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  3. // Molde–Fenerbahçe

L’éternel jubilé de Daniel Hestad

Il devrait être déjà retraité, mais sa carrière joue d’inattendues prolongations : Daniel Hestad, 40 ans, capitaine de Molde, reste fidèle à son poste au milieu de terrain de son équipe de presque toujours, jouant un rôle essentiel dans l’excellent parcours de la formation norvégienne en C3. La journée précédente, il a marqué le but de la victoire et de la qualification sur la pelouse du Celtic Glasgow.

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Daniel Hestad est un quadra depuis le 30 juillet dernier. Ses débuts en pro remontent à plus de 22 ans. C’était le 23 mai 1993 très exactement. Pour situer à quel point ça remonte, à l’époque l’OM n’avait pas encore d’étoile sur son maillot, les Bleus comptaient disputer le Mondial américain et n’avaient jamais entendu parler de Kostadinov, personne ne connaissait non plus Jean-Marc Bosman, Paul Pogba avait deux mois, Raphaël Varane un mois, les meilleurs joueurs du moment s’appelaient Baggio, Laudrup, Bergkamp, Cantona, Bokšić ou Baresi, et Edouard Balladur venait d’être nommé Premier ministre d’un gouvernement de coalition, tandis que l’Europe comptait 12 membres. À l’échelle du football, c’était il y a des siècles. Helstad, pas encore majeur, débutait donc sa carrière avec la liquette de Molde. Un maillot qu’il porte encore aujourd’hui et qu'il n'a quasiment jamais enlevé. Pendant deux saisons seulement, le Viking est parti de chez lui, direction Heerenveen et l’Eredivisie. C’était entre 2003 et 2005, et il en profite pour côtoyer les jeunes Klaas-Jan Huntelaar et Georgios Samaras. Hormis cette parenthèse, Daniel Hestad a consacré sa vie de footballeur à Molde. Il y est né, et l’histoire du club de la ville est intimement liée à celle de la famille Hestad. Le père de Daniel a longtemps été le détenteur du plus grand nombre de matchs disputés pour le Molde FootballKlubb. Des oncles y ont joué aussi, de même qu’un frère.

Trois championnats sur le tard


En 22 saisons sur place, Highlander Daniel a tout connu : 3 titres nationaux conquis sur le tard, en 2011, 2012 et 2014, 3 coupes de Norvège, 12 campagnes européennes, souvent stoppées très prématurément, mais aussi 2 relégations en D2. Son abnégation a payé, puisque l’âge d’or de son club correspond à sa fin de carrière. En 2011, la direction a la brillante idée d’accorder sa confiance à un jeune retraité des terrains, Ole Gunnar Solskjær. L’ancien supersub de Manchester United s’était révélé à Molde avant d’émigrer en Angleterre au milieu des années 90. Il a été coéquipier pendant une saison d’Hestad, de deux ans plus jeune que lui. Lorsque Solskjær prend les rênes de l’équipe, il ne compte pas forcément sur son ancien compagnon de vestiaire, à l’époque déjà vieillissant. Mais Hestad s’acharne et conforte même sa place de titulaire au milieu de terrain, contribuant à l’obtention d’un premier titre national historique pour Molde. En 2012, rebelote : deuxième titre de suite, avec un Hestad indispensable. En fin de contrat, pas loin de ranger les crampons, il prolonge finalement d’une saison supplémentaire fin 2012. Refait la même fin 2013, puis fin 2014. Chaque fois, laisse-t-il entendre, c’est la dernière. Place aux jeunes. Sauf que Molde a toujours besoin de lui, et comme il est entièrement dévoué à son club, il repousse toujours le moment de la retraite. Encore en fin de contrat à la fin de la saison 2015 de Tippeligaen, que Molde a terminé à la sixième place, loin derrière le nouveau champion Rosenborg, il aurait dû quitter le vestiaire pour de bon, car il est entendu qu’il ne disputera pas le championnat de Norvège 2016. Sauf que les bons résultats actuels de l’équipe sur la scène européenne l’obligent encore à rester dans l’effectif. Et à jouer une nouvelle fois un rôle actif dans cette inattendue campagne continentale.

Solskjær : « Il me rappelle Ryan Giggs »


Depuis le début de la phase de poules de la C3, il y a eu 4 matchs, tous joués en intégralité par Hestad. Précieux canalisateur pour la victoire inaugurale surprise sur la pelouse de Fenerbahçe (3-1), il a ensuite contribué au bon nul de confirmation face à l’Ajax (1-1), à une première et solide victoire à domicile face au Celtic (3-1), avant d’aller s’imposer une nouvelle fois face à cette même équipe en Écosse (2-1). À l’occasion de cette dernière rencontre, le quadra a même inscrit le but du 2-1 en fin de première période. Sur la feuille de match, du côté de Molde, quatre joueurs n’étaient même pas né quand le capitaine de l’équipe a fait ses débuts en pro… Ce but a permis à Molde d’être l’un des premiers clubs à officialiser sa qualification pour les 16es de finale de la compétition. Une performance impressionnante alors que les Norvégiens faisaient à la base figure de petit poucet dans ce groupe A relevé. « J'ai joué toute ma vie dans ce club et j’y suis très attaché, de même qu’à cette petite ville. Briller au niveau européen procure des sensations incroyables et représente le plus grand moment de ma carrière. Nous restons humbles. Nous sommes conscients de nos qualités et de nos faiblesses » , réagissait, modeste, Daniel Hestad après le match de Glasgow. Son contrat de joueur a été renouvelé sine die, a priori jusqu’à la fin de l’actuelle épopée européenne, déjà la plus brillante de l’histoire du club. Ole Gunnar Solskjær, redevenu il y a quelques semaines entraîneur du MFK après une expérience malheureuse à Cardiff, compte plus que jamais sur lui. « C’est un diesel, expliquait-il après la victoire face au Celtic. Il démarre doucement, mais monte en puissance. C’est tellement important de l’avoir avec nous pour organiser, calmer, récupérer la balle… Il me rappelle beaucoup Ryan Giggs. » On a connu pire compliment.

Par Régis Delanoë
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Dommage qu'il ne vienne pas jouer chez nous... On pourrait voir alors l'Hestad de France...
Je sais que les temps sont à l'union de la nation sacrée et que nos gouvernants vont faire n'importe quoi avec la Constitution, mais il n'empêche que le gouvernement d'Eddy Ballamou était un gouvernement de cohabitation (et non de coalition, vous voulez quoi ? qu'on se range derrière son goitre ?).
Il faut un entretien irréprochable pour tenir ce genre de performances, un grand professionnel.
Putain en mai 1993 j'avais 6 ans. Est-ce qu'il a déjà été sélectionné en équipe nationale ? On dirait que non.

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