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L'heure des premiers grands rendez-vous

Près d'un mois après son arrivée au pays de l'Oncle Sam, Steven a vécu une quinzaine mouvementée. Avec la reprise des cours, des entraînements toujours plus exigeants et ses premiers matchs sous ses nouvelles couleurs, le jeune joueur n'a pas eu une minute à lui !

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Comme tous les étudiants goûtant pour la première fois aux joies d'une expérience de vie à l'étranger, Steven a d'abord dû trouver ses repères dans un pays dans lequel tout lui semble plus grand. La paperasse derrière lui, la barrière de la langue rompue et les premières hésitations disparues, Steven peut se concentrer pleinement sur ses premiers grands rendez-vous. Celui fixé avec l'école, bien évidemment, dont la rentrée approchait à grands pas depuis son arrivée. Celui fixé avec ses coéquipiers et ses entraîneurs, quotidiennement, qui lui demandent toujours plus à mesure que la saison approche. Celui fixé par la vie associative de l'université, enfin, qui lui fait un peu plus prendre conscience de l'ampleur démesurée de la college life à l'américaine. En bref, cette quinzaine était celle des premières. Des premières que l'ancien du FC Sète n'oubliera pas de sitôt, tant il a su les vivre pleinement pour les apprécier à leur juste valeur.

L'esprit du bélier


Après les entraînements, Steven apprend à connaître ses coéquipiers. Bien sûr, il y a Dennis, la malice, avec qui il partage son appartement, et avec qui tout se passe bien. Mais Steven a aussi eu la chance de retrouver un autre Français dans l'équipe : Pierre Gardan, le gardien de but. Pour souder l'équipe, ils décident de se retrouver tous ensemble après l'entraînement. « On est allés au cinéma en équipe. C'était ma toute première séance de cinéma aux States !, raconte Steven. On a choisi d'aller voir Straight Outta Compton, le film sur les rappeurs américains. J'ai compris parce qu'il y avait les images, mais l'anglais des rappeurs, c'est incompréhensible » , explique-t-il en rigolant. Le jeune joueur profite de ses derniers jours de vacances avant la reprise des cours.

Mardi 18 août, alors qu'il sort des vestiaires et qu'il s'apprête à rentrer chez lui, Steven tombe nez à nez avec un spectacle impressionnant. « Je sors, et là, près du terrain de basket, qui est un peu le centre névralgique du campus, je vois une foule impressionnante, des milliers de personnes réunies » , décrit-il, encore surpris par l'immensité de la foule. « En fait, c'était une marche pour accueillir les Freshmen, la Rams Spirit Walk. » Ni une, ni deux, Steven se joint à la marche et apprécie le spectacle. En tête du cortège, une fanfare donne le ton, talonnée de près par les cheerleaders et les majorettes ! « Sur les côtés, il y avait tous les anciens élèves qui nous souhaitaient la bienvenue. Il y avait aussi les fraternités qui agitaient leurs lettres grecques et plein de gens qui nous applaudissaient » , se souvient-il. La marche conduit tout ce beau monde au Monroe Park, l'un des immenses poumons verts de Richmond. Là-bas, la fête se poursuit, pour le plus grand bonheur de Steven, qui n'a alors qu'un seul regret : « Mon portable n'avait plus de batterie ! Je voulais prendre des photos, il faut que les gens se rendent compte de l'immensité du truc ! Dans le parc, il y avait de la musique à fond, des stands pour manger gratuitement de partout, des gens nous distribuaient des lunettes et d'autres trucs, c'était incroyable ! »

À peine remis de ses émotions que Steven se retrouve une nouvelle fois noyé dans une foule impressionnante. Le 21 août, tous les étudiants se réunissent dans la salle de basketball pour la présentation. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait du monde ! Par classe, les étudiants sont placés dans la salle et doivent écouter les discours de bienvenue se succéder. Plus que partout ailleurs, Steven prend conscience qu'il fait partie d'une grande famille, la famille des Rams – les béliers, en français.

