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  2. // Lyon/Real Madrid

L'Higuain sort de la nuit

Lyon a intérêt à bien régler la focale. Tout autant que la surveillance de Kaka et de Cristiano Ronaldo, c'est sur Gonzalo Higuain que Cris, Boumsong et les Gones vont devoir se concentrer. Car cet Argentin est un adepte de la devise de Gerd Müller : « Dieu pardonne, moi pas » .

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Toujours bon pied bon œil, le vieux Hernan Crespo. L'avant-centre argentin de Parme de bientôt 35 ans reverdit même carrément quand il évoque son jeune compatriote du Real Madrid : « Gonzalo Higuain est stupéfiant. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un attaquant avec une telle rapidité gestuelle » . Tous ceux qui ont admiré le bijou d'Higuain face à l'Espanyol Barcelone il y a quelques jours rejoindront facilement Crespo dans sa séance de paluchage. Car sur l'enchaînement contrôle aimanté, dribble soyeux et finition clinique du Madrilène (suite à une ouverture de 50 mètres), on a même cru voir du Zidane, quand le Français avait mystifié la Norvège un soir de février 1998 à Marseille. Mais attention, ne surtout pas croire que l'Albiceleste est un danseur de tango. Non, Higuain n'est pas là pour amuser la galerie. Ce gars serait même plutôt du genre tueur froid.

Une concurrence éparpillée façon puzzle

D'ailleurs, le flingage a commencé dans ses propres rangs. Mais peut-être faut-il un peu resituer le contexte. Surclassé par le FC Barcelone l'an passé, inexistant en Champions' depuis plus de cinq ans et sevré de beau jeu depuis une éternité, le Real Madrid s'est lancé l'été dernier dans une opération reconquête avec un casting doré. Perdu dans la galerie de stars, Higuain était promis au banc ou au mieux, à de la figuration en fin de match. Mais voilà, le bonhomme a su s'imposer au nez et à la barbe de tous, au gré des approximations collectives du début de saison et des blessures de la concurrence qu'il a éparpillée façon puzzle. Van Nistelrooy ? Parti à Hambourg. Raul ? Déjà en train de prendre des cours d'anglais en vue de sa prochaine destination, les New York Red Bulls. Benzema ? Sur le banc à jouer à la DS. A tel point que l'on évoque ici et là à Madrid une manière d'Higuain-dépendance.

Il faut dire que le jeune homme de 23 ans a mis tout le monde d'accord avec ses 12 pions inscrits en Liga en 12 titularisations. Malgré ses 3000 abdos par jour, Cristiano Ronaldo en personne, expert es efficacité, doit s'incliner (11 buts en 12 apparitions au coup d'envoi). La surprise de la saison alors le Gonzalo ? Pas vraiment car les observateurs attentifs du Real avaient noté ses 22 réalisations en championnat la saison passée. Mais la stat s'accompagnait le plus souvent d'un bémol persistant : la médiocrité de l'effectif madrilène de cette époque, notamment en attaque. Du coup, avec le wagon de renforts first class arrivé en gare de Madrid, chacun promettait un retour de l'Argentin sur la banquette. On avait tort donc. Mais alors d'où vient le relatif anonymat qui escorte les performances pourtant épatantes de Gonzalo Higuain ?

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Maradona pas encore convaincu

Malgré son jeune âge et ses perfs saisissantes, le buteur merengue ne véhicule pas une image de surdoué du football, très éloigné en la matière des Cristiano Ronaldo, Kaka ou même Benzema. Soyons honnêtes, le Français, plus racé, plus délié, plus complet dans sa capacité à aller avec classe un peu partout sur le front de l'attaque, est un meilleur footballeur qu'Higuain, dont la technique est adaptée au dernier geste et presqu'exclusivement à cela. Vif sans être rapide, technique sans être virtuose, fort sans être surpuissant, mais un compas dans l'œil au moment de conclure. En cela, il appartient à la grande tradition des goleador argentins (Battistuta, Crespo, Milito, voire Trezeguet d'une certaine façon) dont la seule raison d'être réside dans le but, le reste n'étant que littérature. Paradoxalement, et c'est là son autre drame, l'ancien buteur de River Plate ne jouit pas d'une reconnaissance immense dans son pays.

Au moment de ses velléités de transfert vers le Real, les observateurs argentins s'étaient même étonnés de tout le pataquès autour de lui en le présentant comme une valeur sûre certes montante mais pas comme un crack. Une tiédeur à son égard renforcée par son rôle encore récent et relatif en sélection, Diego Maradona lui préférant Carlito Tevez et Lionel Messi les yeux fermés. Mais tout n'est pas cuit pour El Pepita, vrai spécialiste du poste, Tevez aimant bien décrocher sans même parler du peu de goût de Messi pour ce rôle de neuf et demi. D'autant que le Madrilène était titulaire lors des deux dernières rencontres de qualification victorieuses de l'Argentine. Le genre de bon wagon qui peut emmener très loin.

Toujours est-il que c'est Benzema qui doit être soulagé du choix albiceleste du natif de Brest, un temps convoité par les Bleus. Déjà barré par Gignac, la Benz aurait carrément pu prendre un abonnement pour les tribunes si Higuain s'était acoquiné avec Domenech. Mardi soir, Gerland va à son tour découvrir celui qui a dégommé l'ancien petit prince gone. Avant peut-être de démonter l'OL.

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