but aurait dû être accordé car le dernier défenseur de la Juve, un certain Cesare Prandelli, tenait en jeu le joueur romain. Cet épisode va littéralement marquer la suite de la décennie. Une décennie où la Juventus va remporter quatre fois le Scudetto, la Roma une fois. Mais ce « goal di Turone » va rester dans les mémoires de tous les tifosi de la Roma. Le paradoxe, c’est que Maurizio Turone a eu une magnifique carrière, mais que l’on ne se rappelle de lui que pour cet événement. Le défenseur a joué quatre ans au Genoa, puis six saisons au Milan AC, avant de rejoindre la Roma. Quatre fois vainqueur de la Coupe d’Italie, il a également soulevé la Coupe des Coupes en 1973 avec le maillot rossonero. A plusieurs reprises, après l’arrêt de sa carrière, Turone a déclaré être « fatigué qu’on ne lui parle que de ce but annulé » . Qu’il se prépare encore : avec les nouvelles déclarations de Carlo Sassi, on n’a pas fini d’en parler.

Parole contre parole

De fait, il y a quelques jours, Carlo Sassi, désormais âgé de 84 ans, a été reçu sur le plateau de l’émission de radio 'Circo Massimo', présentée par Massimo De Luca. Au cours de cette émission, comme une éternelle rengaine, la discussion en vient à parler du but de Turone. Et là. Une bombe. Carlo Sassi passe aux aveux. « Le jour du match, la moviola a montré que le but n’était pas valable, que Turone était bien devant Prandelli, donc hors-jeu. Mais après, à Rome, avec une drôle de machinerie, ils ont au contraire montré qu'il n'était pas hors jeu. Je ne dis pas qu'ils ont triché, bon dieu non, je dis que leur machinerie n'était pas vraiment parfait. Ils l'ont un peu "gonflé" : Turone était bel et bien hors-jeu » . Mine de rien, des accusations graves. A 32 ans d’intervalle, le célèbre journaliste laisserait entendre que les journalistes romains de l’époque auraient truqué les images pour faire croire que le but était valable et ainsi déchaîner un climat de haine envers les arbitres et la Juve.


Évidemment, les réactions ont été immédiates. Gianfranco De Laurentiis, lui aussi grand journaliste de la RAI des années 70-80, a immédiatement tenu à démentir les propos de son ancien collègue. « La moviola était faite à Milan, Rome n’a absolument rien à voir d’un point de vue technique. C’est seulement à partir de 1990 que les images de la moviola ont été réalisées dans la Capitale. Je ne vois pas comment l’action de Turone aurait pu être truquée, à ce que je sache, il n’y avait pas la possibilité de le faire. Ce n’est que quelques années plus tard, avec le Telebeam, que nous avons réussi à introduire une technologie plus complexe dans la moviola » a-t-il affirmé.

Parole contre parole, donc, même si Massimo De Luca, suite aux déclarations de Sassi, a tenu à donner quelques précisions, lors d’une interview à la chaîne Sky : « La moviola n’avait pas été modifiée ce dimanche-là, mais des années plus tard. C’est Gianfranco De Laurentiis qui fit une expérience avec le Telebeam, pour donner l’impression que Turone n’était pas hors-jeu pour 10 centimètres » . Difficile, donc, de savoir qui dit vrai. Le doute restera sur ce but de Turone. Et de toute façon, toutes les conséquences qu’il a pu avoir (la rivalité entre la Juventus et la Roma vient en grande partie de là) ne pourront plus être effacées. Comme quoi, et pour reprendre les propos de l’ancien président de la Roma, Dino Viola, l’histoire s’écrit parfois «  pour une question de centimètres » .

Par Eric Maggiori
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