Sur les bancs de la fac


Bien accueilli par sa ville d'adoption, Steven a pu aborder sereinement la rentrée des classes. Lui qui s'attendait à un emploi du temps chargé aura finalement assez peu de cours lors de ce premier semestre, jusqu'en décembre. « Quand j'ai vu mon planning, je me suis dit que ça allait. J'ai cinq cours en tout » , explique-t-il avec un certain soulagement. « J'ai un cours de perfectionnement en anglais, un cours d'histoire, un cours de philosophie, un cours de management et un cours de communication, mais celui-ci, je le suis sur internet. » Outre la propreté et – encore une fois – l'immensité des locaux, le jeune joueur a été agréablement surpris en découvrant le système éducatif à l'américaine. « Dans mon cours de management, on s'est mis en demi-cercle autour du professeur. Ce qui était drôle, c'est que ce gars-là, on dirait un acteur. Il parle bien, il fait des blagues, il donne envie de travailler. Il y a une vraie proximité avec les élèves, un truc vraiment différent de ce qu'on peut voir en France, raconte Steven. C'est normal, ici les élèves payent pour étudier, alors les professeurs se doivent d'être au top ! »

Niveau compréhension, tout se passe bien pour Steven, qui a de moins en moins de mal à suivre les conversations. Par chance, il a rencontré dans son cours de management une jeune Française. « Elle est ici en échange pour six mois. Elle vient d'Angers, où elle étudie le marketing international. Ce qui est marrant, c'est qu'elle vient de la même faculté que Pierre, mais qu'ils ne se connaissaient pas avant que je les fasse se rencontrer, détaille-t-il, amusé que le monde soit si petit. Je suis content de l'avoir dans ma classe, on pourra s'entraider si besoin. »

Rentre dedans !


Côté football, Steven connaît des débuts riches en émotion. Dès son arrivée, il a le droit à un mot du coach Giffard sur le site internet des Rams, qui n'a rien à envier aux sites des clubs professionnels : « Steven est un jeune joueur très talentueux, qui a manqué de peu de jouer pour une équipe de premier ordre en France. Au final, il n'a pas assez grandi en taille pour pouvoir jouer en Ligue 1. C'est un passeur exceptionnel, qui me rappelle Zarek Valentin. Je veux qu'il soit prêt pour la compétition le plus tôt possible. » Encensé par le coach, Steven poursuit ses entraînements avec la même envie que lors de sa première quinzaine. Ils ne sont pas si différents de ceux qu'il connaissait en France. « On commence tout le temps par un toro, en 5 contre 3. Puis on va avec le préparateur physique pour les échauffements basiques : des pas chassés, des talons fesses, des genoux hauts. Puis on nous donne une bande avec laquelle on s'échauffe les chevilles » , détaille-t-il.

Les jours suivants, les coachs veulent que Steven se fasse à son nouveau poste. Lui qui a été formé défenseur central, il doit désormais jouer 8. « On joue avec un six et deux huit. Pour qu'on forme un beau bloc au milieu, on travaille beaucoup ensemble. On se met au centre d'un rectangle et on doit intercepter les passes des joueurs qui sont aux extrémités du rectangle. Le but, c'est d'éviter de se faire transpercer, raconte-t-il. En fin d'entraînement, on fait souvent des matchs d'entraînement. » Le 16 août, les Rams jouent leur premier match contre les anciens de la fac. Résultat, une défaite un but à zéro et un énorme coup de gueule du coach, qui en remet une couche lors de l'entraînement du lendemain. « On travaillait devant le but, et on en mettait pas une au fond. Il nous a gueulé dessus, j'ai pas tout compris, mais on s'est mis en ligne et on a fait des suicides, comme en basket. Tu pars d'une ligne, tu sprintes jusqu'à la première, tu reviens, puis jusqu'à la deuxième, et ainsi de suite... » , se souvient Steven. « Il n'était toujours pas content, il nous a dit "Fuck off, let's run again !" et on a dû refaire des suicides... »

Remise en place, l'équipe se prend en main, et les entraînements se déroulent mieux. Monsieur Giffard semble satisfait et attend que l'équipe montre un beau visage lors de son premier match officiel, un amical contre North Carolina. À la fin de chaque séance, « on se met en cercle, le capitaine et les joueurs clefs font un discours et on crie tous ensemble RAMS ! » Malheureusement, ça ne suffit pas, et, samedi 22 août, Steven perd son premier match un but à zéro. « Mon analyse sur le match, c'est qu'on n'avait pas la possession et, malheureusement, lorsque qu'on récupérait le ballon, on essayait trop souvent d'aller directement de l'avant. Du coup, on reperdait la balle assez vite, et je pense que c'est ce qui nous a fatigués... On n'a pas assez utilisé nos qualités techniques au milieu pour avoir le contrôle du match, ça m'a un peu énervé, car on a réussi à faire quelques beaux enchaînements, regrette Steven. Personnellement, j'étais titulaire en 8. Je suis sorti à la 30e et j'entreà nouveau pour commencer la 2e mi-temps. Et je suis ressorti vers la 70e. Je suis assez content de mon match. Zéro passe ratée, je pense avoir apporté de la fluidité au jeu sur certains moments et j'ai aussi su mettre le pied sur le ballon pour qu'on essaye d'avoir un peu de temps de possession, choses que peut-être deux autres joueurs faisaient avec moi. J'ai beaucoup couru, car le coach souhaite que je sois un milieu "box to box". Il veut que je sois autant présent défensivement qu'offensivement. »

