L'ETG(V) express

Rarement un promu aura tant suscité de fantasmes. Deux montées en deux ans, l'ombre de Zizou, la silhouette de Govou, trois villes sous l'égide d'un même club, des ambitions de stade et la bienveillance de Danone. Bienvenue à l'Evian Thonon Gaillard FC qui découvre l'élite pour la première fois de son histoire.

Modififié
0 8
Novembre 2009, le soleil se couche au dessus du Lac Léman. La carte postale est de toute beauté mais les installations de l'Evian Thonon Gaillard FC, anciennement Croix de Savoie, font clairement tâche. Pourtant des visages connus de la L1, Nicolas Goussé et Guillaume Rippert, sortent des vestiaires (enfin plutôt des préfabriqués...) de ce club de National. Et c'est là que Nicolas La Gousse nous fait découvrir ses talents de médium : « Tu verras, on sera bientôt en L1 et tout le monde parlera de nous ! » . Bingo, Elizabeth Tessier.

L'ascenseur ne s'arrêtera qu'une seule année à l'étage de la L2, le temps de gratter un titre de champion et de s'offrir une victoire de prestige contre Marseille en Coupe de France. Déjà au sommet à la trêve, la formation a eu le temps d'anticiper sa future saison dans le Top 20 français. Le président Patrick Trotignon et ses troupes ont décidé d'investir dans la pierre, valeur sûre dans le monde du foot où l'instabilité est maître mot. Le centre d'entraînement connaît de plus en plus d'améliorations et le vétuste Stade d'Annecy voit sa capacité d'accueil portée de 12500 à 15000 places. Après le refus des instances européennes de laisser l'ETG évoluer à Genève l'an passé, les dirigeants, massivement favorables à un déménagement suisse, se sont résolus à disputer leurs rencontres à domicile à Annecy. Mais un projet de stade est à l'étude. Pourquoi d'ailleurs ne pas hélitreuiller le Stade des Alpes sur 200 kilomètres ?!

Le speed-dating des trentenaires

«  On fait des efforts pour rénover les infrastructures mais ça impacte forcément notre budget. A part de nouveaux droits télé, on n'aura pas d'autres entrées d'argent. Ce qu'on met là dedans se fera au détriment du recrutement » confie le coach Bernard Casoni. Dur pourtant de verser une larme quand on mate le pedigree des nouveaux arrivants. Salaire largement divisé par rapport à ce qu'il touchait à Athènes, Sidney Govou vient de s'engager pour deux ans. Un gros poisson ferré qui amène encore un peu plus de lumière sur la scintillante équipe de Thonon. L'ancien Rennais Jérôme Leroy s'offre lui un dernier challenge avant de tirer sa révérence. Sans oublier Fabrice Ehret, latéral gauche qui vient de passer cinq saisons à Cologne. Et les noms de Laurent Bonnart et Edouard Cissé continuent de circuler avec insistance en Haute Savoie. Bref, un recrutement pour le moment axé sur le fameux « trentenaire d'expérience » . « On a un groupe qui arrive du National et qu'il faut encadrer » indique sobrement Casoni, qui avoue n'avoir jamais parlé à Govou avant sa signature. Fabrice Ehret, passé par Strasbourg aux débuts des années 2000, se montre lui davantage virulent: « Il ne faut pas se tromper, les dirigeants ne veulent pas de gars qui viennent en maison de retraite ! Beaucoup de jeunes de l'équipe n'ont jamais connu la Ligue 1 et ce sera notre rôle, à nous, les Sorlin, Barbosa et moi, de les aider pendant les moments difficiles » .

Le jeu de Casoni

Avec un budget estimé à 26 millions d'euros, le recrutement est pour l'instant excellemment bien géré. Côté départs, aucun joueur à gros potentiel n'a mis les voiles, le prometteur attaquant Kévin Bérigaud devrait être de l'aventure L1. De nouveaux partenaires frappent aux portes, alléchés par l'odeur du succès et rassurés par la présence d'un sponsor aussi puissant que Danone et la participation dans le capital de cadors tels que Zidane et Lizarazu. Ainsi, la société internationale de services Sword aura l'honneur de figurer sur le maillot rose bonbon. L'engouement est également palpable dans la région, avec plus de 1800 abonnés en moins d'une journée.

