L'Espanyol perd encore son identité

Les ventes inattendues de Ruiz et Didac renvoient l'Espanyol, surprise de la Liga 2010-2011, à ses nombreuses contradictions.

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Barça par-ci, Barça par-là. Il n'y aurait qu'une seule équipe dans la capitale catalane cabron ? Il faut dater la révolution de 2010 et rendre grâce à Mauricio Pochettino. Il n'a ni la moustache de Pancho Villa ni le magnétisme de Che Guevara mais l'Espanyol Barcelone lui doit d'avoir retrouvé sa place sur la carte du foot espagnol. Un exploit.

En quelques mois, l'Argentin transforme un club moribond chronique en candidat crédible à la Champions. Récemment, il y a eu Valence, le FC Séville et Villarreal pour égayer la Liga. Mais la good vibration actuelle vient de l'Espanyol. Pourquoi ? L'équipe n'a pas une grosse attaque (vingt-huit buts) ni une énorme défense (vingt-trois buts) mais elle a ce truc après lequel courent tous les entraîneurs : equilibrio. Le Barça forme des jeunes, la belle affaire. Son voisin de palier y arrive aussi. Et plutôt très bien. Pochettino a mis un coup de chausson aux seconds couteaux élimés, blindé le contrat des vrais bons –Kameni, Verdu et Luis Garcia– et ouvert la porte de la garderie. Un paquet de mouflets tout excités de découvrir le grand monde déferle sur l'Espagne. Un signe distinctif : la coupe de tifs fixation béton. Javi Marquez et Callejon, c'est le nouveau tome de “Football Haircuts” à eux seuls. C'est surtout une génération culottée. Ils ont la vitesse éclair, la passe laser et une sacrée paire. Rien ne les effraie : ni les responsabilités ni la haine que leur facilité déconcertante provoque chez leurs adversaires. Pour les prochaines campagnes internationales, Busquets et Pedro devront bûcher pour ne pas se faire piquer la place.

Pochettino : « Je donne une bonne note à mes joueurs depuis le début de saison. Ils ont un gros mental et une confiance totale à l'égard du staff. Ils écoutent et font toujours ce qu'il faut pour mettre l'équipe adverse dans la panade » . A la cinquième place, l'Espanyol nourrit de justes ambitions. Le podium n'est pas impossible et c'est une révolution en soi.

Mais voilà que le mercato chamboule tout. En quarante-huit heures, les Blanquiazules ont régalé leur jeunesse au calcio : le central Victor Ruiz à Naples et le latéral Didac à l'AC Berlusconi. Au mépris de la logique sportive, pas de finances limitées. « Je comprends les impératifs des dirigeants mais pour la progression du club, il ne faut pas me demander d'être content ! J'ai toutefois en tête l'exemple de clubs saignés pour des raisons économiques mais qui ont poursuivi leur marche en avant malgré tout » , tente de rassurer Pochettino.

Il n'empêche que les départs précoces de Ruiz et Didac donnent de l'eau au moulin des Barcelonistas de l'autre camp. Comme l'inquiétant acteur Sergi Lopez, qui donnait sa vision de l'Espanyol dans So Foot il y a quelques années : « Un club catalan qui s'appelle Espanyol, vous ne trouvez pas ça bizarre ? Ça en dit long sur l'identité de ce club qui n'a jamais eu la fibre régionaliste » . Un discours qu'il faut s'attendre à entendre à nouveau si le club recommence à combler les vides avec des troisièmes choix venus de l'étranger.

Le directeur sportif Ramon Planés tente d'apaiser les craintes : « Je sais que les supporters sont blessés par ces ventes inattendues mais les circonstances commandent. Je suis heureux que le club ait contribué à l'éclosion de talents catalans et triste en même temps. Ça ne change rien à notre philosophie : confiance à la cantera. On ne recrutera personne de l'extérieur. Les remplaçants de Didac et Ruiz sont déjà parmi nous. L'Espanyol a regagné du crédit grâce à cette politique. Pas question d'en changer » . Reste que la sélection espagnole sera désormais la seule à profiter des talents partis de l'Espanyol. Une raison suffisante pour que les indépendantistes catalans –à peine amadoués– renient à nouveau le traitre de la cause.

Espanyol Barcelone/Villarreal, 21h

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Pochettino s'en balance de ces ventes, l'année prochaine il sera à Valence.

Un Argentin à Valence, dans la continuité de l'histoire du club "che".
"Il n'y aurait qu'une seule équipe dans la capitale catalane cabron ?"
EXACTEMENT !




Sinon appelle-moi Cabrón avec une majuscule, ou tout simplement 14...
Callate de una puta vez cabron!
C'est des rumeurs dans la presse ou un pressentiment Kuduro?
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