Bref, Steven a encore du boulot, mais ça ne l'effraie pas, bien au contraire. « Je veux être le point important, le joueur sur qui les autres peuvent compter. Je veux être une pièce maîtresse dans le milieu du jeu. Je vais l'être. Je vais bosser et je vais être ce joueur-là cette année. »





- Relisez l'épisode 1, l'interview de Steven, avant le départ
- Relisez l'épisode 2, À la découverte de Richmond et des Rams

Par Gabriel Cnudde
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Ces épisodes me font penser à une série américaine pour ado mais j'aime bien

Merci pour ces articles monsieur Cnudde
Les cours de philo en anglais, ça doit être bien sympa !
Est-ce que cette semaine des premières était aussi celle de la 1ere avec une américaine?
Cet article ne va pas au fond des choses...
Putain la phrase

"Il y a une vraie proximité avec les élèves, un truc vraiment différent de ce qu'on peut voir en France, raconte Steven. C'est normal, ici les élèves payent pour étudier, alors les professeurs se doivent d'être au top"

me fait vraiment tilter et me perturbe un peu parce que bon le gars si j'ai bien suivi il est là grâce à une Bourse pas comme n'importe quel élève Lambda qui doit lui payer sa scolarité par semestre avec un joli prêt à rembourser pour commencer la vie active.

Bon d'accord l'enseignement en fac en France est de qualité plus qu'aléatoire, mais si tu es motivé tu peux t'en sortir, car après la licence le niveau des enseignants augmentent quand même bien.
Bien sur que vous allez vous entraider avec la française.... Bien sur....

Important d'évacuer la pression...

Si dans 15 jours tu nous dis pas que tu la forniquée, je suis ne vois plus l'intérêt de suivre ton histoire!
luigi_di_biagio Niveau : District
Il a oublié sa dégaine en France le Pierrot ?
Ce serait sympa de connaître le niveau de son championnat universitaire. J'imagine que ça doit correspondre (environ) à de la CFA 2 ?
gwynplaine76 Niveau : CFA2
Message posté par Veustinho
Bien sur que vous allez vous entraider avec la française.... Bien sur....

Important d'évacuer la pression...

Si dans 15 jours tu nous dis pas que tu la forniquée, je suis ne vois plus l'intérêt de suivre ton histoire!

J'ai eu le même réflexe que toi, mais en même temps, il faut qu'il vise plus loin. Je veux dire: les regroupements entre compatriotes expats, c'est bien pour se rassurer le 1er mois, mais à un moment faut savoir s'ouvrir sur le monde.

Perso, quand je voyage à l'étranger, c'est pas pour aller bouffer dans un resto français.
@garagnas

Exact. Il a sans doute pas encore le recul mais l'idéalise le système US.

C'est toujours plus facile de donner un cours (et faire des blagues) lorsque les TD et les CM ne sont pas surchargés.
Quand tu payes un bras un trimestre, les étudiants ont un droit de regard (dans certaines univ. on nomme progressivement les étudiants des clients ) ; les enseignants sont notés par les étudiants à la fin du semestre et les notes remontent directement à l'administration.

Par contre, il n'a pas abordé le niveau des cours et là, il doit l'avouer, le niveau est moins élevé qu'en France (je parle pour le bachelor ou les deux premières années).

C'est différent de la France, oui, mais il faut nuancer. Les facs françaises accueillent tout le monde donc on élimine, non par l'argent, mais par le niveau et l'investissement personnel.

Des mauvais profs, il n'y en a partout, mais pour avoir étudié aux USA, c'est vrai que dans la forme c'est du lourd, mais dans le contenu, je vois pas en quoi les USA sont supérieurs.
C'est pénible de dénigrer l'enseignement FR supérieur, alors que le niveau est globalement supérieur, avec des moyens inexistants.

Donc, les Rams, pfff. Nanterre la Rouge, mon gars, c'est de la fac ça.

Bonne chance à lui.
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