«  Je sais bien que ce club suscite de la curiosité mais j'aimerais aussi que ce soit par ses résultats et non par ses actionnaires ou Danone » tempère l'entraîneur. Si Ehret admet « ne pas encore avoir rencontré le PDG de Danone Franck Riboud » , il voit « que le club met les moyens pour se maintenir. Et le coach a la même mentalité de gagneur que lorsqu'il jouait » . Justement, Casoni joue un peu au chat et à la souris quand on lui parle d'objectifs. Le maintien ? « Non » . Les 10ères places ? « Non » . La Ligue des Champions ? « Non » . Il ne serait pas un peu entrain de se foutre de la gueule du monde Bernard ?! « Non ! Mais on ne sait pas où on se situe. On part un peu dans l'inconnu donc j'espère juste tenir la route. Je veux me concentrer sur nos performances » . Soit... Mais le facile début de championnat en août (Brest, Nice, Ajaccio et Dijon) interdit le faux pas. Ah, et si vous voulez énerver le président Trotignon, demandez lui s'il a peur de faire une « Arles-Avignon » . Il déteste la comparaison. Mais pas d'inquiétude, le Président n'a pas encore recruté de Grec. Quoiqu'avec Sidney Govou...

Par Pierre Nigay

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

bizarrement, j'ai l'impression qu'Evian réussira bien mieux qu'Arles Avignon. Sans faire offense aux supporters de ce club, je trouve qu'il a eu ce qu'il méritait après un recrutement massif, mal choisi, irresponsable, etc.

Evian a l'air d'être beaucoup plus posé, plus réfléchi, plus serein. Son recrutement pour l'instant est cohérent et logique l'idée étant d'encadrer des jeunes joueurs par des joueux d'expérience de la Ligue 1. Je lui souhaite le meilleur pour la saison à suivre.
Leur recrutement est intelligent mais ce qui est imprévisible c'est comment vont se comporter justement ces joueurs. Est-ce que ce sera le Govou revanchard qui veut montrer qu'il en a encore dans les pattes, ou est-ce qu'il va passer sa saison à faire la tournée des boîtes de la région ?? On l'a vu avec Montpellier, le mélange jeunes plein de talents + vieux briscards revanchard ça fait des merveilles, mais c'est pas une alchimie si simple à obtenir.
Je crois que le stade des alpes est trop lourd en fait, c'est pour ça qu'ils peuvent pas l'hélitreuiller...
Evian a juste plus de fric qu'Arles Avignon. Faut arrêter de se faire des films.
C'est pour rendre hommage à Govou que les numéros sur les maillots font "8.6" ?
Nick_Tamer: rien à voir avec le fric. Quand tu prends Meija et Pavon, anciens du Real Madrid, Basinas et Charisteas (champions d'Europe 2004), Camel Meriem, etc. tu penses bien qu'ils ne les ont pas payé avec des roubles. Arles-Avignon a "volontairement" changé toute l'équipe, ce que je trouve d'ailleurs dégueulasse par rapport aux joueurs qui ont remonté le club en Ligue 1, en prenant des joueurs du passé qui n'avaient plus rien dans les jambes (en avaient-ils avant ?). Là, Evian recrute des valeurs sures de la Ligue 1 qui cherchent un dernier challenge et qui souhaitent terminer leurs carrières sur une bonne note.
@ Jean Michel Assaule : Bien vu !!
filoubifrance je ne suis pas d'accord.

Compare les recrues d'Arles Avignon et celles d'Évian.

Les anciens du Real Madrid n'ont jamais percé nulle part, les deux "champions grecs" sont des arnaques et Camel Meriem joue à Nice actuellement.

Tu m'excuseras, mais Jérôme Leroy et Sidney Govou, c'est quand même une classe au dessus.

J'aimerais bien savoir quel était le budget d'Arles l'an dernier lors de sa saison en Ligue 1. Je suis prêt à parier que l'ACA n'avait pas autant de fonds que le club d'Évian.

Et puis, tu m'excuseras mais Avignon n'avait pas Lizarazu et Zizou en tant qu'actionnaire, c'est plus facile de jouer pour eux que pour le président Salerno. Une question d'aura et de renommée, je crois...
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 8