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L'heure espagnole

Après une semaine de rodage et malgré des fuseaux horaires complaisants, le mondial démarre cet après-midi. Les favoris affrontent la Suisse à 16h. Certes, défendre fait partie du jeu. Mais l'arrivée du toque espagnol dans la compétition va faire du bien au football et réveiller un mondial plutôt morne.

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En Espagne, arriver une demi-heure en retard, déjeuner à 16h et dîner à 22h, on sait faire. Démarrer un Mondial une semaine après tout le monde, en revanche, c'est beaucoup trop dur. La sélection espagnole rentre (enfin) dans son tournoi avec beaucoup de certitudes (son jeu, son statut de favorite, son milieu de terrain) et quelques doutes (la cuisse d'Iniesta, la pression, l'effet de surprise). Les rouges sont attendus comme le retour du printemps dans un premier tour de compétition qui a pris un drôle faux-pli défensif. En Espagne, on sait à quoi on joue : au football.

Les espagnols ont des certitudes : « Notre style c'est Xavi qui le marque. Ces dernières années, le jeu de la sélection est marqué par le toque et c'est Xavi qui en donne le tempo. C'est lui qui ralentit et accélère le jeu » dixit Busquets, son premier fan. Mais l'Espagne a aussi une grosse inquiétude. Depuis une semaine, la presse espagnole est obsessionnelle. Pas un mot sur le retour du Niño Torres et de son genou. C'est l'œdème musculaire contracté par Iniesta lors du dernier match de préparation contre la Pologne qui angoisse la ménagère. Le foutu bleu a beau avoir finalement fichu la paix au génie du barça, le joyau sera gardé au chaud. Du coup, un double dilemme à résoudre pour Del Bosque : qui et comment le remplacer ?

Remplacer l'irremplaçable

Le système de jeu mis en place par La Moustache Del Bosque pendant la préparation, c'est un 4-5-1 avec plusieurs options (toque, profondeur, direct) en fonction des circonstances. Certes mais, c'était du temps ou Torres était sur une jambe. Depuis, El Niño is back et se priver de la paire Villa-Torres c'est se priver de quelque chose de monstrueux. La non-titularisation d'Iniesta pourrait être l'occasion de remettre à la mode une paire qui a qualifié l'Espagne pour le Mondial. Derrière, Alonso et Xavi dans l'axe. A droite Silva et à gauche Pedro ou Mata (léger avantage à Pedro qui marche sur l'eau cette saison). Les suisses auront beau défendre à 11, ce 4-4-2 ouvre toutes les serrures, surtout les plus rouillées.

Et puis il y a le système qui fait trembler le monde entier. 4-2-3-1 qui ressemble à celui de Raymond D mais qui, en fait, n'a rien à voir. Busquets y fait la paire avec Alonso. Devant eux, Xavi en métronome, à droite Silva et à gauche Pedro (ou Mata). Là, on le sait. Les espagnols ne lâcheront pas Jabulani pendant tout le match. Le foot devient du handball. Ce système est la solution idéale pour faire disparaître le ballon vers 30 mètres et le faire réapparaître derrière une ligne de but adverse. Idéal pour compenser un léger déficit physique des lutins rouges et forcer un blocus allemand. Les suisses auront beau presser à 11 au milieu, ce 4-5-1 fait disparaître tous les ballons, surtout les plus capricieux.

Le plus important, c'est le physique

Certes les suisses sont champions du monde des 17 ans en 2009, certes Hitzfeld a gagné deux Ligues des Champions (Bayern, Dortmund) et certes la Suisse s'est qualifiée première de son groupe (devant la Grèce, la Lettonie, Israël, le Luxembourg et la Moldavie). Mais Frei et Behrami sont forfaits et côté suisse, on préfère attendre lundi prochain (contre le Chili) pour se déchirer à nouveau la cuisse. En 18 rencontres contre les espagnols, les helvètes n'en ont pas remporté une seule et sauf coup de grisou sur l'Afrique du Sud, ce chiffre devrait bientôt s'élever à 19. Hitzfeld y croit malgré tout «  la vie te donne toujours l'occasion de faire quelque chose de grand » . En même temps, il est payé pour ça Ottmar.

Les espagnols n'ont jamais été aussi attendus lors d'une grande compétition. Ils n'ont jamais été aussi bien préparés, aussi. Il est temps pour les lutins de montrer ce qu'ils ont sous le cuissard. Car ce ne sont jamais les meilleurs qui gagnent, encore moins les plus beaux ou les plus gentils. Pourtant, après un Euro Espoir (1998), un mondial des moins de 20 ans (1999), une médaille d'argent aux JO (2000) et un Euro (2008), la génération Xavi a (presque) tout gagné. Pour être au rendez-vous de la dernière étoile manquante à la boutonnière, une seule solution : être à l'heure.

Thibaud Leplat, à Madrid

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